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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TRIBUNE LIBRE - Avant qu’il ne soit trop tard…

Courses / 28.06.2018

TRIBUNE LIBRE - Avant qu’il ne soit trop tard…

Par Jean-Christian Huard, représentant de l’écurie Hélios

« Le 18 juin, la Cour des comptes publiait un rapport sur l’Institution des courses. Le 26 juin, l’Association des propriétaires au galop de l’Île-de-France, du Nord et de la Haute-Normandie tenait son Assemblée générale. Cruel rapprochement de deux dates. D’un côté, un rapport précis et argumenté dont on peut certes discuter certains points, dressant un constat pour le moins alarmiste sur la situation de l’Institution des courses (galop, trot et PMU). De l’autre, une Assemblée totalement surréaliste, déconnectée des réalités, le rapport de la Cour des Comptes étant à peine évoqué, entre la cour d’école et le combat de chiffonniers. Jour de Galop en a fait un compte rendu assez exact, quoique ne reflétant pas la totale incompréhension et l’immense sentiment de gâchis qui ont envahi la majorité des propriétaires présents.

Pour résumer : deux clans s’interpellant violemment sans même prendre la peine de s’écouter, se prenant à partie, s’invectivant. Deux clans qui n’ont pu ni présenter ni développer en séance leurs programmes respectifs. Ce n’était, paraît-il, plus l’heure, « la campagne électorale étant terminée » … Bel exemple de respect des votants. Il est vrai que les deux clans avaient envoyé aux adhérents leurs professions de foi mais il faut bien reconnaître que l’imagination, une fois encore, n’était pas au pouvoir. Ajoutons, pour parachever le tableau, un scrutin qui ne restera pas un modèle de transparence et de démocratie (vote à bulletin nominatif, absence de scrutin de liste). Soyons honnêtes, dans ce triste tableau, les torts entre les deux parties sont sans doute partagés.

Nous pourrions en rire si ceci n’était pas une parfaite illustration de ce qu’est devenu le galop, de haut en bas, de la société-mère aux diverses associations censées défendre les intérêts des différents acteurs du monde des courses.

Face à une activité, les courses, aujourd’hui en perte de vitesse, sans doute largement dévalorisées et démodées, supplantées par de nouveaux loisirs ayant su conquérir les générations montantes, il y a des dirigeants essentiellement préoccupés par le fait de conserver leurs places. Face à une source de financement, le PMU, dont on ne sait quand la chute s’arrêtera, il y a des dirigeants se complaisant en querelles de personnes.

Si ceci n’était également l’illustration des maux dont souffre le galop : le faible renouvellement des dirigeants et une démocratie toute relative.

Je n’aurai pas la cruauté de rappeler le nombre de mandats effectués par certains, qu’ils soient membres du Conseil de France-Galop, présidents ou membres de syndicat, ni celle de rappeler combien de membres de notre Institution sont fils ou filles de, neveux ou nièces de… (quand bien même je serais admiratif des grandes dynasties). Et si la majorité des membres sont élus, les élections ne servent bien souvent que de chambres d’enregistrement pour des cooptations entre amis. D’aucuns rêvent de voir revenir de jeunes propriétaires, issus du monde de l’entreprise. Encore faudrait-il que notre Institution se montre sous un jour plus attrayant.

Et enfin, last but not least, si ce n’était l’illustration sans appel de la maladie dont le galop risque de mourir : l’absence d’idées réellement novatrices, disruptives, comme on le dit à présent.

Je laisse à Albert Einstein la conclusion : « Ce n’est pas avec ceux qui ont créé les problèmes qu’il faut espérer les résoudre. »

P.S : Ce qui vaut pour le galop vaut au moins autant pour le trot.