EN RÉGIONS - Dominik Cordeau : « À Angoulême, la première priorité est la piste. La seconde, c’est la convivialité »

Courses / 17.05.2018

EN RÉGIONS - Dominik Cordeau : « À Angoulême, la première priorité est la piste. La seconde, c’est la convivialité »

Dominik Cordeau est un homme occupé. Entraîneur de trot, il est aussi le président de la Société des courses d’Angoulême, qui tient une réunion riche de huit courses (sept d’obstacle, une de plat) ce dimanche 20 mai. Il nous a expliqué quelle orientation il a souhaité donner à Angoulême, en travaillant beaucoup sur le galop.

Un hippodrome mixte mais sans réunion mixte. « L’hippodrome d’Angoulême est mixte : trot, plat et obstacle. Lorsque j’ai pris la présidence de l’hippodrome, j’ai choisi d’arrêter les réunions mixtes. Nous avons des réunions dédiées au trot, d’autres qui accueillent plat et/ou obstacle. L’organisation de réunions mixtes est plus compliquée et, de plus, des réunions tout trot ou tout galop permettent d’obtenir plus de qualité au niveau des partants. Je trouve qu’il est important d’avoir de bons chevaux et de belles courses pour attirer le public. Nous avons huit réunions à Angoulême : trois de trot, deux de plat et deux consacrées à l’obstacle. » Notons que des courses de plat peuvent aussi se disputer lors des réunions d'obstacle.

Les efforts tournés vers le galop. « Avec l’équipe, nous avons travaillé à améliorer la qualité des pistes. Il faut que les courses se déroulent bien pour avoir la meilleure ambiance possible. Depuis quelques années, tout se passe bien. Nous avions eu la chance, il y a deux ans, d’accueillir une épreuve du G.T.I. et il était important de faire des travaux sur la piste en vue de cet événement. Je suis un professionnel du trot mais les principaux travaux ont été réalisés sur les pistes de plat et d’obstacle. Celle du trot est en sable, l’entretien est donc relativement facile. Il faut juste bien doser l’arrosage. Sur la piste de plat et d’obstacle, nous avons refait un virage. Nous avons la chance aussi d’avoir une ligne droite, ce qui est assez rare en province. France Galop nous a bien rendu les efforts que nous avons fournis et nous avons ainsi pu développer ce que nous souhaitions. Nous avons ainsi pu refaire tous les obstacles. Nous sommes en Charente ! Guillaume Macaire n’était pas venu à Angoulême pendant quinze ans et cela m’attristait beaucoup. Un jour, je l’ai invité à venir sur l’hippodrome pour qu’il puisse voir les efforts réalisés et il était étonné de tous les changements que nous avions effectués ! Depuis, il amène de bons chevaux à Angoulême, tout comme François Nicolle ou Arnaud Chaillé-Chaillé. Nous avons vu ici des chevaux qui sont ensuite allés à Auteuil. Je me suis battu auprès de France Galop pour que tout le monde dise du bien de notre hippodrome. Les représentants de France Galop sont venus à l’occasion du G.T.I. Ils ont dit que nous avions une très bonne organisation et que c’était vraiment une belle journée. »

Attirer et fidéliser le public. « Nous avons réussi à fidéliser une clientèle qui n’est pas forcément spécialiste des courses, mais spécialiste de l’hippodrome ! Nous avons fait le choix d’avoir des entrées gratuites pour les femmes et les enfants. Nous avons des animations pour les enfants, comme un manège, un château gonflable, et nous leurs offrons le goûter. Les enfants aiment les chevaux, non ? Les hommes, par contre, payent. Il nous paraissait difficile de rendre l’accès gratuit pour tout le monde car nous avons besoin de ce financement pour aller chercher les sponsors. En contrepartie, ces derniers peuvent ensuite proposer des invitations, ce qui crée un événement. Ainsi, nous avons un sponsor par course. Je trouve que c’est le meilleur système. Pour nous, à Angoulême, il est vraiment important d’avoir du monde aux courses. Les gens viennent, passent un bon moment et cela nous fait plaisir ! Aujourd’hui, à Angoulême, les professionnels ne courent jamais devant un hippodrome vide. J’ai mis un place un système de tombola, dont le résultat est connu après la dernière course, pour que le public soit incité à rester jusqu’au bout. »

Une restauration efficace. « Nous avons développé un restaurant. Le traiteur est un éleveur de chevaux et il nous fait vraiment de jolies choses. La spécialité est la tête de veau. Lors des jours de course, le restaurant fait le plein. Il y a entre 280 et 300 places et elles sont toutes réservées avant les courses ! Nous avons aussi une buvette et une sandwicherie tenues par des bénévoles qui cartonnent à chaque fois. Après les courses, avec les bénévoles, nous dînons tous ensemble. Cela représente trente à quarante personnes. Cette convivialité est importante et permet de souder les liens. Pour nous, à Angoulême, la première priorité est la piste. La seconde, c’est la convivialité. Les courses ont besoin de la province et il faut qu’elle soit belle ! »