La folle semaine d’Antoine Bardini

Courses / 12.06.2018

La folle semaine d’Antoine Bardini

Par Alice Baudrelle

Antoine Bardini vit un rêve éveillé. Ce propriétaire corse a en effet vu ses couleurs briller à quatre reprises en trois jours ! L’une de ses victoires a été acquise dans le Prix Aguado (Gr3), samedi à Auteuil, grâce à Porto Pollo (Manduro), qui faisait pourtant figure de Petit Poucet au départ. C’est un propriétaire heureux et passionné qui nous a raconté l’histoire de ce petit cheval devenu grand.

Jour de Galop. – Comment avez-vous vécu cette victoire de Groupe ?

Antoine Bardini. – Pour vous dire la vérité, je n’ai toujours pas réalisé ! Porto Pollo fut mon premier partant et mon premier gagnant à Auteuil, et il m’offre un Groupe dès sa deuxième sortie dans le temple de l’obstacle. C’est complètement fou ! D’autant plus que je viens de remporter quatre courses en trois jours. Eslambrec (Le Triton) a débuté victorieusement sur le steeple à Toulouse vendredi, Porto Pollo a gagné samedi, tandis que Furia (Policy Maker) et Tree of Grace (Gold Away) ont gagné à Prunelli dimanche dernier. En plus, François Nicolle est arrivé en Corse dimanche, sans me prévenir, pour me faire la surprise ! J’ai beaucoup de chance.

Porto Pollo n’est pas impressionnant physiquement. Qu’est-ce qui vous a plu chez lui lorsque vous l’avez acheté aux ventes de yearlings chez Arqana ?

Je l’ai acheté car je possédais sa sœur, Silky Stardust (Tin Horse). Elle avait de la qualité, mais elle était très compliquée et même méchante. Mais je suis un homme têtu, alors j’ai acheté son frère ! Lorsque Porto Pollo a débuté en plat à Salon-de-Provence l’année dernière, il n’a rien compris. Il a recouru trois semaines plus tard à Marseille, et ce jour-là, il s’est carrément arrêté en sortant des boîtes ! Là, je me suis dit que j’étais mal embarqué... C’est là que mon ami Christophe André m’a conseillé de l’envoyer chez François Nicolle pour qu’il le dresse sur les obstacles. Christophe a lui-même deux chevaux d’obstacle chez lui, dont le bon Aragorn d’Alalia (Iris de la Brunie). J’ai alors demandé au premier entraîneur de Porto Pollo, Christophe Escuder, de le faire sauter dans un manège. Il s’y est bien pris, avec un beau geste. C’est comme ça qu’il est parti à Royan ! Pour le clin d’œil, je suis restaurateur à … Porto Pollo, en Corse du Sud, d’où le nom du cheval, car il n’était pas encore nommé quand il est passé aux ventes. Je tiens vraiment à remercier Christophe André. C’est quelqu’un de très gentil, et c’est grâce à lui que j’ai rencontré "el maestro" !

C’est la première année où vous avez des partants en obstacle. Pourtant, cela fait longtemps que vous avez vos couleurs…

Cela fait dix ans, oui. Je n’étais pas vraiment branché obstacle auparavant, mais je dois avouer que j’y ai pris goût ! J’ai désormais trois sauteurs chez François Nicolle : Porto Pollo, Eslambrec et Jeannot de Maulde (Full of Gold). Ce dernier n’est pas vraiment fait pour les hippodromes corses, bien qu’il y ait remporté deux victoires. C’était déjà prévu l’année dernière qu’il aille sur les obstacles à 5ans. Il saute très bien et je pense qu’il devrait débuter dans cette discipline cet été.

Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez eu envie de devenir propriétaire ?

J’ai toujours eu les chevaux dans le sang, car mon père était lui-même propriétaire. Lorsqu’il a arrêté, j’ai donc repris le flambeau ! Mon amour des chevaux passe avant l’aspect financier. De plus, mon épouse, Sandra, me soutient dans ma passion. Un jour, j’ai eu la chance de croiser Daniel Férir. Il était alors entraîneur public. Nous sommes devenus amis et il a fini par devenir entraîneur particulier pour mon compte, à Propriano. J’ai actuellement seize chevaux à l’entraînement chez lui, la majorité d’entre eux étant des anglo-arabes, car il y a beaucoup de courses pour les anglos en Corse. Puis j’ai rencontré Christophe Escuder. Il était jockey à l’époque, et c’est lui qui a monté mon premier gagnant à Prunelli, le 22 juin 2008 ! Le cheval s’appelait L’Olmetain (Donald Duck). Je l’avais également élevé, c’était un vrai cheval de cœur. C’est à Christophe Escuder que je confie mes pur-sang pour le plat. Il s’occupe notamment de Sens du Rythme (Pedro the Great), que j’ai acheté chez Osarus au mois de septembre et qui vient de se classer troisième du Prix la Flèche (L).