Doublé « Oaks-Diane » : impossible n’est pas Aidan !

Courses / 14.06.2018

Doublé « Oaks-Diane » : impossible n’est pas Aidan !

Happily (Galileo) pourrait offrir à Coolmore le doublé Oaks - Prix de Diane. Pour un même propriétaire, remporter les deux classiques pour les femelles est encore plus difficile que de réaliser le doublé Derby - Jockey Club. Le dernier propriétaire qui a gagné les deux classiques au masculin fut le Prince Khalid Abdullah en 1990 avec Quest for Fame (Rainbow Quest) et Sanglamore (Sharpen Up) et huit ans plus tôt, Robert Sangster avait réussi pareil exploit avec Gold Fleece (Nijinsky) et Assert (Be My Guest), également lauréat de l’Irish Derby. Sangster a donc fait le triplé alors que le seul qui pouvait réaliser le Grand Slam Angleterre – France – Irlande – Italie (qui à l’époque était un pays majeur) fut le Dottor Carlo Vittadini, qui n’avait pas une écurie super puissante, en 1975. Grundy (Great Nephew) lui avait assuré les succès sur les Îles, Orange Bay (Canisbay) s’était imposé dans le Derby italien, et Patch (St Paddy) avait échoué d’une tête à Chantilly face à Val de l’Orne (Val de Loir).

 

La sélection de 45 pouliches. Le dernier doublé Oaks – Prix de Diane remonte à 1987 quand le cheikh Mohammed al Maktoum avait gagné à Epsom avec Unite (Kris) et à Chantilly avec Indian Skimmer (Storm Bird). La casaque avait fait ses débuts dix ans plus tôt et l’écurie était en train de devenir une superpuissance. En Europe, le cheikh avait 45 pouliches de 3ans, chez quatorze entraîneurs différents. Ce chiffre n’a pas augmenté énormément : ce jeudi, le site Godolphin comptabilise 67 pouliches chez neuf professionnels. Aidan O’Brien compte lui 34 pouliches nées en 2015. En 1987, même les superpuissances étaient moins structurées, avec moins de stratégie. Les entraîneurs du cheikh Mohammed qui avaient le plus de pouliches de 3ans étaient le regretté Henry Cecil (six) et Michael Stoute (cinq). Il était difficile d’imposer à l’un ou à l’autre un programme combiné. Et pourtant le doublé a été réalisé avec Unite pour Stoute et Indian Skimmer pour Cecil. En avril, c’était très difficile à imaginer.

 

Unite, l’inattendue. La pouliche du cheikh Mohammed pour les Oaks était Scimitarra (Kris), achetée pour 620.000 Gns à Tattersalls December après deux faciles victoires à 2ans. Après un succès impressionnant lors de sa course de rentrée, c’était le choix de Steve Cauthen dans un trio qui comptait aussi Three Tails (Blakeney), deuxième favorite et entraînée par John Dunlop, et Unite. Scimitarra s’est fracturée un membre en course, Three Tails s’est classée troisième et Unite, proposée à 11/1, a triomphé. Elle avait couru une fois à 2ans avant d’ouvrir son palmarès sur le mile.

 

Indian Skimmer, supplémentée à Chantilly. La presse anglaise à l’époque ne comprenait pas la raison pour laquelle Indian Skimmer n’avait pas été engagée dans les Oaks. Henry Cecil l’avait courue une fois à 2ans, sans gagner, et la pouliche n’avait pas passé un bon hiver. C’est pour cela que le maitre de Warren Place avait choisi de démarrer la saison de la pouliche à Wolverhampton dans une course avec moins de 1.000 £ d’allocations, avant de la présenter dans les Pretty Polly, les Musidora et le Prix Saint-Alary. Cet objectif fut décidé à la dernière minute car Cecil ne voulait pas courir Indian Skimmer sur le terrain léger. Invaincue en quatre sorties à 3ans, Indian Skimmer avait donc une dernière vraie chance classique : le Prix de Diane. Elle fut donc supplémentée. Indian Skimmer a dominé la grande Miesque (Nureyev).

 

Elle ne tenait pas. Indian Skimmer était bien meilleure que Unite et, même si le Prix de Diane fut sa dernière sortie de la saison, le RaceHorses of 1987 lui avait donné un rating de 132 alors que l’autre, malgré un autre succès dans les Irish Oaks, avait décroché 126. La campagne d’Indian Skimmer à 4ans explique a posteriori le choix de son entraîneur. C’était une pouliche de 2.000m et une seule fois, après avoir réussi le doublé Irish Champion – Champion Stakes, elle s’est essayée sur 2.400m. C’était la dernière course de sa carrière et elle s’est classé troisième, par faute de tenue.

 

Pawneese, toute seule. Pour réussir le doublé Oaks –Diane, un propriétaire doit avoir la chance de toucher deux super-pouliches la même année, une de 2.400m et une de 2.100m. Ou bien détenir un monstre comme Pawneese (Carvin) qui, en 1976, avait fait le travail toute seule, en neuf jours, pour la casaque Wildenstein et l’entraînement d’Angel Penna. Elle a ensuite remporté les King George VI and Queen Elizabeth Stakes mais les championnes ne rentrent pas dans les statistiques !