LE MAGAZINE - ParisLongchamp, un rêve qui devient réalité

Courses - Institution / Ventes / 22.03.2018

LE MAGAZINE - ParisLongchamp, un rêve qui devient réalité

 

Par Anne-Louise Échevin

Octobre 2015, jour d’Arc. Nous sommes certainement nombreux à avoir pris, ce jour-là, le temps de déambuler dans l’enceinte de Longchamp, à s’y remémorer nos souvenirs, à vouloir figer dans notre esprit ces imposantes tribunes qui, quelques semaines plus tard, allaient disparaître…

Nous sommes le 22 mars 2018, dans la matinée. Devant nous, les grilles d’honneur de l’entrée principale n’ont guère changé. Elles indiquent désormais ParisLongchamp. C’est un peu un retour à la maison, tant attendu. Mais dans les faits, beaucoup de choses ont changé durant notre longue absence. Nous sommes allés découvrir notre nouveau Longchamp, ParisLongchamp, entré dans la modernité tout en allant rechercher son histoire.

EN VISITE AVEC DOMINIQUE PERRAULT

Trois groupes sont partis découvrir ParisLongchamp. Nous avons fait la visite avec Dominique Perrault, lequel a expliqué le sens de son travail.

Une couleur inhabituelle. La première chose qui marque en arrivant à ParisLongchamp, et pas forcément dans le bon sens, c’est la couleur de l’hippodrome : une sorte de mélange entre le doré et le bronze, auquel l’œil n’est pas habitué. Cette couleur ressort plus lorsqu’on regarde la tribune depuis le rond que du côté de la piste. Dominique Perrault, l’architecte, a défendu ce choix : « Nous avons cherché à faire un travail de couleur, chromatique, de peinture. La nouvelle tribune disparaît dans le feuillage des arbres. Le bâtiment fonctionne en toute saison : étincelant l’été et aux couleurs de l’automne pour l’Arc. On retrouve des gammes de doré et de bronze. »

Quand ParisLongchamp renoue avec son passé. Le Longchamp tel qu’on l’a connu était massif en tout point. Des tribunes immenses qui, hors jour d’Arc, paraissaient toujours désertes et froides, les courants d’air n’aidant pas à amener de la chaleur. Un bloc de béton qu’il fallait parcourir en long, large et travers pour profiter de l’ensemble du spectacle des courses, du rond à la piste. ParisLongchamp a une tout autre vision. Il se veut plus moderne, bien que puisant son inspiration dans le premier Longchamp, celui inauguré par Napoléon III. ParisLongchamp est vert, très vert, et renoue avec son lointain passé, celui où les Parisiens venaient se détendre et prendre l’air dans le cadre du bois de Boulogne. Dominique Perrault explique : « Le bâtiment est plus en harmonie avec sa philosophie du XIXe siècle, celui du pavillon dans le bois, avec une lecture contemporaine : nous ne sommes pas dans la citation, mais dans l’écho. L’idée de ce bâtiment est liée à un profond respect du patrimoine et du développement du bois de Boulogne. La nature est plus présente, la végétation aussi. Mais c’est un bâtiment qui ne cache pas non plus son caractère. »

Et le vert est partout : le rond de présentation, moins large mais plus long, accueille toujours des arbres. La grande terrasse de ParisLongchamp, que Dominique Perrault appelle les Planches, laisse passer des immenses arbres. Fini le béton entre la piste et les tribunes : une pelouse s’étale tout le long, comme prolongeant la piste. Sur la gauche des tribunes, là où se trouvait le parking du Comité, on trouve aussi un grand espace vert, amené à accueillir des tribunes temporaires par exemple, mais aussi des scènes pour des concerts, des espaces foodtruck. Cet espace est orienté vers l’Ouest et sera donc baigné de la lumière du soleil du soir.

