Louisa Carberry - « Si tout se déroule bien, notre objectif est le Grand Steeple ! »

Courses / 23.03.2018

Louisa Carberry - « Si tout se déroule bien, notre objectif est le Grand Steeple ! »

Louisa Carberry : « Si tout se déroule bien, notre objectif est le Grand Steeple ! »

Louisa Carberry, ancienne cavalière de concours complet à haut niveau, est la seule Anglaise à entraîner des sauteurs en France. Installée à Senonnes depuis quatre ans, la jeune femme connaît une réussite grandissante et tient peut-être un cheval de Grand Steeple avec Docteur de Ballon.

Jour de Galop. – Docteur de Ballon vient de se classer deuxième du Prix Troytown (Gr3). Comment est-il rentré à la suite de cet accessit ?

Louisa Carberry. – Le cheval a très bien pris sa course de rentrée. Il a passé trois jours au paddock et il est très joyeux ! Nous avons placé de grands espoirs avec lui. J’avais déjà entraîné un bon cheval avec Rameur (Shaanmer), un AQPS très fragile qui m’a offert une première victoire de Groupe dans la Grande Course de Haies de Printemps (Gr3) en 2015. Mais je l’avais récupéré en fin de carrière. Contrairement à Docteur de Ballon que nous avons pu façonner. C’est un cheval léger qui se sort bien du terrain lourd, mais qui, j’en suis sûre, affectionne davantage le terrain souple. Je suis surprise de voir qu’il a autant de tenue, car c’est un cheval qui possède également beaucoup de vitesse. Il finit fort à chacune de ses courses malgré tout. Docteur de Ballon pourrait courir le Prix William Head (L) le 18 avril, ou le Prix Ingré (Gr3) le 28 avril. Si tout se déroule bien, notre objectif est le Grand Steeple !

Comment avez-vous connu Madame Robert Gasche-Luc, propriétaire et co-éleveur de Docteur de Ballon ?

J’ai rencontré Madame Gasche-Luc et son mari par l’intermédiaire de Dominique et Séverine Rétif qui sont leurs voisins. Dominique Rétif possède un permis d’entraîner et il a eu des produits de l’élevage de Madame Gasche-Luc à l’entraînement. Ces derniers sont des propriétaires fidèles qui travaillent avec moi depuis le début de mon activité. Au début, ils m’ont confié deux ou trois "vieux", puis des poulains. Aujourd’hui, je m’occupe de cinq pensionnaires leur appartenant. Les Gasche-Luc ont un petit élevage, mais ils possèdent deux poulinières en or, Nile Breeze (Phantom Breeze) qui est la mère de Docteur de Ballon, et Nile Altesse (Turgeon) qui a donné Astre de Ballon (Astarabad) lequel a gagné le Prix Saint Sauveur (L) sous mon entraînement.

Vos résultats sont meilleurs d’année en année depuis votre installation en 2014. Pour quelles raisons ?

Nous avons bien sûr changé quelques détails dans notre méthode d’entraînement, mais ils n’ont pas été majeurs. Nous avons acheté il y a un an une écurie tout près des pistes de Senonnes qui est constituée de cinquante boxes et de vingt hectares de terrain. Néanmoins, celle que nous avions en location au début était également fonctionnelle. Nous faisons du mieux que nous pouvons avec nos chevaux. Je dis "nous" car je travaille étroitement avec mon mari Philip que je considère comme mon assistant. Il a récemment obtenu ses couleurs. Depuis qu’il a mis fin à sa carrière de jockey, il me seconde dans mes fonctions. Il monte à cheval le matin, il "galope" et "saute" les chevaux avec son jeune frère, Peterjon. Leur père, Tommy Carberry, était entraîneur et leur a transmis ce goût pour la préparation du cheval. Je m’occupe des engagements, mais Philip me conseille aussi dans cette voie. Nous nous inspirons des méthodes d’entraînement anglaises et françaises, car il y a du bon à prendre dans les deux. Mon effectif tourne autour de vingt-cinq chevaux. Nous n’avons pas la plus grosse écurie du monde, ce qui nous permet de les entraîner "à la carte" ! Tous les chevaux vont au paddock une heure ou deux après le travail, ce qui leur fait énormément de bien au moral.

