Breeze up Arqana : tous les espoirs sont permis

Institution / Ventes / 11.05.2018

Breeze up Arqana : tous les espoirs sont permis

Breeze up Arqana : tous les espoirs sont permis

De l’avis général, le catalogue de la breeze up Arqana qui se tiendra ce samedi à Deauville est fort, très fort. Si les ventes de 2ans montés qui ont déjà eu lieu cette année en Europe ont montré un marché très sélectif, Arqana peut raisonnablement espérer consolider les très bons résultats de 2017. Éric Hoyeau, P.D.G. de l’agence, et Freddy Powell, directeur bloodstock, plantent le décor.

Jour de Galop. - De nombreux observateurs estiment que vous avez le meilleur catalogue des breeze up européennes. Qu’en pensez-vous ?

Éric Hoyeau et Freddy Powell. - Nous avons vu plus de cinq cents poulains pour établir le catalogue. Parmi ce volume, nous avons sélectionné des chevaux correspondant au standard, en termes de modèle et de pedigree, que recherchent nos acheteurs, tout en nous attachant à proposer des poulains pour toutes les bourses… Dire qu’il s’agit du meilleur catalogue européen est un peu présomptueux. Ce qui est certain, c’est que le fossé qui pouvait exister il y a cinq ou six ans entre notre catalogue et ceux des ventes majeures en Grande-Bretagne s’est considérablement réduit. Désormais, les vendeurs savent qu’ils ont le choix. S’ils ont un poulain très précoce, ils vont choisir l’Angleterre. Mais s’ils ont un poulain qui a besoin d’un peu plus de temps, ils vont aller chez nous, car ils pourront avoir quatre semaines supplémentaires de préparation. Et quatre semaines dans la préparation d’un 2ans, c’est énorme. Surtout avec les conditions climatiques que nous avons connues cet hiver ! Beaucoup d’hommes de chevaux savent que ce mois d’écart permet d’amener les poulains en progression, en les respectant. Notre date est vraiment adaptée à un certain profil de 2ans, et les résultats en piste ne disent pas l’inverse...

Nous avons en effet vu ces dernières semaines de nombreux 3ans vendus l’an dernier lors de votre breeze up se distinguer en piste à bon niveau…

Nos graduates nous ont assuré une belle publicité ! Je pense à Homérique ** (Exchange Rate), prometteuse deuxième de l’invaincue Luminate (Lawman) dans le Prix Pénélope (Gr3), Expressiy (Siyouni), récente deuxième des Pretty Polly Stakes (L), à l’invaincue Teppal (Camacho), partante dans la Poule d’Essai des Pouliches, au top price Walk in the Sun (Street Cry), invaincu en deux sorties, à Miss Sienna (Equiano), deuxième du Prix Finlande (L), et à une kyrielle de gagnants de bons maidens européens, comme Qaysar (Choisir), Al Adaid (Zoffany), Rastrelli (Siyouni), Smart Move (Style Vendôme), Kingdom of Heaven (Dabirsim), Duchess of Danzig (Sea the Stars), Future Proof (Dream Ahead)… Ils sont la preuve de la qualité du catalogue de l’an passé, et je pense que celui de cette année est au moins aussi bon !

Un autre critère d’évaluation de la qualité du catalogue, c’est le niveau des pinhookings. Les pinhookers n’ont pas hésité l’an passé à acheter des yearlings à des prix conséquents. Ne craignez-vous pas qu’ils en attendent des prix trop élevés ?

Non, pour la simple et bonne raison qu’un pinhooker doit absolument vendre ! Il faut les considérer comme des traders : ils ne peuvent pas garder ces 2ans, car ils ne pourraient alors pas réinvestir cette année dans des yearlings. En revanche, il faut saluer leur prise de risque qui bénéficie aux vendeurs de yearlings. En effet, la majorité des chevaux présentés samedi ont été achetés en France, à Deauville…

Quelles sont alors, selon vous, les raisons de la demande un peu timide que l’on a observée dans les précédentes breeze up européennes ?

Je pense que le climat a beaucoup joué, dans le sens où de nombreux entraîneurs n’avaient pas pu encore, il y a quelques semaines, exploiter leurs 3ans normalement. Dans ces conditions, leurs propriétaires sont peu enclins à réinvestir dans des 2ans. Ils n’avaient tout simplement pas d’ordres d’achat ! Les breeze qui se sont souvent déroulées en terrain lourd n’ont pas aidé non plus le commerce. Et puis il faut dire que la quantité de poulains inscrite dans les différentes breeze up n’incitait à investir d’emblée… C’est aussi pour cette raison que nous avons fait le choix de garder un catalogue très resserré.

Un catalogue très resserré, et où l’on note une forte proportion de poulains présentés par des Irlandais…

Plutôt que de s’arrêter sur le pays où ils sont préparés, je pense qu’il est plus intéressant de s’attacher à l’endroit où ils ont été achetés, élevés ou conçus… Et là, on remarque une forte proportion de poulains achetés en France, élevés en France ou conçus avec des étalons français. Donc au final, c’est l’élevage français qui en sort grandi.

Après deux ans à Deauville, les Poules d’Essai sont revenues à Longchamp. N’avez-vous pas été tentés d’organiser la vente à Saint-Cloud comme c’était le cas auparavant ?

Pour des raisons de logistique, le site de Deauville est beaucoup plus adapté à ce type de ventes. Les 2ans sont arrivés dès dimanche, et ici, les chevaux et leurs entourages ont tout le confort nécessaire pour bien préparer la vente. Les poulains peuvent sortir sur l’hippodrome après l’entraînement des chevaux résidents, le personnel est logé sur place… Les acheteurs sont aussi ravis de venir à Deauville, et certains qui ont découvert notre établissement lors de la breeze up sont même revenus en août pour acheter des yearlings, ce qui n’était pas forcément prévu avant. Cela permet d’inscrire Deauville comme une place de vente incontournable. Nous organiserons des navettes pour aller à Paris selon les demandes de nos clients.

LES GRANDS INDICATEURS DES ANNÉES PASSÉES

Année Présentés Vendus (%) Prix moyen Prix médian C.A.

2017 124 94 (75,81%) 137.745 € 82.500 € 12.948.000 €

2016 115 95 (82,61%) 110.714 € 67.000 € 10.466.500 €

2015 119 88 (73,95%) 92.011 € 60.000 € 8.097.000 €

2014 116 87 (75%) 77.069 € 55.000 € 6.705.000 €

2013 115 91 (79,13%) 66.747 € 49.000 € 6.074.000 €

APLAT

Début de la vente à 12 h