ParisLongchamp - Vos tops et vos flops

Courses / 10.04.2018

ParisLongchamp - Vos tops et vos flops

 

Nous vous avons sollicités suite à votre découverte de ParisLongchamp, dimanche dernier. Vous avez été nombreux à nous répondre (et vous pouvez continuer à le faire en nous envoyant un mail à jdg@jourdegalop.com !). Le nouvel hippodrome ne vous a pas laissés indifférents. Contents, moins contents, mais toujours constructifs : la parole est à vous !

Hélène Pacini, propriétaire

« ParisLongchamp était pour nous, propriétaires depuis peu, une première. Venus de province et arrivés tôt (10 h 30), nous avons été ravis de découvrir l’hippodrome et de nous imprégner de l’espace avant l’arrivée massive du public.

Nous avons pu faire un repérage (qui était nécessaire) afin d’optimiser les déplacements entre écuries, rond de présentation, tribune, et être prêts au moment de la course.

Il est normal qu’il y ait quelques dysfonctionnements, mais chacun a fait de son mieux pour répondre aux besoins de la clientèle.

Excellent moment, bel endroit, belles courses et en plus sous le soleil !

Nous reviendrons… »

Bernard Weill, propriétaire

« C’est avec un très grand plaisir que je me suis rendu dimanche à Longchamp. Après deux années de sevrage, j’étais impatient. Le bâtiment est une belle réussite architecturale. Les lignes pures se fondent très bien dans le site. La couleur est étonnante, son choix me semble très discutable. Chacun son mauvais goût. En tout cas, je ne la cautionne pas.

Ce qui me gêne, c’est le manque de réflexion quant au côté pratique pour les professionnels. Les escaliers mécaniques étaient saturés dès le premier jour. Les ascenseurs sont petits et peu nombreux. Il faudra beaucoup de patience pour se rendre dans les tribunes des propriétaires. Elles sont d’ailleurs trop petites et étaient déjà presque pleines dimanche. Quand on n’a pas le temps d’arriver à temps pour être dans les premiers rangs, la visibilité n’est pas bonne. Les loges sont très agréables mais les banquettes en bois sont inconfortables. J’ai entendu dire qu’ils allaient mettre des coussins… Le salon est spacieux, avec des beaux écrans, mais il n’offre que peu de sièges et tables. Combien de personnes attend-on ?

Il y un problème avec le rond de présentation. Quand on va aux courses, c'est pour voir les chevaux. Dans l’ancien Longchamp, il y avait tout le long du rond des escaliers. Aujourd’hui : une petite estrade en préfabriqué.

Ce champ de course magnifique a été conçu pour 3.000 spectateurs. Quand on investit 140 millions d’euros, il aurait fallu ne pas laisser, sans cahier des charges précis, des architectes sans expérience des champs de course. »

Melchior-François Mathet, propriétaire et éleveur

« J’étais heureux de retrouver, ce dimanche, notre "Flagship français" des courses au galop. La surprise générée par la couleur de l’ensemble passée, l'interminable escalier qui mène le public vers Gladiateur, puis vers l’arène, au "pas du Roi", est majestueux !

Une fois sur les "Planches", on découvre l’arrière de l’hippodrome dans son ensemble et c’est beau ! L’architecture et la disposition des étages sont faits pour que chacun puisse prendre de la hauteur et avoir une vue d’ensemble, à tout moment.

La circulation est facile dans le bâtiment principal et il m’a fallu peu de temps pour trouver mes nouvelles marques (les socioprofessionnels étant des gens d’habitudes) : point de rencontres, point pour voir les courses à la jumelle...

Passé le restaurant panoramique, on accède à cette fantastique esplanade depuis laquelle on redécouvre le Pavillon, qui, finalement et malgré ses anciens détracteurs, redevient un bel élément architectural d’une autre époque, replacé dans son contexte d’origine.

