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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Ce jeune australien a été surpris en découvrant le Prix du Jockey Club

Courses / 09.06.2018

Ce jeune australien a été surpris en découvrant le Prix du Jockey Club

Le Qipco Prix du Jockey Club vu par un journaliste australien

Par Adrien Cugnasse

Carl di Lorio est un jeune journaliste hippique australien, basé dans la région de Melbourne. Pour ses vacances, il a choisi de découvrir les courses européennes. Ce dimanche, il était présent lors du Qipco Prix du Jockey Club et nous a livré ses impressions.

« J’ai été un peu surpris par la nature du public du Qipco Prix du Jockey Club. On m’avait dit que c’est le Prix de Diane Longines qui attirait le plus de spectateurs. Or, dans la plupart des pays, c’est habituellement le Derby qui attire plus de public que les Oaks. On retrouve cela en Angleterre et en Australie. Mais j’ai aussi constaté que ce dimanche, les spectateurs présents à Chantilly étaient de véritables connaisseurs, qu’ils soient des parieurs avertis ou des personnes ayant un lien avec les courses hippiques. Le Victoria Derby attire 90.000 spectateurs, mais beaucoup de gens sont là pour faire la fête. Ils ne connaissent pas forcément grand-chose aux courses. À Chantilly, le public était beaucoup plus restreint, mais tout le monde semblait maîtriser l’enjeu d’une telle réunion. »

Ne pas condamner Olmedo. « Concernant le Prix du Jockey Club 2018, j’ai entendu plusieurs personnes dire que cette édition n’était pas très relevée. Je pense que le gagnant, Study of Man (Deep Impact) a un bel avenir devant lui, et il pourrait surprendre beaucoup de gens. On peut penser qu’il s’améliorera en vieillissant. Forcément, la contre-performance d’Olmedo (Declaration of War) m’a déçu, car il me semblait que la distance du Jockey Club était plus conforme à ses aptitudes, en me basant sur ses courses précédentes. Il me tarde de voir ce que son entraîneur va choisir pour sa prochaine sortie, car je continue de penser que c’est un bon cheval, certainement l’un des meilleurs à l’entraînement en France. »

Une ambiance différente. « Le rythme des réunions de courses est différent en France. En Australie, il y a huit réunions au galop le samedi. Les courses s’enchaînent à grande vitesse, toutes les cinq minutes et les parieurs passent d’une épreuve à l’autre. Dimanche sur l’hippodrome de Chantilly, l’ambiance était plus détendue, car le temps entre deux épreuves est plus long. On se divertit différemment. Il y a une grande place pour la conversation et la rencontre entre deux courses. J’ai pu visiter les hippodromes de ParisLongchamg, Auteuil et Chantilly. Je trouve qu’ils sont confortables, mais je pense qu’avec la foule des grands événements, l’expérience de chaque personne doit être différente. J’ai aimé le fait d’avoir tout à proximité à Chantilly, avec des temps de marche réduits. Les courses d’obstacles à la française m’ont forcément un peu surpris. On voit les chevaux sauter avant les courses, ce qui n’arrive jamais en Australie. Après la course, les chevaux rentrent à l’écurie beaucoup plus rapidement que chez nous. »

La réussite des chevaux français en Australie. « L’une des raisons qui m’ont poussé à suivre les courses françaises, et à y faire une étape lors de mon voyage, c’est la réussite dans notre pays des chevaux achetés à l’entraînement en France. Ou de ceux entraînés dans l’Hexagone et qui viennent prendre part aux épreuves australiennes. J’ai pris du plaisir à regarder les épreuves de dimanche à Chantilly. Une des particularités des hippodromes français c’est d’avoir de longues lignes droites pour la phase finale. Nous n’avons pas cela en Australie. La sélection est différente ici. Cela implique des méthodes d’entraînement, des structures et des pistes adaptées à vos objectifs de sélection. En Australie, tout est fait pour favoriser la grande vitesse. Le travail réalisé sur les jeunes chevaux en Europe, en particulier sur ceux qui ont de la tenue, leur permet d’avoir une construction solide et c’est l’une des raisons qui expliquent leur niveau de performance lors de leur arrivée en Australie. Je ne suis pas surpris de voir que des propriétaires australiens placent des chevaux à l’entraînement en France. Les victoires de Dunaden (Nicobar) et Americain (Dynaformer) dans la Melbourne Cup leur ont ouvert les yeux. Les chevaux qui arrivent de France ont un certain crédit aux yeux des Australiens. Ils s’adaptent certainement mieux que ceux en provenance d’Irlande ou d’Angleterre, en sachant que les allocations françaises sont bien plus attractives. Dans tous les cas, il n’est pas facile de visionner et de suivre les courses françaises si l’on est anglophone. Peut-être que les courses françaises gagneraient à pouvoir être suivies et comprises des non francophones. Je sais que les budgets ne sont pas illimités, mais une internationalisation de l’audience rendrait le système français plus attractif au niveau global. »