Bertrand Meheut : « Il faut remettre le marketing et le commercial au centre de l’entreprise »

Institution / Ventes / 12.04.2018

Bertrand Meheut : « Il faut remettre le marketing et le commercial au centre de l’entreprise »

Bertrand Meheut vient d’être nommé président du Conseil d’administration du PMU. Quelques heures après sa nomination, il a répondu aux questions de JDG.  

Jour de Galop. – Le monde des courses vous connaît peu. De votre côté, que savez-vous de notre milieu ?

Bertrand Meheut. – Je connais Édouard de Rothschild depuis un certain temps. Et depuis deux ans, Dominique de Bellaigue et lui m’ont demandé de réfléchir avec eux sur plusieurs sujets, notamment celui du pôle media [comprenant Equidia, ndlr]. Je ne suis donc pas ignorant des enjeux du secteur des courses. En revanche, je connais moins l’aspect terrain. Je ne me considère pas comme un expert des courses ! Mais c’est un peu l’histoire de ma vie : avant d’arriver au sein du groupe Canal+, je ne connaissais pas la création, le cinéma… Ce genre de challenges me motive.

Quelle image avez-vous des courses ?

Le maillage des courses en France est important, avec 12.500 courses par an. C’est considérable en terme d’emplois, d’aménagement du territoire… Je vois les courses comme une vraie entreprise de spectacle. Il ne faut pas uniquement considérer l’intérêt sportif. L’hippodrome doit aussi être un lieu convivial, un lieu de divertissement, et c’est exactement ce qui va être fait avec ParisLongchamp.

Que pensez-vous de la place du pari hippique dans la société française en 2018 ?

Comme vous le savez, la tendance n’est pas très favorable. Il faut transformer cette situation : c’est un enjeu important, mais pas impossible, dans la mesure où le monde du cheval attire les gens. L’animal a une cote de sympathie élevée. La marque PMU a, quant à elle, une très forte notoriété, proche de 100 %. Mais la notoriété d’une marque ne fait pas tout. Les valeurs que le consommateur lui attribue sont tout aussi importantes. Il faut travailler sur la marque pour la rendre plus attractive, plus sympathique, plus glamour peut-être. La base est considérable, quand on considère que près de 10 milliards sont joués. Il faut maintenant trouver la martingale pour attirer plus de monde. Le consommateur est confronté à de nombreux choix dans ses dépenses : les voyages, les divertissements… La FDJ n’est pas le seul concurrent du PMU ! Ayant travaillé à la fois pour SFR et Canal+, je connais bien le métier de l’abonnement. Aujourd’hui, personne ne peut se passer d’un abonnement téléphonique. Cela concerne chaque membre du foyer et représente une part importante du budget familial ! Il y a quinze ans, la situation était tout autre. Ce que je veux dire, c’est que la répartition de dépenses dans les foyers évolue sans cesse. En ce qui concerne le PMU, il faut s’adresser à une base plus large, et pour cela inventer des nouveaux produits, un nouveau spectacle plus attirant.

Sans trop entrer dans le détail, quels seront les axes stratégiques prioritaires de développement ?

Il est encore un peu tôt pour répondre à cette question. Il faut aussi que Cyril Linette découvre l’entreprise, et que nous partagions ensemble une vision stratégique. Mais je peux déjà dire qu’il faut remettre le marketing et le commercial au centre de l’entreprise, afin de recruter de nouveaux adeptes.

Comment voyez-vous le PMU dans dix ans ?

Il serait prétentieux de répondre à cette question à ce stade. Mais si nous réussissons à rendre le pari hippique plus valorisant et la venue sur un hippodrome plus attractive, nous aurons relevé l’un des défis qui se présentent à nous. La filière possède des atouts considérables pour réussir. Il faut remodeler l’image du parieur, rendre le pari hippique plus naturel, presque incontournable… Comment y parvenir ? C’est l’une des questions auxquelles nous devrons répondre.