Comme on se retrouve…

Courses - International / 30.03.2018

Comme on se retrouve…

Comme on se retrouve…

Un deuxième du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, un lauréat de la Longines Breeders’ Cup Turf, celui des Travers Stakes, la meilleure jument d’âge américaine, le gagnant du Derby japonais, la deuxième des Oaks nippones, le gagnant de la Breeders’ Cup Sprint, un vainqueur de Gr1 sur le sprint en Australie… Drôle de liste, non ? C’est celle (non exhaustive) que propose l’affiche de Meydan, samedi.

Neuf courses en tout, cinq Groupes 1 réservées aux pur-sang, avec 30 millions de dollars d’allocations. Un championnat du monde ? En théorie, oui, dans le sens où chaque catégorie de cheval y trouve sa course. On peut donc espérer y voir les meilleurs européens qui ont conclu leur année sur le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe ou les Qipco Champion Stakes, les champions américains du dirt et du turf, qui ont déjà combattu lors de la Breeders’ Cup, les idoles japonaises que l’on a vues dans la Longines Japan Cup, ou encore ceux de Hongkong ayant couru lors du meeting international de décembre.

Seul hic, la date. Meydan arrive tôt, trop tôt peut-être pour ceux qui visent l’automne européen, ou trop tard pour ceux qui doivent entrer au haras. Il faut être un sacré gladiateur pour se maintenir "au top" du mois de mars à celui d’octobre… Enable et Cracksman sont restés dans leurs boxes douillets de l’écurie Gosden, par exemple.

Cette date n’est pas le fruit du hasard. Cette réunion est l’apothéose du carnaval de Dubaï, un carnaval imaginé pendant les mois d’hiver, quand le climat permet encore des efforts sportifs intenses et quand les cracks jockeys pouvaient être disponibles. Car il ne faut pas oublier que la famille Maktoum, au moment où les courses dans les Émirats n’en étaient qu’à leurs balbutiements, n’a pas hésité à inviter les plus grandes stars de l’époque pour faire de Nad Al Sheba un endroit à la mode. Merci aux Lester Piggott, Steve Cauthen, Willie Carson… qui sont venus passer des hivers studieux au soleil !

Il est loin le temps où le programme d’un crack était monolithique. Les maîtres du classicisme, tel qu’il a été imaginé en Europe, doivent se retourner dans leur tombe, mais c’est pourtant le sens de l’histoire : oui, on peut gagner (ou très bien courir) l’Arc puis aller en novembre aux États-Unis pour la Breeders’ Cup, pousser jusqu’à Hongkong en décembre, souffler quelques semaines l’hiver et attaquer sa saison suivante par Meydan. Chacun de ces grands moments peut revendiquer le terme de Championnat du monde… sans l’être tout à fait. C’est une question de point de vue. Ne boudons pas notre plaisir : samedi, il faudra être devant Equidia pour ne rien rater de ces neuf moments de très grand sport !