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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

SPÉCIAL CHARITY DAY - Dix galopeurs qui ont atteint l’élite des sports équestres

Courses / 22.06.2018

SPÉCIAL CHARITY DAY - Dix galopeurs qui ont atteint l’élite des sports équestres

Par Adrien Cugnasse

Si la plupart des anciens chevaux de course sont destinés à faire plaisir à des cavaliers amateurs, certains peuvent atteindre l’élite. Pour sortir des exemples les plus connus en France (Gem Twist, Laudanum, Auleto, Cadeau du Roi…), nous avons fait le choix de limiter notre article à dix sujets vus sur un hippodrome puis actifs dans leur deuxième carrière après 2000.

Le CCI4* de Badminton est la compétition phare – hors championnats – du concours complet d’équitation (CCE). Clifton Promise (Engagement) l’a remporté en 2003. Né en Australie, il a couru cinq fois en plat sans succès. Sa présence à haut niveau n’est pas tout à fait le fruit du hasard, car sa mère avait déjà donné GV Top of the Line (Golden Glimmer), septième des Jeux Équestres Mondiaux en 2002 dans la même discipline. Clifton Promise a lui aussi pris part aux Jeux Équestres Mondiaux, en 2014 à Caen. En 2013, il était numéro 2 mondial à l’équivalent équestre du classement ATP.

Ils ont fait briller les couleurs de la France. Bang Truval (Iron Duke), né chez Bernard le Gentil, avait couru deux fois en plat sans résultat. Il s’est ensuite brillamment reconverti et, avec Karim Florent Laghouag, il a pris part au mythique CCI4* de Badminton. Bang Truval était bien né puisque frère de Barton (Port Étienne), gagnant de Gr1 sur les haies d’Aintree. Cet AQPS était issu d’une vieille souche anglo-arabe de Pompadour, qui a également tracé dans les sports équestres. Séculaire (Pistolet Bleu), né chez Jacques Dorise et Baudouin de La Motte Saint Pierre, avait lui aussi un superbe papier d’obstacle. Sa propre sœur a par exemple donné Bandito Conti (Prix Edmond Barrachin, Gr3). Sa carrière en course ne fut pas à la hauteur de son pedigree mais, sous la selle de l’adjudant Donatien Schauly, Séculaire a été sacré Champion de France de CCE. Il fut aussi un pilier de l’équipe tricolore, participant notamment aux Jeux Équestres Mondiaux et aux Championnats d’Europe. Son père de mère, African Joy (African Sky), et le frère de sa deuxième mère, Valiant Heart (Matahawk), ont fait la monte et ils ont produit des gagnants internationaux en CSO et en CCE.

Pas totalement le hasard. Parfois, et il n’est pas toujours facile d’expliquer pourquoi, un étalon pur-sang anglais produit particulièrement bien dans les sports équestres. C’est le cas de Kashmir Ring (Kashmir). Après avoir fait carrière dans le Sud-Est (deuxième du Trabaud !), cet élève de Mme François Dupré fit la monte dans le Sud-Ouest, où il a donné deux internationaux en concours complet. Titulaire de quatre modestes places en neuf sorties, Blakring, né chez Michel Castillo, fut médaillé d’argent par équipe aux Championnats d’Europe de CCE avant de prendre part, sous la selle de Gilles Viricel, aux Jeux Équestres Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. Avant cela, il avait remporté le CCI3* de Boekelo avec Didier Willefert. Milcane, né chez Louis Caniveng, a permis à Benoît Parent de franchir toutes les étapes, des concours amateurs jusqu’au CCI4* de Badminton. Il avait couru quatre fois sans succès sur les haies à 3ans. 

Les trois vies de Prima d’Or. Prima d’Or (Roseau d’Or), un élève de Françoise Olivier et Ginette Gaillard, a dans un premier temps couru assez modestement en plat, parvenant tout de même à se classer troisième du Prix du Ministère, la course de référence pour les mâles anglo-arabes de 3ans en plat. Froid, dur et courageux, il eut une deuxième carrière en CSO bien meilleure, au point d’intégrer l’équipe de France avec Aldrick Cheronnet et de se classer notamment dans les Coupes des Nations de Poznan, Prague, Linz, Athènes et Bratislava. Dans un troisième temps, au haras, Prima d’Or s’est révélé être un étalon tout à fait valable, produisant notamment Kaline de Dun, réserviste pour les JO de Pékin. Le pedigree de cet anglo-arabe, bien que né pour courir, comportait trois courants de sang qui avaient donné des internationaux en CSO : Fayriland II (Thailand), Garde Cœur (Mourne) et Rio Negro (Nithard).

Aux quatre coins du monde. Les anciens galopeurs sont plus rares à très haut niveau en CSO qu’en CCE et il faut sortir des frontières de l’Hexagone pour en retrouver à partir des années 2000. Le meilleur fut certainement Favoritas (Rejtar), un pur-sang né en Russie. Doté d’une technique de saut et d’un courage impressionnant, il s’est notamment classé dans les Coupes des Nations de Poznan et Drammen. Avec la Norvégienne Nina Braaten Johnsen, il avait fait sensation en se classant troisième des Sires of the World face aux meilleurs belges et hollandais. Après une modeste carrière en plat, Mr Burns (Favoured Bay) fut membre de l’équipe australienne aux Jeux Équestres Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. Pharaon (Columbanus), qui sautait avec l’équipe brésilienne aux Jeux olympiques d’Atlanta, tournait encore au niveau international dans les années 2000. Né en Argentine et lauréat de trois courses de 1.400 à 1.600m, Roven (Lefty) fut ensuite exporté aux Etats-Unis, où il s’est montré performant au niveau Grand Prix 1,50m. Il a terminé sa carrière aux Pays-Bas, chez Team Nijhof, un des plus grands vendeurs de saillies d’Europe.