Sur la piste, l’open-stretch permet une plus grande fluidité des gros pelotons, alors qu’ils abordent la ligne droite : les jockeys sont moins soucieux de faire leur place ou de la conserver et cela contribue à une plus grande régularité de l’emballage final.

Observant la popularité du sas des balances sur l’hippodrome de Chantilly, on peut regretter, ici, que le grand public n'ait pas accès à cette salle des balances pour voir nos jockeys se peser.

Les améliorations et les réglages de certains défauts viendront avec le temps et l’usage : les équipes d’accueil étaient déjà à notre écoute pour prendre note de nos suggestions. Toutes ne seront pas satisfaites, mais je gage que les plus pertinentes seront prises en considération.

L’outil est maintenant là, car le spectacle, lui, a toujours été là.

L’enjeu est de faire venir le public aux courses en lui proposant, d’abord, des prix d’entrée raisonnables. Puis un accueil convivial, une restauration de qualité à prix abordable, une garderie d’enfants, un bon service de sécurité, … En somme, une prestation qui ne souffre d’aucun reproche. Pour que le nouveau public s’amuse, puis revienne. »

Vianney Baron, propriétaire

« Comme vous, nous avons profité de cette belle journée de dimanche pour découvrir le nouveau fleuron du galop français.

Laissez-moi avant tout planter le décor : nous sommes un groupe de petits propriétaires, certains depuis plusieurs années, d'autres ayant sauté le pas très récemment, tous dans la petite trentaine. Pour cette visite, nous étions également accompagnés de quelques amis et de jeunes enfants.

Dans son ensemble, l'expérience fut très plaisante : de l'accueil (certains d'entre nous sont passés par l'entrée générale, d'autres par les balances, dans les deux cas le personnel a été aux petits soins), au décor (l’un de mes invités architecte m'a confié qu'il était séduit par l'ampleur et la qualité de réalisation du projet) en passant bien sûr par le spectacle, qui nous a comblés en ce dimanche.

La vue sur le rond (côté public ou balances) et l'accès aux tribunes sont parfaits, et la "mer verte" de gazon devant la piste laisse entrevoir de beaux moments de convivialité en famille dans le futur. La vue des différentes tribunes (public, propriétaire et loges), aussi bien sur la piste que sur le rond, et la grande terrasse attenante au restaurant ont fini de nous conquérir, l'architecte a décidément fait des merveilles !

Bien sûr, mon récit ne serait pas très réaliste si je devais en rester là. Laissez-moi donc partager avec vous les quelques éléments qui nous ont chagrinés. Tout d'abord la partie restauration m'inquiète un tantinet. Certes, nous attendons tous avec impatience l'ouverture de la brasserie en bas, mais dans le même temps, j'ai été surpris par la petitesse des différents salons/bars, aussi bien du côté public, que des propriétaires ou des loges. Et le restaurant, même s’il est difficile de s'en faire une idée précise pour le moment, est à des années-lumière de Vincennes, aussi bien en termes de vue que de qualité des aménagements.

Nous étions également surpris de l'absence d'activités ou d'aménagements pour les familles, mon filleul (3 ans, plutôt tonique), une fois passé son émerveillement initial, s'est finalement un peu ennuyé. Gageons que cela sera réglé d'ici l'ouverture officielle, car la place des familles est capitale dans la vie et l'animation des courses.

Enfin le manque de délimitation claire entre le salon Trêve (réservé aux socioprofessionnels) et le Sea Bird (réservé aux propriétaires de loges) nous a conduits à une situation un peu embarrassante, où nous avons failli être expulsés manu militari du Sea Bird, malgré une bouteille de champagne entamée sur le bar... Heureusement tout cela s'est arrangé sans heurt, mais il serait judicieux de mieux indiquer la séparation.

