Hinojosa… avec un grand H

Courses / 14.06.2018

Hinojosa… avec un grand H

L’Espagnol Dario Hinojosa joue le jeu des courses françaises depuis plusieurs années. Ce dimanche, il participera à son premier Prix de Diane Longines avec Castellar, avant d’assister à la prestation du grand frère Recoletos à Royal Ascot. Cet éleveur et propriétaire aborde ces deux rendez-vous avec de réelles ambitions.

 

Castellar (American Post) a remporté le Prix Cléopâtre (Gr3) et comptera parmi les pouliches en vue dimanche à Chantilly. Comme Recoletos (Whipper), qui reste sur une victoire dans le Churchill Coolmore Prix d'Ispahan (Gr1), elle a grandi dans l’établissement français de Dario Hinojosa, le haras de Saint Isidro, à Valsemé dans le Calvados.

 

Jour de Galop. - Que représente pour vous le fait de courir le Prix de Diane Longines ?

Dario Hinojosa. - C’est toujours une grande joie de participer à ce genre de courses. Courir un Prix de Diane sous ses propres couleurs, pour n’importe quel passionné, éleveur de surcroît, c’est une grande satisfaction. D’autant plus que Castellar sera ma première partante dans cette épreuve…

 

Quel rôle peut jouer Castellar dans cette épreuve ?

La course me paraît ouverte. Toutes les gagnantes des préparatoires ont leur chance, à l’image de Castellar. Il y a de très bonnes pouliches en lice.

 

Pourquoi avez-vous choisi de croiser American Post avec Highphar, la mère de Castellar ?

Je procède toujours de la même manière : j’essaye de reproduire directement ou indirectement le croisement de la deuxième mère. En l’occurrence Pharatta [issue en troisième génération de Thatch et Special, ces deux chevaux étant propre frère et sœur, par Forli et Thong, ndlr]. Nous sommes donc allés à Whipper (Miesque’s Son) pour produire Recoletos. Cet étalon est très différent d’American Post (Bering), le père de Castellar, mais je cherchais dans les deux cas à reproduire le même croisement [Recoletos et Castellar ont le même inbreeding sur Special, une petite-fille de Thong, en quatrième génération, ndlr]. Parfois, cela marche, d’autres fois cela ne fonctionne pas. Il y a aussi une question de chance.

 

Avec qui Highphar a-t-elle été ensuite croisée ?

En 2017, Highphar a eu une très belle pouliche d’Adlerflug (In the Wings). En 2018, elle est allée à Ulysses (Galileo). Mais elle est restée vide après avoir pouliné tardivement.

 

Cette année, vous aurez également Recoletos pour les Queen Anne Stakes (Gr1). Que représente pour vous le fait d’avoir un partant dans un Gr1 à Royal Ascot ?

C’est la même chose que d’avoir une partante dans le Diane : une grande satisfaction ! Royal Ascot est le meeting le plus prestigieux en Europe. Une grande diversité d’épreuve est au programme et avoir un partant avec une chance dans un Gr1 dans ce contexte, c’est toujours une grande joie.

 

Avez-vous déjà gagné à Royal Ascot par le passé ?

Non. L’année dernière, nous avons couru Recoletos dans les Champion Stakes (Gr1), à Ascot donc, mais pas lors du meeting royal. Il a fait une très grande course finissant quatrième sur une piste très souple. La distance était alors un peu longue. C’est pourquoi nous l’avons raccourci sur 1.600m. Il y a plusieurs années, j’ai eu un cheval qui a couru à Ascot, mais c’était le samedi et à cette époque-là, la réunion ne faisait pas partie du meeting royal. Il se nommait Zarfoot (Zafonic) et était entraîné par Luca Cumani. Il avait gagné une Listed [les New Stakes en 1999, ndlr].

 

Comment avez-vous rencontré Carlos Laffon-Parias ?

Je l’ai toujours connu. Lorsque l’hippodrome de Madrid a été fermé à l’époque d’Enrique Sarasola, les passionnés ont été obligés de se tourner vers un autre lieu et aller à l’étranger. Carlos venait alors de s’installer et il entraînait à Chantilly. C’est un bon entraîneur et un ami, il était logique de lui confier des chevaux.

 

Comment la passion pour les courses vous a-t-elle touché ?

Je suis passionné depuis ma jeunesse. Nous allions à l’hippodrome de la Zarzuela à Madrid avec des amis et c’est comme cela que tout a commencé. Comme tout le monde en quelque sorte. Toute ma famille était passionnée. Petit à petit, on se prend en jeu et c’est ainsi que la passion s’installe.

 

Que pensez-vous des courses en Espagne et de leur situation ?

Apparemment, elles vont un peu mieux et semblent remonter la pente. Je suis les résultats. Mais pas de très près.

 

Combien de chevaux avez-vous à l’heure actuelle ?

J’ai entre huit et neuf poulinières, plus les foals, les yearlings [au haras de Saint Isidro dans le Calvados, ndlr]. À l’entraînement, je n’ai quasiment que des femelles. J’ai quatre pouliches chez Carlos, qui ont 2ans, et j’espère qu’il y en aura quelques-unes de qualité. Parmi elles, j’ai une pouliche qui est la propre sœur de Recoletos. Il faudra voir si nous avons de la chance. C’est une très belle pouliche.

 

[à plat]

Pour aller plus loin…

Il y a un an, après la victoire de Recoletos dans le Prix Greffulhe (Gr2), Dario Hinojosa nous avait parlé notamment de son haras de Saint Isidro dans le Calvados et du choix de ses croisements. Pour relire cet article, cliquez ici http://www.jourdegalop.com/2017/05/recoletos-nouvelle-pepite-de-dario-hinojosa?q=dario%20hinojosa.

 

– Christopher Galmiche.