PRIX LÉON RAMBAUD (GR2) - À la lutte et sur cette distance, Alex reste encore le plus fort !

Courses / 22.04.2018

PRIX LÉON RAMBAUD (GR2) - À la lutte et sur cette distance, Alex reste encore le plus fort !

PRIX LÉON RAMBAUD (GR2)

À la lutte et sur cette distance, Alex reste encore le plus fort !

« Tu vas avoir des choses à écrire ! », s’est exclamé François Nicolle. Il y a en effet de quoi écrire, analyser, décortiquer après ce Prix Léon Rambaud où les deux pensionnaires de l’entraîneur royannais ont pris les deux premières places, mais pas dans l’ordre attendu...

Le round 2 est pour Alex. On attendait De Bon Cœur (Vision d’État), la championne invaincue en 2018. Elle avait montré un nouveau visage cette année : celle d’une jument plus détendue, plus posée… Et elle venait de déposer Alex de Larredya (Crillon) dans le Prix Hypothèse (Gr3). Tout ceci était de bon augure pour l’allongement progressif de la distance lors de cette route vers la Grande Course de Haies d’Auteuil (Gr1). Mais De Bon Cœur est peut-être trop détendue désormais, pas assez impliquée, désinvolte. Et peut-être pas encore assez lutteuse, elle qui a toujours gagné avec une telle facilité ! Pour cette jument qui découvrait une distance aussi longue que les 4.300m de ce Prix Léon Rambaud, ce manque d’expérience était peut-être un handicap plus pénible que les quatre kilos que lui rendait Alex de Larredya.

On pensait qu’Alex de Larredya n’aurait d’autre choix que de se contenter d’une deuxième place ce dimanche. Mais c’était oublier qu’Alex de Larredya, contrairement à De Bon Cœur, a eu de durs combats. Il sait lutter. Et, sur une pointe, il va vite, très vite. Le Président Théo Chevillard l’a parfaitement monté, malgré quelques petites erreurs de son partenaire. Il a pisté De Bon Cœur, d’abord attentiste avant de durcir la course dans la ligne d’en face. Alex de Larredya a attendu le dernier moment pour l’attaquer. Sur une pointe, il va plus vite que De Bon Cœur et cette dernière a de plus penché vers le rail sur le plat. Au final, trois quarts de longueur séparent Alex de Larredya et De Bon Cœur. Pop Art du Berlais (Poliglote) est troisième à sept longueurs, devançant de cinq longueurs Galop Marin (Black Sam Bellamy), animateur durant la première moitié du parcours.

L’expérience pour lui. Rendons à Alex ce qui appartient à Alex : il n’est pas n’importe qui ! C’est un double gagnant du Grand Prix d’Automne (Gr1) et il a deux fois été placé dans la Grande Course de Haies d’Auteuil (Gr1). Plus les distances s’allongent, plus Alex de Larredya est à l’aise. Ce dimanche, il montre que cette grande course 2018 est loin d’être courue d’avance et qu’il aura son mot à dire… Et il redonne certainement de l’espoir aux Anglais et Irlandais qui l’ont déjà battu. Nicky Henderson, entraîneur de L’Ami Serge (King’s Theatre), le tenant du titre, a dû suivre ce Léon Rambaud avec beaucoup d’intérêt… L’Ami Serge, lui aussi un représentant de Simon Munir (en association avec Isaac Souede) qui sera décidément bien armé durant le week-end du Grand Steeple-Chase de Paris.

François Nicolle nous a dit : « J’avais dit à Théo Chevillard de filer De Bon Cœur, d’attendre, et de ne surtout pas s’énerver entre les deux dernières haies. Après la dernière haie, il pouvait aller la chercher. Alex de Larredya a 200m dans le buffet et, sur une pointe, il va plus vite que De Bon Cœur. C’est un sacré cheval, il ne faut pas l’oublier ! Et lui, il en a eu des combats ! Lorsqu’il arrive à Auteuil, il n’est peut-être pas dans la même optique que la jument. Il sait qu’il va se battre. »

Ne rayons pas De Bon Cœur d’emblée. De Bon Cœur subit la seconde défaite de sa carrière. Elle est aussi sa première défaite en finissant un parcours : De Bon Cœur n’avait mordu la poussière qu’à une reprise dans le passé, en tombant dans le Prix Alain du Breil (Gr1). C’est une surdouée. Mais les surdoués ont parfois un excès de confiance que donne la facilité. Lutter, cela s’apprend. Elle a été un peu allante en début de parcours, mais pas toujours attentive dans ses sauts non plus. De Bon Cœur a perdu, mais elle a eu une leçon ce dimanche. Il faudra qu’elle apprenne de cet échec pour mieux rebondir ensuite.

