Jean Luc Auclair : « Le développement de l’amateurisme dans les courses est bénéfique pour l’ensemble de la filière cheval »

Courses / 04.04.2018

Jean Luc Auclair : « Le développement de l’amateurisme dans les courses est bénéfique pour l’ensemble de la filière cheval »

La Fédération française d’équitation va bientôt rendre public un document de 16 pages à destination des clubs pour faire la promotion des courses à poney. Son objectif ? Passer à la vitesse supérieure pour leur développement. Jean Luc Auclair, référent du Comité fédéral pour les courses à poney, nous a présenté le contexte de ce lancement.

Jour de Galop. – Quels sont les premiers retours au sujet des courses au galop sur les poneys en club ?

Jean Luc Auclair. – À ce jour, les retours sont positifs. L’idée est dans un premier temps d’installer les courses dans le paysage. Et une fois que ces activités seront bien implantées, il faut que les clubs s’en emparent comme d’une activité complémentaire à l’offre actuelle de disciplines qu’ils proposent à leur clientèle. Pour le public des adolescents, les courses de poneys correspondent à une recherche de sensations et d’émotions. La passion du cheval et du poney peut se vivre de manière transversale et il est possible d’intégrer les courses dans le projet équestre de chacun, de manière exclusive ou en complément d’autres disciplines. Les pratiquants doivent avoir le choix. Dans tous les cas, ils veulent se faire plaisir et un sport n’est véritablement grand que lorsqu’il est populaire.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les clubs ? Quelles actions pourraient être envisagées pour favoriser le développement de l'activité ?

Il est encore trop tôt pour répondre à cette question. Nous manquons de recul. Néanmoins, il faut bien avoir conscience que les centres équestres sont des entreprises, avec des contraintes économiques. Dès lors, il paraît probable que les courses à poney vont plus facilement se développer dans les clubs qui sont situés à distance raisonnable d’un hippodrome, afin de limiter les frais et le temps de déplacement. Il faut se souvenir que les courses de poneys se sont pratiquées avec succès et de manière informelle par le passé. Un certain nombre d’enseignants ou de dirigeants actuellement en poste s’en souviennent très bien. Nous sommes certainement passés à côté du potentiel de cette activité pendant des années. Leur redéploiement passe donc par des questions d’accessibilité et d’attractivité. Mais dans ce contexte, il faut avoir conscience que si les clubs sont une remarquable rampe de lancement pour une discipline, ils ont aussi des impératifs éducatifs et ludiques. La compétition est importante et positive, mais elle ne doit pas éclipser ces deux derniers aspects. Il peut et doit exister une élite chez les amateurs, mais pour qu'elle soit performante, il faut dans un premier temps avoir une base large qui s’étend au-delà des personnes introduites dans le microcosme. Prenons un exemple, celui du tir à l’arc à cheval, qui se développe actuellement dans les clubs. Ce n’est pas l’archerie qui nous intéresse véritablement, c’est bien sûr le fait que cette pratique incite un nouveau public à pratiquer l’équitation. Derrière l’idée de pratiquer le tir à l’arc à cheval, il y a tout un imaginaire, un univers, qui plaît à une partie du public. Et c’est la même chose pour les courses. Enfin, ces dernières ne doivent pas être liées aux jeux d’argent ou à des questions de gains. C’est indispensable, en particulier pour la puissance publique, lorsqu’on s’adresse à un jeune public.

En publiant la brochure de promotion des "courses de trot et de galop à poney", la Fédération française d’équitation atteste-t-elle de son investissement en faveur de leur développement ?

Nous consacrons du temps et de l’argent à cet objectif. Cela atteste du fait que nous y croyons. La Fédération française d’équitation s’intéresse au sujet de longue date. Pendant de longues années, lorsque des clubs venaient en stage sur le Parc équestre fédéral de Lamotte-Beuvron, nous proposions une activité de découverte des courses avec Alain Jouenne comme formateur. Le développement de l’amateurisme dans les courses est bénéfique pour l’ensemble de la filière cheval. Regardez ce qui se passe en Irlande. Combien d’éleveurs, de propriétaires, de bénévoles et de passionnés sont passés par les courses de poneys et les point-to-point sur cette île ? C’est considérable. Pour le monde de l’équitation, c’est un moyen d’attirer et de fidéliser dans le giron fédéral une population nouvelle. Pour la filière hippique, c’est un enjeu en termes de popularité de la compétition hippique et de fréquentation sur les hippodromes. Enfin, au moment où la filière hippique manque de personnel et de candidatures à l’Afasec, les courses de poneys ne peuvent qu’être bénéfiques.