EN RÉGION - Carcassonne, le seul hippodrome du département de l’Aude

Courses / 15.04.2018

EN RÉGION - Carcassonne, le seul hippodrome du département de l’Aude

 

Situé au pied de la ville surmontée par la célèbre citée médiévale, l’hippodrome de Carcassonne présente la particularité d’être au centre d’une région à faible densité hippique. Les départements voisins de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales n’ont aucun hippodrome. Les élus et bénévoles doivent donc redoubler d’efforts pour pérenniser son existence.

Élu en 2015 à la tête de la Société des courses, Christian Granel nous a confié : « L’hippodrome est né en 1866 et nous avons d’ailleurs fêté ses 150 ans il y a quelques années. Il a été fondé par le quatrième régiment de hussards, qui était stationné à Carcassonne [un lieu longtemps stratégique sur le plan militaire, à 300 km de l’Espagne et 80 km de la mer Méditerranée, ndlr]. L’un d’eux était commissaire à Vincennes et il a lancé l’idée d’organiser des courses. Il est important de savoir qu’il n’y a pas d’éleveurs ou d’entraîneurs dans le secteur. Notre hippodrome ne peut donc pas compter sur les populations qui gravitent autour des socioprofessionnels et connaissent ainsi les courses hippiques, pour assurer son fonctionnement. Les hippodromes les plus proches sont, au nord-ouest, Toulouse [une centaine de kilomètres] et Nîmes, au nord-est [environ 200 km]. Nous nous trouvons donc en quelque sorte dans un désert hippique, tant au trot qu’au galop. Mais la tradition est bien vivante et le public répond présent. Le site est très agréable, avec la cité médiévale en arrière-plan. Il est bordé en grande partie par un fleuve, l’Aude. »

Deux réunions et trois disciplines. « Rapidement, la pluridisciplinarité s’est imposée, avec trot, plat et obstacle. Nous avions par le passé seize courses réparties sur nos deux réunions. Comme beaucoup d’hippodromes de province, nous en avons perdu une au nom de l’effort collectif. Ce sont les trotteurs qui nous fournissent le plus de partants. La moyenne en plat est proche de huit concurrents. Ils sont moins nombreux sur les obstacles. Les partants viennent d’un peu partout en France. Les plus proches sont entraînés à Toulouse et nous attirons, bien sûr, des chevaux en provenance de tout le Sud-Ouest, mais nous accueillons aussi des partants en provenance de Marseille, et même de plus loin, de l’Allier par exemple. Notre piste mesure 1.200m. Les épreuves sur les obstacles sont concentrées sur la fin de réunion pour éviter d’avoir à trop déplacer les haies. Depuis l’année dernière, nous avons un cinquième obstacle, grâce à un don de la Société des courses de Salon-de-Provence. Cela donne une certaine satisfaction car les concurrents évoluent ainsi à un train plus modéré. »

Une institution locale. « Nos deux dates sont vraiment ancrées dans les habitudes de la population : le 1er mai et le deuxième dimanche de mai. Une année, nous avions déplacé l’une des deux réunions, mais certaines personnes qui l’ignoraient s’étaient tout de même rendues à l’hippodrome, lequel était bien sûr fermé ! Le public local nous est fidèle. Le cassoulet du 1er mai est presque devenu une tradition. Nous faisons venir des poneys trotteurs du Gers, avec des sulkys à deux places qui permettent aux enfants de découvrir les sensations de vitesse de la compétition hippique. Ces derniers ont également la possibilité de faire des balades à dos de poney et de goûter sur l’hippodrome. Enfin, nous organisons aussi une tombola. »

Un site aux multiples utilisations. « Nous avons la chance d’avoir une bonne équipe de bénévoles, avec presque trente personnes. La moitié est très active et trois ou quatre le sont énormément. Ils sont tous plus ou moins liés au cheval. Mais il faut aussi penser à l’avenir et nous essayons de recruter des jeunes. La pérennité des courses à Carcassonne passe par leur engagement. Le cheval est présent dans la région de Carcassonne par l’intermédiaire de l’équitation. Nous sommes d’ailleurs en relation avec le Comité départemental d’équitation, qui organise plusieurs fois par an des manifestations sur l’hippodrome. Le site de la Fajeolle appartient à la municipalité et c’est une chance, car elle assure l’entretien de la piste et des bâtiments. La Société des courses s’occupe de la préparation des réunions et des achats de matériel. Par le passé, l’hippodrome a d’ailleurs été utilisé pour des concerts dans le cadre du festival de juillet qui est organisé à Carcassonne. C’est ainsi que d’importants spectacles y ont été organisés. Je pense notamment à un concert de Johnny Hallyday. Mais le coût de l’aménagement du site pour qu’il puisse accueillir de tels spectacles, ainsi que les questions de sécurité, font que depuis l’an dernier, il n’est plus utilisé dans cet objectif. »

Une solution originale, en attendant l’arrosage. « Nous espérons avoir un jour un système d’arrosage. Il est à l’étude avec la mairie depuis plusieurs années. C’est un élément important car il permettra un ensemencement pérenne de la piste. En attendant, grâce aux compétences agricoles de certains sociétaires, nous avons trouvé une autre solution il y a trois ans. Nous semons de l’orge que nous fauchons régulièrement et qui est bien sûr encore verte au mois de mai. Ce n’est pas aussi bien que du gazon mais, en l’absence d’arrosage, c’est une solution qui fonctionne bien. Surtout que la semence d’orge est peu onéreuse. Comme nous n’avons qu’une seule piste pour les trois disciplines, il n’est pas facile de trouver le bon compris concernant la hauteur de coupe. Les galopeurs souhaitent une hauteur beaucoup plus importante que les trotteurs. L’arrosage devrait apporter une meilleure qualité et une plus forte densité de la végétation, ce qui nous aidera à résoudre cette problématique. »