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Jour de Galop

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Florent Gautreau : « Le fil directeur de la grille, c’est le Quinté »

Courses / 06.06.2018

Florent Gautreau : « Le fil directeur de la grille, c’est le Quinté »

Directeur de la rédaction d’Equidia depuis neuf mois, Florent Gautreau est revenu avec nous sur les bons chiffres d’audience d’Equidia, de l'ordre de 38 %, la place dédiée aux parieurs mais aussi aux socioprofessionnels sur la chaîne, la nouvelle grille et la réussite d’Equidia Racing.

Par Christopher Galmiche

Jour de Galop. – Comment expliquez-vous l’augmentation importante de l’audience d’Equidia ?

Florent Gautreau. – Il y a plusieurs facteurs d’explication. Le premier est lié à notre nouvelle grille. Nous avons beaucoup communiqué autour au mois de janvier. Nous avions d’ailleurs fait une performance importante au mois de janvier, boostée par le Prix d’Amérique. Mais j’ai préféré attendre que la tendance se confirme. Nous étions sur une tendance baissière et il est plus facile de faire remonter la courbe lorsque cela a baissé depuis quelque temps. Il y a aussi eu l’arrêt d’Equidia Life, avec une petite partie de l’audience, de l’ordre de 10 % environ, qui avait ses habitudes avec cette chaîne et a continué à regarder Equidia. Là, nous avons analysé les quatre premiers mois sur lesquels nous avons toujours les mêmes tendances, les mêmes résultats sur les mêmes émissions. Nous nous sommes recentrés sur les fondamentaux d’Equidia.

Quels sont-ils ?

Equidia, c’est la chaîne des courses hippiques, des turfistes, des jockeys, des drivers, des entraîneurs, des propriétaires, des éleveurs… Ce n’est pas une histoire de conflits. Je trouve que le sport équestre a tout à fait sa place à la télévision. Mais cela dépend de qui doit porter ce programme. Nous avons clarifié notre message et notre ligne. Cela a porté ses fruits.

Qu’entendez-vous par là ?

Nous avons regardé où était le prime time et nous avons travaillé l’access prime time. C’est une sorte de règle. Le prime time, c’est le Quinté. L’access, c’est l’Avant Courses. Les téléspectateurs reviennent sur le Quinté et ils restent plus longtemps. Le message est clair : le fil directeur de la grille est le Quinté. Nous avons un pic d’audience très fort au moment du Quinté. En partant de cette constatation, il faut donc travailler l’access. Nous avons fait beaucoup d’efforts sur l’Avant Courses, sur le plateau, sur le fond. La petite révolution, qui a été validée par les turfistes et les téléspectateurs, ce sont les envoyés spéciaux sur les hippodromes et les centres d’entraînement. Pour faire le papier et préparer le Quinté, cela a un vrai intérêt.

L’Avant Course a donc eu un vrai impact sur les joueurs…

Lorsque nous lançons une grille, nous attendons les retours. Cette émission répond à ce que désirent les joueurs : ceux qui veulent préparer leur Quinté et ceux qui voudraient passer un bon moment en voyant la vie des courses. J’ai pu récupérer tous les verbatims et très vite, il est apparu que l’Avant Courses était plébiscitée, notamment grâce aux envoyés spéciaux sur le terrain. À l’inverse, d’autres préféraient avoir plus de temps pour les pronos. Mais sur l’Avant Courses, il y a eu peu de critiques, même du côté des professionnels. Pour montrer le travail des entraîneurs, ce qui me paraît capital, il n’y a pas mieux. Après, on nous a questionné sur la place des invités et des socioprofessionnels dans le Lahalle Racing Club. Ce n’est pas que nous n’en voulons pas dans ce genre d’émissions : il y en a eu et il y en aura d’autres. Mais pour les professionnels, je trouve que l’image qu’ils renvoient au travers de l’Avant Courses est beaucoup plus réaliste.

Quelle est la stratégie prévue pour les prochains mois ?

