Asian Racing Conférence : le pari, leur cher souci

Courses - International / 22.05.2018

Asian Racing Conférence : le pari, leur cher souci

Les problématiques liées au pari ont été au cœur des débats de l’Asian Racing Conference. Et que constate-t-on ? Que même les pays où le pari hippique est le plus dynamique rencontrent les difficultés auxquelles nous faisons face, comme la concurrence avec les paris sportifs. Winfried Engelbrecht-Bresges, directeur du Hong Kong Jockey Club, a rappelé que 75 % des revenus des courses provenaient des paris : « Même si nous avons dit que notre marketing devait être moins dirigé sur le pari, nous ne pouvons pas oublier que le jeu est l’essence même du secteur économique des courses et nous devons capitaliser sur le climat économique positif. Il existe un lien étroit entre un fort P.I.B. et la croissance des enjeux. » Il a rappelé que la part des paris hippiques dans les jeux d’argent était passée de 7 % en 2010 à 6 % en 2016 : « Le point positif, c’est que les paris sur le football nous ont donné accès à de nouveaux clients, dont certains se sont mis à jouer aux courses. » Il a précisé qu’entre 2010 et 2017, les paris hippiques à Hongkong ont progressé de 6,5 %, alors que la croissance des jeux sur le football, sur la même période, a été de 13 %.

Hongkong cherche de nouveaux clients et deux cibles ont été évoquées : les séniors (plus de 60 ans), et les femmes de moins de 45 ans. Richard Cheung, directeur exécutif du Hong Kong Jockey Club, a livré : « Nous sommes encore en croissance mais nous ne voulons pas nous reposer sur nos lauriers. Certains fans de courses s’en détournent pendant leur vie active, car ils n’ont plus le temps, et peuvent y revenir une fois à la retraite. » Des aménagements sont spécifiquement pensés pour eux, comme des caractères plus gros dans les publications spécialisées, ou des campagnes de publicité vintage.

Pour se développer, le Japon a résolument misé sur la qualité des courses. Masayuki Goto, président directeur général de la J.R.A., a révélé que les enjeux sur les Grs1 étaient quatre fois plus élevés que sur les Grs2 ou Grs3, et quarante fois plus importants que sur des courses standard ! Ces chiffres expliquent le changement de stratégie de la JRA : depuis 2016, les parieurs japonais peuvent jouer sur un nombre très sélectionnés de grandes courses mondiales, comme l’Arc de Triomphe : « Les courses sur lesquelles nous allons réfléchir à des simulcastings sont les courses du top 100 mondial, ou bien des courses avec un vrai intérêt international. » Il a rappelé que plus de 10 millions de personnes avaient suivi la retransmission de l’Arc. Depuis, la J.R.A. propose des simulcastings à Dubai, Hongkong et en Australie.