LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR - Stéphane Wattel, dans une nouvelle galaxie

Courses / 09.03.2018

LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR - Stéphane Wattel, dans une nouvelle galaxie

LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR

Stéphane Wattel, dans une nouvelle galaxie

Par Franco Raimondi

 

Stéphane Wattel a dans ses boxes deux poulains engagés dans les 2.000 Guinées (Gr1). Il peut même se payer le luxe, si tout va bien dans les semaines qui viennent, de décider d’effectuer le déplacement à Newmarket avec Sacred Life (Siyouni) ou avec l’autre "bon" de l’écurie, Infernal Majesty (Siyouni), et d’en garder un pour l’Abu Dhabi Poule d’Essai des Poulains. Bref, il a changé d’envergure. Il s’agit de la meilleure reconnaissance pour un professionnel qui s’est construit au fil des ans !

 

2011, l’année record. 2017 n’a pas été la meilleure saison pour l’écurie Wattel. Son record remonte à 2011, quand il avait remporté sept courses black types avec six chevaux différents. On se souvient de la progression de Best Dating (King’s Best), passé d’un succès à Saint-Brieuc en valeur 35 jusqu’à une victoire dans le Prix du Pin (Gr3) et une troisième place dans le Qatar Prix Daniel Wildenstein (Gr2). Sa valeur avait grimpé de seize kilos ! Dalarua (King’s Best), sous la casaque du Haras de la Perelle, avait remporté le Prix de Psyché (Gr3). En fin d’année, ses chevaux avaient pris 1.391.125 € de gains, lui assurant la douzième place dans le classement des entraîneurs.

 

Huit fois à plus d’un million en onze saisons. Stéphane Wattel a gagné pendant sa carrière vingt-cinq courses black types en plat. Quinze de ces succès ont eu lieu à partir de 2011. Côté statistiques, on soulignera que l’écurie a dépassé le million de gains (sans compter la prime) à huit reprises en onze saisons. Il y a deux façons d’entrer dans cette catégorie de professionnels dépassant le million de gains : profiter des handicaps ou monter d’une marche. C’est ce qu’a fait Stéphane Wattel.

 

Les juniors 2017 : 20 % à la gagne. Sans le blocage des courses de Saint-Cloud le 29 octobre, on aurait pu vous raconter une autre histoire, celle de son premier Gr1, le Critérium international. On ne peut pas vivre dans les regrets. Il faut garder le bon, la meilleure réussite depuis toujours des 2 ans de l’écurie. Sept des dix-neuf poulains qui ont couru sont gagnants, cinq parmi eux ont remporté plus d’une course et figurent parmi les douze pensionnaires les plus riches de l’écurie. Bref, Stéphane Wattel est onzième dans le classement des entraîneurs des 2ans, avec treize succès, et ses juniors affichent une réussite à la gagne de 20,6 %.

 

Quatre jeunes à plus de 40. Les entraîneurs façonnent les chevaux, mais les bons chevaux font le bon entraîneur. On connaît l’histoire. Même François Mathet n’aurait pas réussi à faire gagner un vrai mauvais. En ce début d’année 2018, Stéphane Wattel nous a offert un City Light (Siyouni) en version turbo dans le Prix Anabaa (A) – son premier rentrant, comme il l'a souligné mardi à Chantilly – et il a ajouté un nouveau gagnant à son équipe junior, avec Mon Ami l’Écossais (Orpen) qui a décroché une valeur 42 et est ainsi devenu ainsi le quatrième pris en 40 ou plus.

 

Cinq Siyouni pour 2018. L’équipe junior de Stéphane Wattel est composée de vingt-deux sujets, avec des pouliches en large majorité (seize). Pour voir cette liste, cliquez ici : http://jourdegalop.com/wp-content/uploads/2018/03/2ans-Stephane-Wattel.pdf.

Son propriétaire principal est Jean-Louis Bouchard, qui a investi 375.000 € à Arqana en octobre pour acheter cinq yearlings, quatre femelles (dont deux par Siyouni) et un poulain par Rajsaman. Le Haras de la Perelle lui a confié quatre pouliches, dont une Siyouni (Pivotal). L’étalon de Son Altesse l’Aga Khan est responsable de cinq 2ans, dont quatre pouliches. Il est le seul à avoir plus d’un produit de 2 ans à l’écurie.

