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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Les ratings, le lion et le Campari

Courses / 05.06.2018

Les ratings, le lion et le Campari

– Par Franco Raimondi.

 

Study of Man (Deep Impact) a reçu une valeur de 52 (115 en rating), c’est-à-dire la plus petite depuis le raccourcissement du Jockey Club en 2005. Le Godolphin Masar (New Approach) a été jugé 121 pour son succès de samedi dans le Derby. Il tire vers le haut son dauphin Dee Ex Bee (Farrh), à 118. Troisième, Roaring Lion (Kitten’s Joy) obtient 117, et signe une performance d’une livre plus basse que son top. Le grand favori Saxon Warrior (Deep Impact) signe un 113… en recul de sept livres !

L’arrivée serrée du QIPCO Prix du Jockey Club n’a pas aidé Study of Man. Le handicapeur a simplement augmenté sa précédente valeur de deux kilos et celle de Patascoy (Wootton Bassett) de trois. Louis d’Or et Intellogent, les deux fils d’Intello (Galileo), lauréat en 2013 avec 54,5 à la clé, sont monté respectivement de 3,5 et 2,5 kilos.

 

La comparaison entre le Derby et le Jockey Club confirme le trend de la décennie. La moyenne des valeurs des gagnants à Epsom (55,6) est de presque deux kilos supérieure à celle de Chantilly (53,8). Seul Intello, en 2013, avait reçu un rating égal à celui du Derby winner Ruler of the World (Galileo).

 

Mais attention ! Les valeurs du Derby et du Jockey Club sont comme le résultat d’un match à la mi-temps. Dans la deuxième partie de la saison, il peut augmenter. Les cas plus flagrants sont :

  • Almanzor (Wootton Bassett), qui est passé du petit 52,5 de Chantilly à 58,5 après son coup de deux en Irlande et Angleterre ;
  • et Sea The Stars (Cape Cross), qui était bien meilleur que le 56 affiché à Epsom. Sa démonstration dans l’Arc de Triomphe l’a poussé à 61,5.

 

En attendant les grandes courses inter-générations, je me suis posé une question philosophique. Est-ce-que Roaring Lion, qui me semblait être un coup sûr dans le French Derby s’il avait couru, aurait gagné à Chantilly ? Phil Bull avait inventé les ratings pour mieux placer son argent et ceux de ses amis et clients. Il ne voulait pas classer les courses mais les chevaux…

Le pensionnaire de John Gosden, sur une distance un peu longue (2.400m à Epsom contre les 2.100m de Chantilly), a affiché 117. Disons que sur 2.100 mètres, il pouvait faire 119 (54 en valeur), donc quatre livres plus que Study of Man.

Clairement, je me suis dit que cela en faisait un gagnant (rêvé, seulement) du Jockey Club… Mais là, j’ai eu le souvenir d’une discussion arrosée de Campari avec un entraîneur classique (deux succès dans le Derby) de la classe de Luca Cumani. La question était : combien de livres d’avantage faut-il en théorie avoir pour gagner une course en se mettant à l’abri de mauvaises surprises dans le parcours et d’une possible faute du jockey ? La réponse, que j’ai pris comme une loi, est : huit. Depuis lors, avant de juger un favori imbattable, je calcule s’il est huit livres meilleur que les autres.