Pour conclure, je dirais que le bilan est très positif, mais qu'il subsiste un doute (ô combien important !) concernant la restauration. Parions cependant sur l'expérience de Noctis pour nous surprendre également sur ce point dans le futur. »

Bernard de Croix, journaliste

« Comme Jérôme Reynier l’a signalé, le rond m’a semblé faire passer les chevaux bien trop près du public. Un public qui, quand il fera moins beau que lors de l’ouverture, ne manquera pas de se protéger sous des parapluies qu’apprécieront modérément les chevaux débutants.

Ces jours pluvieux, justement, d’où pourra-t-on voir ce rond à l’abri, tant depuis les balances que dans l’enceinte publique ?

Toutes les télévisions étaient-elles en place dimanche dernier ? Il fallait une certaine abnégation pour connaître les cotes de la course suivante, les rapports de la précédente, comme pour apprendre un forfait, un changement de monte, etc. »

Renaud Baguenault de Puchesse, éleveur et propriétaire

« Après la première de dimanche, permettez-moi d’émettre quelques souhaits forts :

- Rétablir au plus vite un panneau d'affichage de l'arrivée de la course en face du poteau (imagine-t-on un stade de football sans panneau d'affichage du score du match ?). Il y a une incongruité à faire figurer sur un très grand panneau et pendant très longtemps, le temps de la course précédente sans afficher l'ordre d'arrivée de ladite course.

- Annoncer au micro sitôt le poteau franchi l'ordre provisoire d'arrivée avec photos, le cas échéant (l'annonce un quart d'heure plus tard de l'arrivée officielle n'a pas le même objet), et annoncer le résultat après photo. Le résultat de la photo du Prix d'Harcourt était très surprenant et le turfiste doit être informé en temps réel.

- Faire défiler sur l'écran dans le rond de présentation l'arrivée de la course précédente et les rapports.

- Faire figurer sur l'écran dans le rond de présentation les cotes de la course suivante.

- Sur les écrans télé, c’est très bien d’afficher les rapports probables de la course suivante, y compris sur les placés et couplés, mais il faut un affichage de l'arrivée et des rapports de la course précédente (l'arrivée très serrée du d'Harcourt aurait dû être suivie de plus près). »

Thomas Le Boucher, éleveur

« J’ai eu le plaisir de découvrir, avec quelques amis, le nouvel hippodrome de ParisLongchamp pour sa réouverture. Il faut saluer l’aspect général de l’hippodrome qui, selon nous, est une véritable réussite architecturale. Les espaces sont vastes et agréables, les tribunes bien aménagées et offrent une belle vue sur l’ensemble de l’hippodrome aussi bien côté piste que côté rond de présentation.

J’ai bien conscience que l’hippodrome n’est pas tout à fait achevé et que nous autres, socioprofessionnels, avons pour rôle de faire part à France Galop de nos observations afin d’apporter les quelques touches finales avant l’ouverture au grand public.

Concernant l’offre de restauration  

Au-delà de l’aspect "rodage" des différents personnels en place qui est parfaitement légitime, on ne peut que regretter le rapport qualité-prix très en dessous de ce à quoi on pourrait légitimement s’attendre.

Les burgers sont certes bon marché (4,5 €) mais de très médiocre qualité. On ne peut qu’espérer une montée en gamme de l’offre de restauration. Le public (et les socioprofessionnels) doit avoir envie de consommer sur place… Dans le pays de la gastronomie, l’institution se doit d’être au niveau en matière de restauration dans l’hippodrome qui doit être le fleuron des courses françaises et qui a vocation à accueillir de nombreux visiteurs français et internationaux.

France Galop se doit de faire appel aux acteurs de la gastronomie qui proposent des produits de qualité pour donner envie au public de venir se restaurer sur les hippodromes ! Il faut urgemment renverser la tendance pour donner aux gens de venir sur les hippodromes.

