PRIX DE DIANE LONGINES J-3 - John Dance, le propriétaire de Laurens, rêve déjà de l’Arc

Courses / 13.06.2018

PRIX DE DIANE LONGINES J-3 - John Dance, le propriétaire de Laurens, rêve déjà de l’Arc

PRIX DE DIANE LONGINES J-3

John Dance, le propriétaire de Laurens, rêve déjà de l’Arc

John Dance est le propriétaire de Laurens qui sera l’une des concurrentes les plus en vue ce dimanche à Chantilly. À trois jours du classique, ce businessman du nord de l’Angleterre s’est confié sur son parcours et ses ambitions hippiques avec cette élève de Melchior-François Mathet.

Par Charlotte Rimaud

Jour de Galop. - À trois jours du Prix de Diane Longines, comment va Laurens ?

John Dance. – La pouliche va très bien, elle est en pleine forme. Je ne pense pas l’avoir déjà vue aussi bien. Néanmoins, le fait de voyager à nouveau peut laisser planer un petit doute. Nous nous basons sur le fait qu’elle n’a jamais eu de problème pour aller à Deauville l’été dernier ou ParisLongchamp dernièrement.

Quelle sensation cela vous procure de courir à nouveau dans un classique ?

C’est poétique, presque romantique, de revenir dans son pays de naissance pour courir. Cela veut dire beaucoup. C’est un réel honneur, un rêve devenu réalité. Il y a deux ans, lorsque nous l’avons achetée, je plaisantais avec Anna Sundström et son éleveur en disant qu’elle reviendrait en France pour les classiques ! Et pourquoi pas le Prix de Diane. Une blague prémonitoire ? Je ferais plus de blagues si mes prédictions se révèlent vraies (rires) ! Évidemment, les primes sont attractives.

Est-il difficile de résister aux offres ?

Pour le moment, nous avons su résister. Nous avons eu beaucoup d’offres même avant les Guinées. Après cette épreuve, certains ont retenté d’acheter la pouliche. Mais nous aimerions beaucoup avoir des produits de Laurens (Siyouni). Tout nous pousse à penser qu’elle pourrait bien produire. Nous avons l’habitude de vendre les mâles et de garder les femelles. Avoir une jument comme elle, cela n’arrive pas tous les jours, nous avons envie de la garder. Elle avait aussi été nommée avant que nous l’achetions, en hommage à un village français, Laurens. Il s’avère que c’était aussi le prénom de notre fille, c’est une vraie coïncidence. Laurens était faite pour nous !

John Dance a eu ses premiers partants en 2014. Il a accordé une grande interview à nos confrères du Racing Post. Nous vous en proposons quelques extraits.

L’Arc si elle tient. « Le Prix de Diane est évidemment notre premier objectif. Sa prestation conditionnera la suite. Elle doit nous dire si elle est capable de tenir la distance ou non. À Longchamp, elle ne nous a qu’à moitié répondu, car la course était assez lente et cela peut tout changer à la fin. À Chantilly, il faudra se battre pour prendre sa place dans le peloton. Nous verrons donc si elle peut prendre part aux Irish Oaks ou aux Yorkshire Oaks que j’adorerais gagner ! Et puis, il y a peut-être le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. S’il s’avère que nous devons rester sur plus court, nous pourrions regarder vers les Nassau et les Pretty Polly Stakes. »

Sa prestation dans le Saint-Alary. « Nos attentes sont grandes, car nous avons une première chance dans un Gr1 de ce niveau. Lorsqu’elle a gagné en dernier lieu à Paris, elle nous a fait un peu peur. En fait, j’ai eu l’impression de faire une crise cardiaque (rires). Son jockey a dit qu’elle s’était endormie dans les 1.400 premiers mètres. Mais quand il a voulu la réveiller, il a eu un petit souci, vite effacé puisqu’elle a su contrôler jusqu’à la fin. Elle savait ce qu’elle faisait. Son envie de vaincre est incroyable. Elle a remporté quatre de ses six sorties, mais jamais avec plus d’une encolure d’avance. Laurens ne gagnera jamais de plusieurs longueurs, sauf si la course s’avère vraiment très facile. Qu’elle arrive à mettre sa tête devant au bon moment, c’est ce qui nous importe. Elle lutte pour gagner. C’est l’une de ses qualités. Elle est polyvalente, étant capable de revenir de l’arrière ou de faire course en tête. L’idéal pour elle est tout de même d’avoir un dos, car elle sait qu’elle doit dépasser ce cheval à l’arrivée. Mais elle est aussi rapide à la sortie des boîtes désormais. »

Nord vs Sud. « Je trouve qu’il y a beaucoup d’entraîneurs talentueux dans le nord de l’Angleterre. Mais ils n’ont pas autant de chevaux de bonne qualité que ceux basés dans le sud. Peut-être est-ce parce que les propriétaires préfèrent courir sur des hippodromes plus prestigieux du sud. Nous avons pourtant certains des meilleurs professionnels du pays, comme Richard Fahey ou Karl Burke. »

Un jeune élevage. « Laurens est multiple gagnante de Groupe, et deuxième des Guinées, par un étalon en vogue, Siyouni. Nous pourrions donc la vendre et acheter une douzaine de juments, mais elle nous procure tellement d’émotions, c’est incroyable, que le choix n’est pas simple. Elle nous a emmenés à des endroits où nous n’aurions jamais rêvé d’aller. Au départ, mon objectif était de remporter une Listed avec elle. Je n’espérais même pas sérieusement aller sur le Diane. Nous avons aussi le droit de rêver aux potentiels produits qu’elle pourrait nous donner par la suite. Nous avons l’habitude de vendre les poulains et garder les pouliches. Cela pourrait être le plan avec sa production. Nous avons vingt juments à Salcey Forest Stud, dans le Northamptonshire. Nous avons aussi des parts de l’étalon Pearl Secret (Compton Place). »

Propriétaire depuis peu. « Lorsque nous nous sommes lancés dans les chevaux de courses [en 2014, ndlr], j’étais à mille lieues de penser à devenir éleveur. Mais lorsque l’on tombe amoureux des pouliches et que l’on saisit un petit peu le côté économique de la filière, cela aide à se lancer. Je suis gestionnaire de placement et homme d’affaires, tout coïncide. Et là, votre femme vous dit : "Ta capacité à transformer un loisir en business est vraiment très énervante…" Le nombre de chevaux à l’entraînement commence à croître. J’ai toujours été plus ou moins dans les courses : je les ai toujours suivies. Et lorsque j’ai voulu faire connaître mes affaires, j’ai commencé à sponsoriser des courses. Cela me semblait tout à fait logique. Voir le sourire sur le visage des plus petits propriétaires après avoir gagné la course que nous sponsorisions était simplement magique. J’ai ensuite voulu passer de l’autre côté de la barrière. Alors, j’ai commencé à me renseigner, à aller voir des entraîneurs et un mois plus tard, nous nous sommes retrouvés avec six chevaux. J’encourage les personnes à entrer dans des écuries de Groupe. »