Xavier Thomas-Demeaulte: « C’est un rêve d’avoir un partant dans le Jockey Club »

Courses / 29.05.2018

Xavier Thomas-Demeaulte: « C’est un rêve d’avoir un partant dans le Jockey Club »

Par Christopher Galmiche

Xavier Thomas-Demeaulte participera à son deuxième Prix du Jockey Club (Gr1), dimanche à Chantilly. Il sellera Patascoy, deuxième du Prix de Guiche (Gr3), quinze ans après avoir présenté Victory Taita dans le Derby français de Dalakhani. Nous sommes revenus avec lui sur le poulain de Roberto Cocheteux, sur ses bons éléments, le centre d’entraînement de Mont-de-Marsan…

Jour de Galop. – Comment va Patascoy ?

Xavier Thomas-Demeaulte. - Patascoy (Wootton Bassett) va bien, il va courir le Prix du Jockey Club et sera monté par Mickaël Barzalona. C’est un poulain qui a évolué sur chacune de ses courses. Il a bien travaillé lundi matin.

À partir de quel moment vous êtes-vous dit que vous aviez un poulain de classe ?

Lorsqu’il a débuté en gagnant à La Teste-de-Buch, il nous a prouvé qu’il était un bon poulain. Ensuite, il a évolué à chacune de ses courses en montrant un bon comportement.

En termes de distance, pensez-vous qu’il puisse être rallongé à l’avenir ?

Je pense qu’il pourra faire un peu plus que 2.000m dans le futur. L’allongement de la distance ne devrait pas le déranger car sa mère est par Winged Love (In the Wings).

Que représente pour vous le fait d’avoir une bonne chance dans ce classique ?

C’est un rêve ! La première course que je suis allé voir lorsque je suis arrivé dans le monde des courses, c’était le Jockey Club… C’est quand même un bel aboutissement.

Comment avez-vous rencontré Roberto Cocheteux ?

Carlos Laffon-Parias, chez qui j’ai été assistant, m’a appelé lors des premiers temps de mon installation à Mont-de-Marsan. Il m’a dit d’aller à Madrid car quatre propriétaires voulaient rencontrer une personne pour placer des chevaux dans le Sud-Ouest. Je suis allé à Madrid, j’ai rencontré ces quatre propriétaires et parmi eux, il y avait monsieur Cocheteux. L’aventure a commencé comme cela. D’abord avec un cheval, puis deux, puis trois… Petit à petit, une bonne relation s’est installée entre nous. Il m’avait toujours dit qu’il aurait plus de chevaux lorsqu’il arrêterait de travailler. C’est ce qu’il a fait, toujours dans un bon état d’esprit, en nous faisant confiance. Progressivement, une amitié s’est nouée entre nous. C’est très agréable de travailler avec un propriétaire comme lui.

Avez-vous prévu d’aller courir en Espagne avec l’un de ses chevaux ?

Dans l’immédiat, ce n’est pas prévu. Nous y retournerons peut-être à l’automne avec Winfola (Motivator), qui avait gagné les Oaks à Madrid. C’est une option que nous gardons toujours dans un coin de la tête car ça fait plaisir à monsieur Cocheteux de gagner là-bas. Nous avons été victorieux dimanche à Madrid avec Ascot Angel (Dark Angel), qui appartient à monsieur Caro et devrait courir le Gran Premio Claudio Carudel (A) en juin.

Poursuivons avec le programme de l’un de vos bons éléments : Shamtee. Cette gagnante du Prix Finlande (L) est engagée dans le Prix de Sandringham…

Elle va courir dimanche à Chantilly. Elle a bien pris sa dernière course et a bien travaillé lundi matin. Nous montons de catégorie mais, jusque-là, elle a répondu présent à chaque fois. Nous nous sommes fait plaisir, mais maintenant, nous n’avons plus le choix. Elle est black type et ce ne sera que du bonus d’aller au-dessus. Donc nous tentons le coup.

Shamtee revient sur le mile après avoir gagné sur 1.800m. Est-ce parce qu’elle est plus à l’aise sur plus court ?