Concernant le traitement des déchets  

Nous avons été très surpris du manque criant de poubelles. Entre les offres de restauration rapide et le nombre de tickets de jeux, le besoin est considérable. Aussi bien à ParisLongchamp que dans d’autres hippodromes, il faut vraiment se "forcer" pour jeter ses déchets dans des poubelles. Nous sommes en 2018 et il est insupportable de voir les gens jeter leurs papiers au sol. Sans chercher à rééduquer l’ensemble de la population, il faut au moins lui donner la possibilité de faire preuve de civisme.

Chaque borne de pari devrait être accompagnée d’une poubelle placée pour que les parieurs ne soient pas tentés de jeter leurs tickets perdants par terre. Or, à ParisLongchamp, on ne trouve qu’une poubelle avec une petite fente pour glisser son ticket perdant pour 5 automates. Et cette poubelle est tellement "stylisée" que les gens ne savent pas que c’en est une…

Concernant la grille tarifaire

Je conçois que l’on désire établir une différence entre les socioprofessionnels et le public. Mais cette distinction ne doit pas dépasser la limite du raisonnable. Comment justifier que la bière de 33cl soit facturée 7 € dans la zone propriétaire (ce qui revient à 14 € la pinte… un record pour la région parisienne) alors que la pinte est facturée 6 € pour le public. Je ne sais pas comment France Galop peut gérer cette différence tarifaire de façon comptable mais je pense qu’il est nécessaire que la pinte de Kronenbourg soit facturée 6 € dans tout l’hippodrome et que les professionnels ne soient pas obligés d’acheter une bière en zone mixte pour revenir la boire devant le rond de présentation… Une telle situation est absurde.

Concernant les accès réservés

Les zones réservées ne sont pas clairement indiquées. On ne peut pas donner envie au public de revenir sur l’hippodrome ou de s’y sentir bien si les gens passent leur après-midi à se faire refuser l’entrée des zones réservées. Il faut que ces zones soient clairement indiquées pour que les gens puissent se rendre compte d’un simple coup d’œil que certaines entrées sont réservées aux professionnels.

Une telle démarche permettra au public de circuler dans l’hippodrome dans les espaces dans lesquels il est admis sans se faire importuner quand il souhaite – malgré lui – entrer dans une zone réservée.

Cela simplifiera grandement le travail des hôtesses et fluidifiera l’accès à ces zones pour les professionnels.

Concernant la place de l’écran géant

L’écran géant du rond de présentation est situé dans le tournant du rond, de telle façon que les chevaux qui amorcent leur virage tombent nez à nez avec l’écran.

Cet emplacement n’est pas bien trouvé. Il est vecteur d’un risque inutile aussi bien pour les chevaux qui prennent peur, que pour les personnes se trouvant dans le rond de présentation qui risquent de se faire blesser.

Il serait sans doute plus opportun de décaler légèrement l’écran pour qu’il ne soit pas en pleine sortie du virage du rond de présentation. »

Christian Avenel, éleveur

« J’ai envie de retourner à ParisLongchamp dès que je le pourrais ! La nouvelle tribune n’est ni trop petite, ni trop grande, et englobe très bien les anciennes tribunes restantes. La vue sur la piste et sur le rond de présentation ainsi que le quartier de La Défense est très agréable. La couleur des tribunes et des marches en bois est réussie.

Pour moi le seul point faible est l’absence d’un endroit fermé – un hall – assez grand pour le public afin de pouvoir se tenir à l’abri des courants d’air. Il ne faut pas oublier que nous avons six mois avec des températures à moins de 20 degrés ! »

Yves Decrion, propriétaire

« L'organisation des escalator est ratée : il suffirait pourtant de s’inspirer de ceux d’un grand magasin… Il y avait autrefois, autour du rond de présentation, quelques gradins qui permettaient de voir les chevaux tourner. À la place, un grand pré qui ne sert à rien… Où peut-on voir les cotes ? Les "coursives" orientées à l'ouest – et il y en a à tous les étages ! – ne permettent pas de voir le rond de présentation. »