Pourquoi avez-vous choisi le centre d’entraînement de Senonnes ?

À la base, j’étais venue en France pour enrichir mes connaissances, mais je n’avais pas pour objectif de devenir entraîneur. J’avais l’intention de travailler trois mois chez Alain de Royer Dupré. Mais j’ai rencontré Philip lors de la réunion du Grand Steeple-Chase de Paris et je suis finalement restée trois ans à Chantilly ! J’ai fini par passer ma licence d’entraîneur public. Nous avons beaucoup réfléchi en analysant les avantages et les inconvénients de chaque centre d’entraînement. Nous avons choisi celui de Senonnes, car il y a beaucoup d’hippodromes proches de cette commune, et que ce n’est pas très loin de Paris. De plus, les pistes nous conviennent très bien et c’est un endroit très tranquille ! C’est un bon cadre pour les chevaux qui y sont détendus. Je ne comptais pas m’installer ailleurs qu’en France de toute façon. Il y a de meilleures allocations ici, mais ce n’est pas le seul avantage. Il y a beaucoup de bons élevages de chevaux d’obstacle, beaucoup de bonnes courses… Cela dit, si l’occasion se présente un jour d’aller courir en Angleterre avec une bonne chance, je serai partante. J’ai le programme des courses anglaises à la maison et je le feuillette régulièrement, mais je ne veux pas me tromper !

Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour cette année 2018 ?

Nous souhaitons continuer à tirer le meilleur des chevaux que nous avons à l’entraînement, gagner de grandes courses avec Docteur de Ballon et d’autres, peut-être ! Nous aimerions aussi recruter davantage de propriétaires étrangers afin d’investir dans des poulains très bien nés, par exemple.

Les Carberry, une grande famille des courses anglo-irlandaises

En épousant Philip Carberry, Louisa (née Brassey) a intégré une véritable dynastie de l’Irlande hippique. Philip Carberry est notamment connu pour avoir remporté deux fois le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1), en selle sur Princesse d’Anjou (Nononito). Philip et Louisa ont eu une fille en 2017, prénommée Sophie. Philip Carberry a cinq frères et sœur : Thomas, Paul, Mark, Nina et Peterjon. Mark est le seul à ne pas exercer un métier dans les courses hippiques. Thomas s’est récemment installé entraîneur en Australie.

Paul était un crack-jockey, connu pour avoir gagné le Grand National de Liverpool en 1999 avec Bobbyjo (Bustineto), entraîné par son père, Tommy Carberry.

Nina Carberry est une femme jockey qui est connue pour avoir remporté le Grand National d’Irlande en 2011 avec Organisedconfusion (Laveron), entraîné par son oncle Arthur Moore. Elle est devenue la deuxième femme à avoir décroché ce titre, après Ann Ferris en 1984. Quant à Peterjon, le plus jeune de la fratrie, il est jockey en France et il travaille chez sa belle-sœur Louisa. Il est le jockey de Docteur de Ballon, avec lequel il a enlevé le Prix Général Donnio (L) en 2017.

Leur père, Tommy Carberry, est décédé l’année dernière à l’âge de 75 ans. Il fut un crack-jockey, remportant le Grand National de Liverpool en 1975 avec L’Escargot (Escart), entraîné par son beau-père, Dan Moore. Tommy a ensuite connu une belle réussite en tant qu’entraîneur.

Leur mère, Pamela Carberry, est la sœur d’Arthur Moore. Ce dernier a gagné le Grand National Irlandais en 1971 en tant que jockey avant d’être tête de liste des entraîneurs d’obstacle dans son pays durant la saison 1991-1992.

Le père de Pamela et d’Arthur, Dan Moore, a gagné deux fois le Grand National Irlandais en tant que gentleman-rider et une fois en tant qu’entraîneur. Il est surtout connu pour avoir entraîné L’Escargot, avec lequel il a remporté la Gold Cup de Cheltenham en 1970 et 1971.