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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

ROYAL ASCOT - City Light, le sprint version française

International / 22.06.2018

ROYAL ASCOT - City Light, le sprint version française

Le sprint n’est pas un truc pour les français ? Faux, même si les Diamond Jubilee est le seul Gr1 qui manque aux tricolores. Moonlight Cloud (Invincible Spirit) et Restiadargent (Kendargent) ont trouvé sur leur chemin la meilleure jument de vitesse de l’histoire, Black Caviar (Bel Esprit), en 2012, et, en 2015, Signs of Blessing (Invincible Spirit) était le gagnant à 20m du poteau. Les sprinters de France comptent sept victoires à Royal Ascot depuis 1960, un très bon score. Six succès ont eu pour cadre les King’s Stand (Gr1), qui avant leur promotion en Gr1 et le changement de nom des Cork and Orrery Stakes, étaient la course de référence, et un avec Ratio (Pivotal) dans le Wokingham Handicap, l’une des courses les plus difficiles à gagner.

Les sprinters français lauréats à Royal Ascot

Année       Course                             Gagnant                           Entraîneur

1970         King’s Stand Stakes          Amber Rama                    François Mathet

1975         King’s Stand Stakes          Flirting Around                 Richard Carver

1986         King’s Stand Stakes          Last Tycoon                     Robert Collet

1997         King’s Stand Stakes          Don’t Worry Me               Guy Henrot

2000         King’s Stand Stakes          Nuclear Debate                 John Hammond

2003         Wokingham Handicap     Ratio                                John Hammond

2005         King’s Stand Stakes          Chineur                            Mikel Delzangles

Last Tycoon, le meilleur. Les français n’ont pas gagné les Diamond Jubilee parce qu’à l’époque il s’agissait d’une course de deuxième niveau, une consolante, et les vrais bons chevaux de vitesse étaient dirigés sur les King’s Stand. L’argent est toujours le nerf de la guerre. Le meilleur des français qui ont gagné les King’s Stand est Last Tycoon (Try My Best). Le passage de 1.000 à 1.200m ne l’aurait pas dérangé (en fin de saison, il avait remporté la Breeders’ Cup Mile, Gr1) et en 1986 son rating Timeform était 131, c’est-à-dire quatre livres de plus que celui de Green Desert (Danzig), le meilleur sprinter d’Angleterre.

Une édition de très haut niveau. C’est vrai qu’en Angleterre et en Irlande la vitesse et la précocité ont été développées dans une nouvelle race de pur-sang depuis quelques années mais l’élevage et les courses françaises sont capables de sortir un bon sprinter. On a cité les deux cas les plus récents et ce samedi, dans le Diamond Jubilee, qui offre un niveau de compétition très relevé, le français City Light (Siyouni) s’annonce parmi les concurrents en vue. Il lui faudra avoir beaucoup progressé parce qu’il n’est pas courant de trouver plusieurs sprinters avec un rating de 120 ou plus.

Un poulain qui a beaucoup évolué. Son entraîneur, Stéphane Wattel, nous a confié : « Quand il a gagné le Prix de Saint-Georges, nous nous sommes fixé cette course comme objectif, et nous avons fait l’impasse sur le Gros-Chêne pour le présenter avec de la fraîcheur. Il est au top de sa forme, mais, bien sûr, nous affrontons un lot bien plus relevé que celui qu’il a battu la dernière fois, avec l’élite du sprint européen et même mondial… Le poulain s’est endurci mentalement, et je pense qu’il est suffisamment bien dans sa tête pour supporter l’ambiance de Royal Ascot. Le matin, il est de plus en plus performant, et reste froid jusqu’à ce qu’on lui demande d’accélérer, ce qu’il fait très bien. »

Et son premier partant à Royal Ascot. C’est un autre City Light que l’on a apprécié cette saison. Stephane Wattel ajoute : « La spécialisation sur le sprint a tout changé pour lui. En début d’année, il avait réalisé des démonstrations sur les pistes en sable fibré et il lui restait à confirmer sur le gazon, ce qu’il a fait plaisamment. Ce sera mon premier partant à Royal Ascot. J’ai déjà vécu le meeting en tant que spectateur, grâce à l’invitation de John Corbani, mais y aller avec un partant, c’est encore autre chose ! Le cheval est sorti ce matin à Deauville avant de prendre la route. Le voyage est facile avec le tunnel. »