EN RÉGIONS - Philippe Bouchara : « Nous devons mieux connaître nos clients »

Courses / 31.05.2018

EN RÉGIONS - Philippe Bouchara : « Nous devons mieux connaître nos clients »

Vichy a rouvert ses portes aux galopeurs le 22 mai dernier, pour une réunion mixte marquée par les courses d’AQPS. Philippe Bouchara, à la tête de la Société des courses vichyssoise, parle de son hippodrome en perpétuelle évolution…

Jour de Galop. – Vichy a la réputation d’innover pour attirer du monde sur son hippodrome. Qu’avez-vous en tête cette année ?

Philippe Bouchara. –Avec Serge Tardy, vice-président du Syndicat des propriétaires, nous avons eu l’idée de créer une Coupe des fédérations. Elle sera lancée cette année sur les deux festivals. Chaque cheval classé dans les trois premiers apportera des points à la fédération où il est entraîné. Nous mettrons en place un classement à la journée et un classement général. La fédération gagnante recevra une coupe remise en jeu l’année suivante. Là aussi, il y a une volonté pédagogique, celle de faire prendre connaissance au public du maillage considérable que représentent les courses en France. Pour les propriétaires, cela ajoute un aspect sportif. Nous allons aussi réitérer pour la quatrième année consécutive une réunion simultanée courue sur un même site dans les deux disciplines du trot et du galop : seize courses courues en quatre heures.

À quelles autres mesures pensez-vous pour accroître l’attractivité de votre hippodrome ?

Je suis parti d’un constat simple : nous ne connaissons aucun des clients qui viennent jouer sur notre hippodrome. Si nous ne les connaissons pas, comment pouvons-nous les comprendre, les fidéliser ? Nous souhaitons mettre en place, dès cette année, une carte de fidélité pour ceux qui le désirent. Cela nous permettra d’avoir certaines informations pour les joueurs, et de leur réserver le meilleur accueil quand ils viennent sur notre hippodrome. Nous pourrons aussi connaître leur parcours dans l’hippodrome… D’ailleurs, pour nous, ce ne sont pas des parieurs, mais des clients. Et ils doivent donc recevoir un service en adéquation avec l’argent qu’ils dépensent. À l’avenir, il serait intéressant de mettre en place un système comme Smarturf, où le parieur pourrait utiliser partout sur l’hippodrome l’argent déposé sur son smartphone et abondé par ses jeux. Pour les propriétaires et les socioprofessionnels, c’est la même problématique : ce sont eux aussi des clients qu’il faut accueillir comme il se doit… Et cela va jusqu’au lad : il doit être logé et nourri dans de bonnes conditions, et c’est pour cette raison que nous avons commencé à rénover nos chambres. 

Quels travaux avez-vous réalisés lors de l’intersaison ?

La piste en gazon nécessite un entretien constant. Là aussi, l’objectif est de fournir aux professionnels un outil le plus performant possible. Nous avons la chance de courir principalement en été, ce qui nous épargne des conditions météorologiques exceptionnelles subies par certains grands hippodromes français en avril et mai… Plus globalement, l’entretien du site représente un travail énorme. Nous avons une surface totale de 60 ha à entretenir avec un effectif de 11 personnes sur le site : trois pistes différentes, un centre d’entraînement qui accueille pendant neuf mois une centaine de trotteurs, et 400 boxes au total… Nous avons refait la piste de trot avec l'aide des collectivités territoriales.

Un site de 60 ha, c’est un vrai poumon vert pour l’agglomération vichyssoise… Jouez-vous sur ce critère ?

Tout à fait ! Nous voulons même créer, à l’horizon de deux ans, un jardin extraordinaire sur 3,5 ha, avec un labyrinthe végétal, des espèces de fleurs rares… Cela permettrait au site d’être ouvert beaucoup plus régulièrement. Les gens doivent s’approprier le lieu. Aujourd’hui, en plus des 40 journées de réunions, l’hippodrome accueille sur la même durée des séminaires, des salons, des mariages… Mais de 80 journées, nous aimerions passer à 200 jours d’ouverture par an ! Je suis conscient de l’écart que cela représente, mais nous mettons tout en œuvre pour y parvenir. Il faut que le public ait envie de venir nous rendre visite. Nous avons par exemple fait l’acquisition de deux trotteurs réformés, qui nous servent à proposer des baptêmes de sulky et des cours d’initiation pour ceux qui le désirent. Pour une somme raisonnable, les gens ont la possibilité d’être immergés dans le monde des courses. Cette animation connaît un vrai succès. C’est un bon moyen d’expliquer les courses au public, à une période où les medias généralistes n’en parlent que très peu. Il y a donc un vrai effort de pédagogie à faire.

C’est aussi dans cette optique que vous avez lancé, lors des deux Festivals, une émission pour initier au pari ?

Sur une idée de mon ami Emmanuel Roussel et sous la houlette de Guillaume Covès, nous avons en effet voulu offrir au public et aux internautes – l’émission étant diffusée sur les réseaux sociaux –, une émission où l’on explique comment parier simplement, en s’amusant. Cette année, nous allons aussi la proposer au site de La Montagne, qui est un vrai partenaire des courses. Est-ce pour cette raison que nous avons enregistré l’an dernier une progression de 11 % des enjeux PMU au galop, et de 8,7 % au trot ? Je pense que cela y a contribué.