LE MAGAZINE - À la rencontre de la famille Bardin, éleveurs de Balko des Flos

Élevage / 27.03.2018

LE MAGAZINE - À la rencontre de la famille Bardin, éleveurs de Balko des Flos

 

Par Christopher Galmiche

Le jeudi 15 mars, la famille Bardin a vécu un grand moment d’émotion avec la victoire de son élève Balko des Flos (Balko) dans le Ryanair Chase (Gr1), lors du Festival de Cheltenham. Une performance historique pour des éleveurs qui n’ont commencé leur activité qu’en 2004. D’autant plus historique que Royale Marie (Garde Royale), la génitrice de Balko des Flos, leur avait déjà donné un vainqueur à Cheltenham, Salut Flo (Saint des Saints), lauréat du Byrne Group Plate (Gr3) en 2012. Retour avec Clovis Bardin sur une histoire comme seul l’élevage de sauteurs peut en fournir.

Un jumelé pour le Maine-et-Loire. Dans le Ryanair Chase, Balko des Flos a devancé un autre champion né dans le Maine-et-Loire, Un de Sceaux (Denham Red). Gérant d’une entreprise de ravalement de façades à Saint-Philibert-du-Peuple (Maine-et-Loire), Clovis Bardin n’était pas à Cheltenham pour la consécration de son élève, mais il a pu fêter ce grand succès avec Nelly de la Guillonnière, coéleveur du fils de Denham Red. « Je n’étais pas à Cheltenham par manque de temps à cause de mon travail. Nous avons suivi la course à la télévision. Nous nous attendions à gagner, nous nous en doutions, mais nous n’étions pas tout seuls ! L’an dernier, nous n’avions pas eu de chance à Cheltenham avec Balko des Flos car il était tombé dans un Gr1 [le JLT Novices’ Chase, ndlr]. D’ordinaire, il était assez allant et cette fois, il est venu sur les autres et cela l’a aidé. Il s’est fait tirer. Nous l’avons poussé à la maison, mais la façon dont il a sauté le dernier obstacle, c’était limite ! Une course n’est jamais gagnée d'avance. Nous avons battu un bon cheval [Un de Sceaux]. Samedi 17 mars, j’ai emmené une jument à la saillie au Lion-d’Angers. J’ai rencontré Nelly [de la Guillonnière], qui a coélevé Un de Sceaux et nous avons bu un verre ensemble. C’était très sympathique. » La visite durant le Festival de Cheltenham n’est que partie remise car la famille Bardin devrait être bien armée lors du prochain meeting avec Balko des Flos, mais aussi Vision des Flos (Balko), entre autres.

Balko, signé Macaire. En compétition, Balko, le père de Balko des Flos, a été un sauteur précoce, remportant le Prix Rush, tout en étant éclectique comme le prouvent ses succès dans les Prix Georges de Talhouët-Roy, Congress (Grs2) et Duc d’Anjou (Gr3). Comme plusieurs top-étalons français, il a été formé par Guillaume Macaire, un critère qui a retenu l’attention de Clovis Bardin. « Plus jeune, Balko des Flos ne ressortait pas du lot. C’était un beau cheval. Je l’avais vendu foal à Jacques Cherel, alors que personne n’en voulait. Il l’a dressé et l’a vendu, puis le cheval a fait son chemin. Nous étions allés à Balko car sa mère était une fille de Garde Royale. Sans compter que Balko était entraîné par Guillaume Macaire et ce dernier ne se trompe pas beaucoup pour faire des étalons. »

La propre sœur de Balko des Flos vient de rentrer à l’élevage. Clovis Bardin a conservé toutes les femelles issues de la famille de Balko des Flos. De quoi espérer faire naître d’autres chevaux de la même valeur… « Royale Marie a pouliné d’un mâle de Joshua Tree. Elle a eu une femelle en 2015, Marie des Flos (No Risk at All) qui est à l’entraînement. Nous n’allons pas la faire courir trop longtemps, pour la rentrer poulinière et éviter les risques. Je viens de rentrer la propre sœur de Balko des Flos, Flot des Flos. Elle a gagné deux fois et va commencer sa carrière de poulinière. »

Neuf poulinières au total. Les débuts de Clovis Bardin dans l’élevage ont été originaux avant d’arriver à un haut niveau dans les résultats et à un nombre de poulinières relativement important. « Auparavant, je n’avais pas de poulinières, mais j’avais une jument d’attelage. Je l’ai vendue parce que je ne pouvais plus m'en servir. Le marchand qui me l’a achetée faisait du commerce de chevaux. Je lui avais demandé s’il pouvait me trouver une poulinière. En 2004, il m’a trouvé Royale Marie. C’est une fille de Garde Royale et sa mère, Marie des Épeires (Rose Laurel) a gagné à Auteuil. Royale Marie s’est imposée à réclamer et je l’ai achetée pour son papier. Elle m’a donné Ludonito Royal (Nononito), qui s’annonçait bon mais a connu un souci, puis Salut Flo (Saint des Saints) qui a gagné durant le Festival de Cheltenham. Ensuite, elle a produit Marie Royale (Turgeon) qui m’a donné Vision des Flos (Balko), sixième de Gr1 cette année à Cheltenham. Au total, nous avons neuf poulinières à la maison. Il ne faut pas tout vendre. Par exemple, nous avons gardé toutes les femelles de Royale Marie. Pour choisir les femelles, nous accordons beaucoup d’importance au papier. J’ai eu de la chance aussi avec une poulinière que j’avais récupérée chez mes beaux-parents, Flore de Chantenay (Smadoun), qui m’a donné Protek des Flos (Protektor). J’aime aussi que mes poulinières aient couru. Pour choisir les étalons, nous essayons d’aller directement à des étalons confirmés comme Balko, Saint des Saints »

Pourquoi les Flos ? Tout simplement un clin d’œil à la femme de Clovis Bardin, Florence et à sa fille Florine. Sans oublier le nom de Salut Flo qui est lui aussi un hommage familial : Sa pour Saint des Saints, Lut pour Ludovic, le fils de Clovis, et Flo pour Florine.