Une tribune en lumière. ParisLongchamp est un hippodrome traversant, un peu comme l’est, dans un autre style, celui de Tokyo. Où qu’il soit, le public peut suivre l’ensemble de l’action sans avoir à quitter la tribune. Dominique Perrault explique : « Nous avons cherché à faire une tribune sans devant et sans derrière. Le public peut s’asseoir aux quatre coins de la tribune et toujours profiter d’une vue magnifique. Il faut profiter de l’endroit, peu importe où l’on se trouve. (…) Nous avons développé tout un travail de lumière, qui pénètre partout. »

Les travaux de finition se poursuivent dans la tribune. Tout n’est pas encore installé et il est donc difficile de se faire une idée définitive sur les salons et les espaces de restauration permanents. La majeure partie sera terminée pour le dimanche 8 avril. Les autres, comme la brasserie, seront inaugurées pour l’inauguration officielle de ParisLongchamp, le 29 avril.

Mais où sont les géraniums ?

Les bacs de géraniums sont indissociables de l’ancien Longchamp : sur la terrasse, dans les tribunes… Avec ParisLongchamp, ils ont disparu. Mais Dominique Perrault a été marqué par ces fleurs et leur a fait un clin d’œil. Sur les baies vitrées ou le long des garde-fous en verre, il y a un imprimé en chrome. « Ce sont des morphings photo des géraniums qu’il y avait auparavant, qui donnaient des lignes à l’ancien Longchamp », a-t-il expliqué.

 

Un Longchamp adapté aux temps modernes. Il y a moins de monde sur les hippodromes, c’est un fait valable dans l’Europe entière. Les grandes journées de courses attirent, mais le reste du temps, les tribunes sont désertes. Dans l’ancien Longchamp et ses tribunes immenses, c’était flagrant. On pouvait avoir l’impression d’être seul au monde. Dominique Perrault analyse : « La tribune construite dans les années 70 mesurait plus de 300m de long. Elle pouvait accueillir beaucoup de spectateurs, peut-être même trop. L’idée est d’offrir des conditions d’accueil exceptionnelles et confortables, avec un lieu capable d’accueillir 50.000, 60.000, 70.000 personnes pour le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. » Dominique Perrault explique que 15.000 personnes peuvent se rassembler sur la pelouse devant les tribunes, et le site, du côté herbagé où vont se trouver les animations, permet aussi l’installation de tribunes temporaires pour une journée comme celle de l’Arc.

À plusieurs niveaux. Lorsque vous arrivez face à la grille de l’entrée principale, il est possible de monter les escaliers menant aux Planches, où Gladiateur devrait prochainement retrouver sa place. On peut aussi rester au niveau zéro, soit celui du rond de présentation. Le public peut ainsi longer les balances, dont les baies vitrées permettent de suivre l’action. Dans l’ancien Longchamp, il y avait une séparation importante entre le public et les endroits réservés aux professionnels, un modèle qui n’est plus d’actualité en 2018. ParisLongchamp permet d’impliquer plus les spectateurs, qui désirent aussi être acteurs.

L’ancienne terrasse de Longchamp, qu’il faut désormais appeler Les Planches, offre une vue dégagée sur toute la longueur. Elle permet de bien voir le rond de présentation, avec plus de confort. La tribune n’est pas aussi haute que celle de l’ancien Longchamp, mais l’urbanisme a changé depuis les années 70 et Dominque Perrault expliquera que l’hippodrome était de ce fait limité en hauteur.

La tribune n’est pas droite. Tout d’abord sur le plan horizontal : elle n’est pas parallèle à la piste mais légèrement inclinée afin de permettre la meilleure visibilité possible. Sur sa construction en hauteur, la tribune peut évoquer l’idée d’un bateau mais, pour Dominique Perrault, « elle reproduit l’image d’un cheval au galop, qui s’enroule. » Chaque étage est traversant, comme nous l’avons déjà dit, et chaque étage est incliné. Il y a un parti pris du côté de la piste : « C’est un travail de cinéaste, d’opéra, de théâtre Kabuki : la vision est assez pincée. Les yeux sont dirigés vers la piste, l’événement sportif, avec une toute petite frange du ciel. » Aux extrémités de l’hippodrome, la vue est cependant spectaculairement dégagée. Au niveau de la terrasse du restaurant (côté est), il y a une vue plongeante sur le rond, mais aussi sur les écuries. Du côté ouest, sur l’immense terrasse en avancée, des baies vitrées donnent une vue incroyable sur la skyline de la Défense.