Nous avons eu des chiffres intéressants concernant la moyenne d’âge. Nous sommes passés de soixante-deux ans à cinquante-neuf ans alors que celle de Lahalle Racing Club est passée à cinquante-cinq ans. C’est tout l’enjeu de la filière de pouvoir intéresser des personnes qui n’ont pas l’habitude de parier, de jouer, et de leur permettre de connaître les chevaux. La stratégie était de refaire d’Equidia une chaîne de sport. Les courses, ce n’est pas qu’un sport car c’est lié au jeu. Mais lorsque nous sommes sur les pistes et que nous parlons du Jockey Club, nous parlons de sport. C’est pour cela que j’ai voulu mettre des sportifs comme Lionel Charbonnier et Brahim Asloum par petites touches. Nous allons asseoir notre grille. L’Avant Courses va rester, tout comme Lahalle Racing Club, Off Courses… Pour les professionnels, l’émission Off Courses est une vraie fenêtre. Nous allons continuer de travailler dans ce sens car les personnes veulent ce genre de produit. J’assume le fait d’être dans l’aide aux parieurs, dans la mise en valeur du direct, mais je veux aussi qu’autour, nous regagnions des parts de marché. Une fois que nous aurons fait cela, nous pourrons laisser du temps pour aller voir les professionnels et les mettre en valeur. Nous allons avancer encore sur le direct et le Quinté.

Pouvez-vous nous en dire plus ?

Il y aura une petite surprise sur le Quinté, pour avoir une émission dans l’émission autour de cette course. C’est notre prime time et il faut le travailler. J’ai changé beaucoup de choses dans le Grand Direct : des choses qui ne se voient pas, sur les voltigeurs, sur l’approche des courses, sur la traduction du jargon. J’ai fait toute une liste de préconisations liées à mon expérience de commentateur sportif. Nous allons aussi retravailler l’émission du soir, Infos/Pronos, dans le but de laisser plus de place au Quinté du lendemain. Nous laisserons une place aux pronos, mais une place évolutive en fonction du Quinté. Nous allons aussi développer l’application mobile avec beaucoup plus d’aide aux paris. Elle doit se servir de toute notre force vidéo. Cette application sera disponible en septembre. Nous travaillons aussi sur de l’innovation pour pouvoir, par exemple, montrer aux téléspectateurs qui a fait un faux départ, comme en athlétisme. Il y aura bien sûr de la visibilité pour les professionnels. Par exemple, je fais nommer les propriétaires à l’arrivée d’une course. Il y a des piliers dans l’Institution, comme les propriétaires, les parieurs, et il faut les mettre en valeur. De même, j’avais été surpris à mon arrivée car je trouvais que l’on parlait beaucoup des turfistes et à ces derniers, mais on n’en voyait jamais. Donc nous donnons plus de places aux turfistes, que nous avons installés par exemple dans les émissions.

Une fois que vous aurez redéveloppé les fondamentaux d’Equidia, on peut donc s’attendre à voir plus d’émissions de type Off Courses ?

Nous pouvons voir plus loin encore. Nous continuerons Off Courses, mais j’ai une idée que nous ne lancerons pas dès le mois de septembre, mais un peu plus tard. Il s’agit de faire un reportage sur l’entourage d’un cheval précis, où l’on aura une histoire à raconter.

Après quelques mois de vie, quel accueil Equidia Racing a-t-il reçu ?

Nous en sommes à 2.500 abonnements payants avec un taux de résiliation faible. Nous avons cherché dans un premier temps à régler les problèmes techniques. À nous maintenant de le vendre, y compris auprès des socioprofessionnels. Nous en avons beaucoup qui sont séduits. C’est très bien de pouvoir rester sur un hippodrome en fonction de ses affinités. Le service d’Equidia Racing est en train de prendre car l’idée est top. Cela permet aux turfistes de voir les heats et canters, de faire le papier. Mais cela permet aussi de diffuser les courses étrangères que nous ne diffusions pas du tout. La totalité d’Epsom était sur Racing par exemple. C’est une offre qui est un progrès.