Elle peut faire les deux. Mais si nous ne courions pas dimanche, il fallait attendre le Prix Chloé (Gr3). Cela aurait fait un long moment entre deux courses. Le mile, elle le fait très bien aussi ! Dans le futur, nous pourrons rester sur 1.600m ou la rallonger jusqu’à 2.000m. À mon avis, ça ne la dérangera pas. Elle est facile à monter, elle a une bonne pointe de vitesse. C’est plaisant d’avoir des chevaux comme cela.

En ce qui concerne le pur-sang arabe Shahm, lauréat de la President of the UAE Cup (Gr1 PA), quel programme a été décidé ?

Il va courir le Groupe au mois d’août à Deauville. Nous allons rester en France. C’est un cheval qui a débuté tardivement. Je l’ai reçu au mois de mars 2017, il avait déjà 4ans, mais il n’a fait que progresser à chaque fois. C’est vraiment un bon élément, un cheval magnifique, très facile à travailler et agréable.

Côté anglo-arabes, avez-vous des chevaux en particulier à retenir ?

Les deux vedettes sont Couleur Fauve (Arès de la Brunie) et Flamb’ee (Vertigineux). Couleur Fauve a effectué sa rentrée samedi ; elle est battue, mais par manque de compétition. Flamb’ee recourt vendredi à Toulouse. Elle a déjà fait sa rentrée, étant dominée par le bon Paban de France (Benevolo de Paban).

Rares sont les entraîneurs capables de gagner avec toutes les races de chevaux, avec tous les âges, en plat et sur les obstacles. Comment faites-vous pour gérer un effectif d'une telle diversité ?

Il faut déjà avoir le bon personnel pour le travail du matin. C’est le plus important. Si nous n’avons pas les personnes pour monter les chevaux le matin et bien s’en servir, l’après-midi, nous ne faisons rien. Je suis entraîneur, mais si je n’avais pas mon équipe avec moi, je n’aurais pas tout ce que j’ai aujourd’hui. Ce n’est pas une difficulté de mélanger les anglos, les arabes, les purs… car nous essayons de faire du travail à la carte. Au final, je ne trouve pas que cela soit difficile à organiser.

Comment expliquez-vous la grande réussite du centre d’entraînement de Mont-de-Marsan ?

Il n’y a pas d’autres centres d’entraînement en province avec autant d’entraîneurs gagnants de bonnes courses ou d’épreuves black types à Paris. Cela fait sept ou huit ans que la piste d’entraînement en sable a été changée. Si on y réfléchit, il y a vraiment eu une différence de niveau suite à ce changement de piste. Nous nous servons aussi de la piste de course pour travailler, elle est très bien entretenue et elle est très bonne. Ensuite, nous touchons les mêmes chevaux que les autres entraîneurs dans les bonnes écuries. Les chevaux viennent de Deauville comme tout le monde. Nous avons une bonne émulation.

Vous avez quelques participations sur des poulinières qui sont au haras du Berlais. L’élevage, est-ce quelque chose qui vous passionne ?

J’ai des participations sur des juments de monsieur Cocheteux. C’est ma passion. J’aime bien chercher les croisements, les étalons et j’aime les ventes. Dès qu’un catalogue de vente arrive, c’est l’excitation de découvrir ce qu’il y a dedans, ce qu’il faut chercher… J’aime bien l’élevage également. Pour choisir les étalons, je regarde ce qui a fonctionné, ce que j’ai vu sur les pistes, tout en réfléchissant en fonction des juments que nous avons.

Qu’est-ce qui a été le déclic pour vous lancer dans la profession ?

J’ai habité en Afrique jusqu’à l’âge de 15 ans et je suis alors rentré en France. J’ai commencé à monter des chevaux de course chez Roland Kleparski. C’est Christian Bresson qui est à l’origine de toute mon histoire. Il m’a présenté à Roland Kleparski à Lamorlaye. À 15 ans, j’ai commencé à monter chez lui pendant les vacances, les week-ends… J’ai continué à faire mes études en même temps. AÀ la fin de mes études, je suis devenu l’assistant de François Doumen pendant trois ans. Puis j’ai été chez Carlos Laffon-Parias pendant trois ans et je me suis alors installé à Mont-de-Marsan. J’ai été assistant, mais en ayant toujours à l’idée que j’allais m’installer un jour comme entraîneur…