François Nicolle nous a dit : « J’avais dit à Thomas Gueguen de durcir en face. J’ai peut-être fait une erreur en lui donnant ces ordres sachant qu’il y avait un changement de distance. Je l’ai trouvée "mollasse" aujourd’hui, elle qui avait tendance à trottiner au rond ou derrière les élastiques. C’est une femelle, c’est le printemps... Et les femelles au printemps, c’est parfois compliqué. C’est peut-être une raison. De plus, elle n’a jamais eu à lutter jusque-là. Elle a penché vers le rail : elle connaît Auteuil, elle sait où est la sortie aussi. Nous allons certainement changer des choses pour le Gr1. Nous allons peut-être être plus patients et ne pas durcir. Mais cela rebat les cartes : il y aura les Anglais et les Irlandais dans le Gr1. Après ce dimanche, ils vont se dire que la jument est peut-être finalement prenable… Et Alex, ils l’ont déjà battu ! »

Nous n’avons donc pas fini d’imaginer quel sera le scénario de la Grande Course de Haies d’Auteuil. De Bon Cœur n’a peut-être pas la tenue nécessaire pour durcir en face et mettre ses adversaires dans le rouge. Si elle attend, elle peut tirer et, si cela se joue ensuite au sprint sur le plat, Alex de Larredya aura un avantage certain. Et il n’aura plus de pénalisation au poids. Les concurrents d’outre-Manche peuvent venir rajouter une certaine inconnue dans cette équation passionnante. Beaucoup de peut-être et autant de possibilités.

Pop Art du Berlais gagne la deuxième course. Pop Art du Berlais court bien pour prendre la troisième place. Ce représentant de l’écurie Sagara reste pour le moment en dessous de De Bon Cœur et Alex de Larredya. Le 5ans, entraîné par Patrice Lenogue, est irréprochable et a gagné son ticket pour la Grande Course de Haies d’Auteuil. Il lui faudra cependant progresser à pas de géant pour s’imposer dans le Gr1. Patrice Lenogue nous a dit : « Il court très bien. C’est la première fois qu’il abordait une aussi longue distance et il nous a prouvé que ce n’était pas un problème pour lui. Nous savions qu’il aimait le terrain lourd, mais il nous a montré aujourd’hui qu’il allait dans tous les terrains, comme les bons chevaux. Il va aller sur la Grande Course de Haies d’Auteuil. »

http://jourdegalop.com/wp-content/uploads/2018/04/alexdelarredya.pdf

Une famille d’"Estruval". Élevé au haras de Bergeret par Jean-Luc Laval, Chantal Terrenegre-Laval et Maurice-Alexis Letchimy, Alex de Larredya provient d’une famille maternelle "Estruval". Sa mère, Kin d’Estruval (Panoramic), une anglo-arabe, a enlevé huit courses, dont le Prix Thuya à Auteuil. Elle a figuré dans des Groupes et s’est classée cinquième de la Grande Course de Haies de Pau (L). Comme son nom l’indique, elle a été élevée par Bernard le Gentil. Chantal Laval nous avait expliqué en 2017 : « Nous avons acheté Kin d’Estruval à réclamer durant le meeting de Pau à l’âge de 4ans pour Maurice-Alexis Letchimy. Mon mari, Jean-Luc, l’a entraînée et comme elle était bonne, nous l’avons gardée à l’élevage» Kin d’Estruval est toujours à Bergeret. Alex de Larredya est le deuxième lauréat de sa mère après Royal Kin (Adnaan), gagnant en plat. Kin d’Estruval est une sœur de la bonne Lettre d’Estruval (Vertical Speed), deuxième du Grand Prix des AQPS (A) à Longchamp et vainqueur de seize de ses trente-trois courses.

Crillon, le père du champion fait la monte au haras de la Baie.

Rainbow Quest

Saumarez

Fiesta Fun

Crillon

Riverman

Shangrila

Garden Green

ALEX DE LARREDYA (H8)

Rainbow Quest

Panoramic

Immense

Kin d’Estruval

Kashneb

Aluette

Jocaste