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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Louis d’Or, le rêve éveillé de Tony Castanheira

Courses / 29.06.2018

Louis d’Or, le rêve éveillé de Tony Castanheira

Troisième du Qipco Prix du Jockey Club (Gr1), Louis d’Or (Intello) a permis à son entraîneur, Tony Castanheira, et à son propriétaire, Camille Garnier, de connaître les joies d’un podium classique. Quatre semaines après cet accessit face aux meilleurs, le Cantilien nous a donné des nouvelles du fer de lance de son effectif : « Il va très bien et je trouve qu’il est en grande forme. Deux possibilités s’offrent à lui : le Prix Eugène Adam (Gr2, 2.000m, 15/07) ou le Prix Guillaume d’Ornano - Haras du Logis Saint-Germain (Gr2, 2.000m, 15/08). »

Une trouvaille en octobre à Arqana. « C’est un poulain que j’ai acheté 27.000 € à Deauville pour le compte de son propriétaire. Je n’ai pas compris pourquoi il n’avait pas atteint un prix plus élevé. Présenté par le haras du Lieu des Champs, c’était un poulain bien né et plutôt beau. Peut-être que le fait que les deux premiers produits de la mère n’aient rien fait a joué. Je trouvais que le croisement d’Intello (Galileo) sur une fille de Peintre Célèbre (Nureyev) était intéressant. Physiquement, il avait une certaine ressemblance avec son père de mère. Au départ, son propriétaire ne voulait pas trop acheter de yearlings. Mais, une fois dans l’ambiance des ventes, il s’est pris au jeu. Par bonheur, il a toujours su résister aux offres d’achat qui ont fait suite aux bonnes performances de son représentant. M. Garnier rêve d’amener sa famille le jour du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe avec un partant. Nous allons essayer de préparer le poulain dans cet objectif. » 

Malheureux dans la Poule. « Il n’a qu’une seule mauvaise sortie, dans l’Emirates Poule d'Essai des Poulains. Cela s’était très mal passé et il était rentré déferré, avec un clou dans la sole. Son parcours fut terrible. Le poulain n’a pas pu respirer, prenant des coups dans le parcours. C’est la seule fois où il n’a pas répondu présent. Il y a toujours des malheureux dans cette épreuve et la piste n’était pas bonne ce jour-là. À 2ans, il a fait preuve d’une certaine précocité, avec une victoire et cinq places, dont deuxième du Prix Herod (L), en sept sorties. Son physique était plus celui d’un cheval pour la saison de 3ans, mais mentalement il était capable de le faire. En sortant de l’hiver, nous visions la saison classique avec lui. Dans le Prix Djebel (Gr3), il n’était pas avancé dans son travail. Dans le Prix de Fontainebleau (Gr3) il a répondu présent. Louis d’Or a couru dans tous les terrains, et plus les distances s’allongent mieux il se comporte. Il s’est endurci au fil des sorties, car je n’ai pas un autre cheval pour aller avec lui le matin. »

Il ne faut pas condamner le Jockey Club 2018. « Après la déconvenue de la Poule, j’ai été agréablement surpris par le fait que mon pensionnaire soit aussi compétitif. Mon client m’a renouvelé sa confiance et encouragé à poursuivre vers le Jockey Club. Il en a été récompensé. Dans le Qipco Prix du Jockey Club, il était encore parmi les derniers à l’entrée de la ligne droite. Il a refait beaucoup de terrain avant d’échouer du minimum pour la deuxième place. Sa malchance, c’est d’être tombé sur le futur lauréat au moment de prononcer son effort. Study of Man (Deep Impact) a repoussé toutes ses attaques, ce qui l’a peut-être un peu découragé après avoir fourni un bel effort tout au long de la ligne droite. Après la course, certains ont dit de manière trop prématurée que ce n’était pas une bonne édition. Pourtant, on voit que le sixième à Chantilly vient de gagner un Gr3 de quatre longueurs à Royal Ascot. De même, le neuvième s’est ensuite classé bon deuxième d’un Gr2 à Royal Ascot. De plus, les temps du Jockey Club étaient bons et il faut prendre en compte le fait que Louis d’Or et Patascoy (Wootton Bassett) découvraient la distance. Je ne vois pas en quoi c’était une mauvaise édition, sachant que certains chevaux en vue n’ont pas tenu la distance. »