CROISSANCE

14.05.2018

CROISSANCE

Une des particularités de la filière française est d’associer des allocations élevées, qui sont de loin les meilleures d’Europe, avec une grande dépendance aux exportations. En plat comme sur les obstacles, les ventes à des investisseurs étrangers sont le nerf de la guerre. Que ce soit en tant que yearling sur un ring, ou lorsqu’ils sont à l’entraînement, les pur-sang anglais élevés en France s’exportent avec bonheur et cet argent est nécessaire pour la pérennité de la filière. Pourtant, là encore, la différence du niveau des allocations est impressionnante. Prenons un exemple avec deux lauréats classiques qui portent la même casaque, celle d’Al Shaqab Racing. En remportant son maiden à Deauville, Brametot, futur lauréat de la Poule d’Essai des Poulains (Gr. I), a gagné 12 500 euros. Son compagnon de couleurs Galileo Gold, a gagné environ 4 800 euros lors de son premier succès en Angleterre. Il a ensuite remporté les 2 000 Guinées. En attendant que le propriétariat français se renforce, et c’est l’un des objectifs de l’hippodrome de ParisLongchamp, les courses françaises ont besoin que des investisseurs étrangers laissent leurs représentants à l’entraînement dans notre pays. Dans ce contexte, les courses de pur-sang arabes sont sans aucun doute le meilleur des relais de croissance. La victoire d’Hajres dans le Prix Dormane (Gr. III PA) doit faire office de détonateur pour les propriétaires et éleveurs du Maghreb. Eux aussi peuvent gagner les belles courses du programme français s’ils placent leurs chevaux à l’entraînement dans l’Hexagone. D’ailleurs, la superbe performance d’Hajres, sous la férule de madame Jean-François Bernard, constitue la plus belle récompense pour Emadadein Alhtoushi. Ce propriétaire a aussi trois pur-sang anglais à l’entraînement en France. La boucle est bouclée.