Le "Président" et ses histoires - Par Christopher Galmiche

Courses / 21.04.2018

Le "Président" et ses histoires - Par Christopher Galmiche

Le "Président" et ses histoires

Par Christopher Galmiche

Le Prix du Président de la République (Gr3) est une épreuve réputée d’Auteuil. Ce n’est pas un Gr1, mais le gagner procure une aura tout aussi importante. Retour sur quelques anecdotes savoureuses du Gr3 le plus convoité de France.

Une course d’étalons ! Cela peut paraître étonnant, voire paradoxal, mais le Prix du Président de la République a sacré plusieurs entiers depuis 1980. Il y a eu Carmont (1980), Grillon de Nuit (1983), My Phil (1985) ou encore Indian River (1999). Parmi ces quatre chevaux, mentions spéciales à Carmont, père notamment de Furie de Carmont, d’où le champion Lord Carmont, Venus de Mirande ou encore Mick de Carmont, et à Indian River. Ce dernier est le père de Native River, vainqueur de la Cheltenham Gold Cup (Gr1) 2018.

André Fabre au palmarès. Avant de régner sur le plat, André Fabre a fait de même en obstacle. Au cours de la période qui l’a vu gagner quatre Grand Steeples consécutifs entre 1980 et 1983 avec Fondeur, Isopani, Metatero et Jasmin II, le professionnel cantilien a enlevé le Président avec Azmi en 1982.

Un tremplin pour les sommets. Une fois le Président remporté, il n’y a pas trente-six options : soit on est suffisamment bon pour aller affronter l’élite, soit on végète. Plusieurs lauréats ont brillé ensuite à haut niveau comme Algan, futur vainqueur du King George VI Chase (Gr1), Louping d’Ainay, lauréat du Prix des Drags (Gr2) et officieux deuxième d’un Grand Steeple, Saint Pistol, troisième d’un Grand Steeple, Quart Monde, à l’arrivée de La Haye Jousselin (Gr1), ou encore La Segnora, lauréate du Grand Prix d’Automne (Gr1). Même s’il n’a pas enlevé le Président, tombant en fin de parcours, le champion First Gold a transité par ce Gr3 avant de gagner le Grand Steeple, La Haye Jousselin, le King George et la Punchestown Gold Cup (Gr1).

À vos ordres ! Les courses d’obstacles et l’armée sont intimement liées depuis la genèse de la discipline. Mais peu à peu, les militaires et les épreuves leur étant réservées ont disparu du programme. D’où une certaine curiosité lorsque, en 1997, un cheval nommé Duky se présente dans le Prix du Président de la République. Il porte les couleurs du ministère de la Défense et il est entraîné par le CSEM de Fontainebleau. Ce très bon cheval, qui a enlevé le Grand Steeple-Chase de Deauville (L), est associé à un certain Jess Parize qui deviendra entraîneur plus tard. Mais il va malheureusement s’accidenter mortellement dans ce Président, enlevé par Quetsche, entraîné par Jean-Pierre Totain.

Graal de Chalamont, la surprise à 82/1. Lauréat du Grand Steeple-Chase de Lyon, Graal de Chalamont (Riverquest) se présente dans le Président 2000 à une cote de gros outsider. Il est entraîné par son propriétaire, Marc Boudot, qui l’a façonné dans le centre-est. Son alezan va lui offrir l’une de ses plus belles victoires en gagnant courageusement la course. Graal de Chalamont a ainsi perpétué la légende qui veut que le Président réussisse aux chevaux inattendus par les parieurs.

La belle histoire de Gwenn. Jean-Pierre Bichon est l’homme qui fait voyager les chevaux, notamment ceux d’Arnaud Chaillé-Chaillé. Mais en 2003, c’est avec la casquette de propriétaire qu’il va à Auteuil pour le Président. L’entraîneur charentais lui a préparé son cheval Gwenn aux petits oignons pour la course et le gris va l’emporter nettement.