Un plagia des écuries

Les écuries ont été agrandies, avec un rond de marche supplémentaire. Dominique Perrault explique : « Nous avons augmenté la taille des écuries avec un plagia de celles déjà existantes. » Cela permet de créer une unité avec la tribune historique du Pavillon. Cette tribune a d’ailleurs eu droit à une petite remise en beauté et Dominique Perrault dira qu’il n’est pas exclu que le public puisse y accéder. « Nous verrons bien… »

L’ÂME DE PARISLONGCHAMP

Comment reconnaît-on un bon film ? C’est avant tout une bonne alliance entre une forme (la réalisation) et un fond (le scénario) : il faut que tout soit cohérent et inspiré. Il en va de même pour un livre, idem pour un projet d’architecture comme ParisLongchamp. Sans fond, la forme n’est qu’une coquille vide. Sans forme, le fond n’a pas de sens. Nous avons détaillé la forme, mais ce ParisLongchamp ne prendra vie qu’avec une nouvelle âme. La voici.

Le mot du président. Président de France Galop, Édouard de Rothschild a déclaré : « Je suis persuadé que cette réouverture va donner un nouvel élan aux courses de galop en France. C’est aussi un événement attendu à l’international. (…) ParisLongchamp est l’opportunité de donner un nouveau souffle à cette activité pour qu’elle s’inscrive dans notre époque. Grâce au groupe Noctis, nous allons partager ce lieu avec les Parisiens. ParisLongchamp illustre cette philosophie : ouvrir un lieu à destination parisienne et internationale, et ne pas rester dans l’entre-soi. »

 

Le ton est donné…

Surprise en arrivant à la conférence de presse, où nous découvrons qu’elle est animée par l’inénarrable journaliste britannique Darren Tulett. « Ladies and gentlemen, we are gathered here today... », a-t-il commencé, comme ouvrant la cérémonie de mariage d’un des descendants de Her Majesty. Avant de repasser en français et de demander : « Y-a-t-il des Rosbifs dans la salle, des gens qui parlent anglais, ou puis-je rester en français ? » Darren Tulett expliquera ensuite son rapport à Longchamp, « un lieu mythique pour un sujet de Sa Majesté », et aura animé avec entrain cette conférence de presse en transmettant sa bonne humeur à tous les intervenants. Le ton est donné : branché, décalé… Swag, comme disent les jeunes.

 

Pour attirer les jeunes. Fabrice Favetto Bon, directeur marketing de France Galop, et Laurent de Gourcuff, président de Noctis et « pas footballeur » comme l’a précisé Darren Tulett, se sont exprimés sur ce que proposera ParisLongchamp au public. Fabrice Favetto Bon a pris la parole : « Nous formons a priori un couple surprenant. France Galop s’est fixé une nouvelle ambition en réinscrivant les courses dans le quotidien des Français. En étant plus ouvert et dans la diversité générationnelle. ParisLongchamp sera un hippodrome ouvert tous les jours et ouvert à d’autres activités que les courses pour le nouveau chapitre de son histoire. C’est une destination majeure, au cœur d’un site exceptionnel. Un endroit qui doit être dynamique et une bulle de verdure. Nous avons été rejoints par la Fondation de Yann Arthus-Bertrand et la Fondation Louis Vuitton. Pour faire venir un nouveau public, il faut réaliser un bon dosage, avec de nouvelles activités, et pour cela il nous fallait un spécialiste. Laurent de Gourcuff va nous aider à réaliser cette ambition et nous voilà donc mariés pour douze ans ! »

