Certains jockeys refusent de monter les dernières courses de Toulouse

Courses / 29.04.2018

Certains jockeys refusent de monter les dernières courses de Toulouse

Alors qu’il restait deux courses au programme, samedi à Toulouse, plusieurs jockeys n’ont pas souhaité se mettre en selle, invoquant des risques de glissade après les fortes averses qui se sont abattues sur l’hippodrome. Après discussion, les commissaires ont décidé de maintenir les deux dernières épreuves de la réunion. Les chevaux qui devaient être associés à ces jockeys devaient été déclarés non-partants si aucun pilote de substitution ne pouvait être trouvé. Trois chevaux ont finalement été déclarés non-partant dans le Prix de Chaisemartin : Figaro del West (Carghese des Landes), monte d'Anthony Crastus, Sauvajon Roc Marie (Never on Sunday), celle de Ioritz Mendizabal, et Reddington (Fairplay du Pecos), celle de Jean-Bernard Eyquem. Lily Le Pemp a quant à elle remplacé François-Xavier Bertras sur Le France (Vertigineux).

Francis Montauban, président de la Société des courses de Toulouse, a déclaré au micro d’Equidia : « Certains jockeys ne veulent pas courir. Ils prétendent que la piste est glissante et donc dangereuse. D’autres souhaitent courir. J’ai pris la décision, en accord avec le premier commissaire et le représentant de France Galop, d’appeler les chevaux et les jockeys au rond. Ceux qui voudront bien se rendre aux boîtes prendront part à la course. Concernant ceux qui ne veulent pas prendre part à la course, France Galop ou peut-être les commissaires de Toulouse pourront les sanctionner s’ils le souhaitent. De toute manière, ils ont la liberté de monter ou de ne pas monter. C’est la grande mode de faire grève en France. Mais cela ne me satisfait pas. Ils scient la branche sur laquelle ils sont assis. Et ce d’autant plus que les courses d’anglo-arabes sont menacées en France [comme la huitième épreuve du programme de Toulouse, ndlr]. Je pense que si cette course était annulée, ce serait très grave pour l’avenir. Les sociétés-mères en profiteraient pour carrément la supprimer du programme dès l’an prochain. Tous les entraîneurs veulent courir. Seule une partie des jockeys trouvent que la piste est dangereuse. Ils nous reprochent même de ne pas l’avoir arrosée. Il a commencé à pleuvoir 10 minutes avant cette course alors que juste avant, la piste était excellente. Ils prétendent que l’herbe est glissante. Pourtant, j’ai bien regardé la rediffusion des dernières courses, je n’ai strictement rien vu. Ou alors je n’y comprends plus rien. J’ai moi-même été cavalier. Si ces gens-là trouvent cela dangereux, il faut qu’ils changent de métier. »

Difficile de trancher. Les deux dernières courses sont parties avec du retard, malgré l’absence de certains concurrents, et sans aucun incident en particulier. Un peu plus tard dans la soirée, l’entraîneur Thomas Fourcy a déclaré au micro d’Equidia : « Une averse un peu sévère a rendu la piste un peu glissante. Je le conçois et en tant que jockey, j’ai connu cela. Cependant, à Toulouse, avec des jockeys confirmés, tout le monde peut prendre des précautions. Je ne vais pas me faire des amis en disant cela. Les propriétaires ont besoin de voir leurs chevaux courir. Dans la catégorie des anglo-arabes, il n’y pas beaucoup de courses. C’est donc problématique, surtout que ce sont des courses ciblées et les chevaux ont été préparés dans cet objectif. Les jockeys ont donc eu le choix de monter ou non. En tant qu’entraîneur, on pense aux propriétaires qui investissent beaucoup d’argent tout au long de l’année. Les jockeys veulent monter dans les meilleures conditions et faire du mieux qu’ils peuvent. C’est difficile de trancher. »