 

Nos cinq coups de cœur

 

  • TESTA (F2)

Acclamation & Tecla, par Whipper

Propriétaire : Haras de la Perelle

Éleveur : Airlie Stud & Sonia Rogers

Le Haras de la Perelle a payé 165.000 € pour s’assurer cette pouliche chez Goffs November Foal Sale. Sa mère, Tecla (Whipper), avait gagné deux courses pour la casaque de Florence Brami, l’épouse de notre regretté confrère Gérard, et son pedigree a attiré l’attention d’Airlie Stud qui l’avait achetée 190.000 Gns à Tattersalls en décembre 2013. La deuxième mère, Mahalia (Danehill), a remporté le Prix Imprudence quand il était encore Listed et a donné Albisola (Montjeu), qui a gagné le Prix de Flore (Gr3), ainsi que Johnny Barnes (Acclamation), lauréat du Prix Quincey et deuxième du Critérium international (Gr1). Deux sœurs de Tecla ont produit des gagnants black types, dont Tonnara (Linamix), la mère des lauréats de Gr1 Ectot (Hurricane Run) et Most Improved (Lawman). Cette pouliche répète le croisement de Johnny Barnes.

 

  • N. (M2)

Siyouni & Secret Melody, par Inchinor

Propriétaire : Isabelle Corbani

Éleveur : Jedburgh Stud & Isabelle Corbani

Sa mère, Secret Melody (Inchinor), a gagné son Gr3 en Allemagne et a déjà fait ses preuves comme poulinière. Elle a produit le très bon Pearl Flute (Piccolo), qui a remporté deux Gr3 et s’est placé au niveau Gr1, et Secret Pursuit (Lawman), qui a gagné le Prix Solitude (L). La troisième mère, Secret Form (Formidable), fut deuxième de la Poule d’Essai des Pouliches et du Prix de Diane, battue par une pouliche de grande classe comme Lacovia (Formidable).

 

  • BURNING VICTORY (F2)

Nathaniel & M’Oubliez Pas, par El Corredor

Propriétaire : Écurie Jean-Louis Bouchard

Éleveurs : Haras d’Etreham & Riviera Equine

Femelle par Nathaniel… Tout comme une certaine Enable. Les Nathaniel, on le sait, ne sont pas des yearlings pour les ventes, comme le démontrent leurs prix sur les rings. L’année dernière, il a affiché un médian de 41.000 €. Cette pouliche a coûté presque le double et possède un bon papier. La mère, M’Oubliez Pas (El Corredor), a sorti deux gagnants, mais il ne faut pas oublier qu’elle est placée du Grand Critérium de Bordeaux (L) et demi-sœur de Riviera (Kris). La deuxième mère, Manureva (Nureyev), est gagnante de Listed ; la troisième, Maximova (Green Dancer), s’est imposée dans le Prix de la Salamandre (Gr1) et a produit les gagnants de Gr1 Septième Ciel (Seattle Slew) et Macoumba (Mr Prospector).

 

  • REVOLVER SIGHT (F2)

Siyouni & Kocooning, par King’s Best

Propriétaire : Écurie Jean-Louis Bouchard

Éleveurs : Haras de Mandore & Scea des Prairies

Jean-Louis Bouchard a acheté deux pouliches par Siyouni à Arqana en octobre. On a retenu la moins chère, qui a coûté 80.000 €. On peut reprocher à la mère de cette pouliche, la gagnante Kocooning (King’s Best), de ne pas avoir encore donné un gagnant de Groupe. En fait, elle en a produit un de cette classe, le très bon sprinter Golden Steps (Footstepsinthesand) qui a été dirigé par son entourage sur les gros handicaps en Angleterre. Il a remporté la Bunbury Cup, l’une des courses les plus difficiles à gagner lors du July Meeting de Newmarket. Cette grande souche de Kilfrush Stud est encore pétillante : une demi-sœur de Kocooning, la rapide Beauty is Truth (Pivotal), a donné Hydrangea (Galileo), qui a signé deux succès de Gr1 en fin de saison 2017 pour Coolmore.

 

  • N. (M2)

Sea the Moon & Zain Al Boldan, par Poliglote

Propriétaire : en instance

Éleveurs : Haras de Saint-Faust & Gérard Larrieu

Ce poulain a été racheté 90.000 € à Arqana en octobre, dix-sept jours après que son demi-frère Poetic Dream (Poet’s Voice) a été adjugé pour 900.000 € à la Vente de l’Arc. Lauréat de Mehl-Mulhens Rennen (Gr2), la Poule d’Essai des Poulains allemande, ce Poetic Dream vient d’effectuer ses débuts en Australie et il peut se révéler au niveau Gr1. Sea the Moon (Sea the Stars) est très attendu avec ses premiers 2ans.