Pour ceux qui ne connaissent par Laurent de Gourcuff, sachez qu’il est surnommé le roi des nuits parisiennes. Un film a été diffusé pour présenter le travail de Noctis, le spécialiste de l’événementiel et de la restauration. « Dans la vraie vie, nous avons des bureaux, ce n’est pas toujours comme cela », a précisé en souriant Laurent de Gourcuff après cette présentation. « Au nom du groupe Noctis, je suis très heureux que France Galop nous ait fait confiance. ParisLongchamp porte des valeurs sportives et de dépassement de soi. Il offre un lieu à tous les Parisiens en quête d’évasion. Il nous faut donner une unité, une cohérence et incarner cette destination du divertissement parisien. À ParisLongchamp, vous viendrez au village ParisLongchamp. Vous y trouverez une brasserie, qui s’appellera certainement la brasserie ParisLongchamp, avec une cuisine traditionnelle de saison. Il y aura aussi la guinguette, avec un kiosque musical, des jeux de bois à l’ancienne, des foodtrucks… Et il y aura la Summer Stage, avec des concerts, des sets de DJ, du cinéma en plein air. Notre rôle est aussi événementiel, de communiquer sur les espaces de ParisLongchamp. »

 

Top Chef au panoramique

Concernant le restaurant panoramique, Fabrice Favetto Bon a précisé : « Nous proposerons des moments gastronomiques au restaurant panoramique qui est encore en cours d’aménagement. Il sera ouvert dans le cadre des courses et de manifestations événementielles. Le chef Jean Imbert a été séduit par le projet. » Pour ceux qui ne le connaissent pas, Jean Imbert est certainement le plus populaire et médiatique des gagnants de l’émission Top Chef.

 

Moderne et technologique. Directeur général de France Galop, Olivier Delloye s’est notamment exprimé sur l’aspect nouvelles technologies de ParisLongchamp. Le Wifi n’était pas activé pour notre visite et force est de constater qu’il y sera le bienvenu, avec une 4G toujours aussi capricieuse.

Olivier Delloye a expliqué : « France Galop a fait un effort particulier sur les nouvelles technologies. C’est un moyen d’améliorer l’expérience de tous nos publics. ParisLongchamp aura un Wifi haute densité très important et nous avons développé un certain nombre d’interfaces. Il y aura une Web App, accessible sur l’hippodrome et destinée surtout à un public débutant et néophyte, avec un fil d’actualité, pour indiquer quand il faut se rendre au rond ou à une remise de prix. Il y aura aussi quelques petites surprises, avec des vidéos qui permettront de découvrir les endroits où le public n’a pas accès. Il y a le système EpiqE Tracking [que nous avons longuement présenté dans de précédentes éditions, ndlr]. (…) L’après-midi sur un hippodrome passe aussi par le jeu et nous avons voulu rendre le pari plus facile d’accès. Il y a bien sûr des bornes PMU mais les gens utilisent leur Smartphone. Il y a Hipigo, du PMU, qui est la formule la plus simple. Il y a aussi la possibilité de parier via Facebook Messenger grâce aux bots du PMU. Pour les experts, il y a aussi l’application MyPMU. » Olivier Delloye a aussi parlé de l’application Smarturf développée par le groupe Carrus, qui a été présentée aux journalistes et permet de parier sur son téléphone sans avoir à donner d’informations personnelles ou bancaires.

 

The Avener pour l’inauguration officielle

Le nom de l’artiste en concert pour l’inauguration officielle de ParisLongchamp, le dimanche 29 avril, a été révélé : c’est The Avener qui fera le show, soit une ambiance pop électro branchée. L’entrée est gratuite mais il faut télécharger son invitation www.parislongchamp.com. Vingt mille personnes sont attendues. Les invitations sont déjà en ligne et 2.000 d’entre elles ont été d’ores et déjà été téléchargées.

 

Les jeudis, le rendez-vous qui doit devenir incontournable. Comme nous vous l’avions expliqué suite à la réunion du programme de France Galop, ParisLongchamp accueillera des semi-nocturnes de mai à juillet les jeudis soir, nommés les Jeuxdi. Fabrice Favetto Bon en a dit un peu plus sur ces soirées, que nous n’avons vraiment pas envie de manquer ! « C’est un rendez-vous à destination des Parisiens. En recréant ce format de courses, nous souhaitons rassembler une communauté de jeunes actifs. A partir de 18 heures, ils pourront vibrer avec les émotions des courses, prendre l’apéritif à la guinguette, parier… Et ensuite, danser jusqu’à 2 heures du matin. » Vous saurez où nous trouver !