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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TRIBUNE LIBRE - Signe des temps: privatiser et moderniser le PMU

Courses / 06.06.2018

TRIBUNE LIBRE - Signe des temps: privatiser et moderniser le PMU

« Nous devons vivre avec notre temps. Le progrès galopant de la technologie et du numérique, l’évolution des loisirs et un monde autour de nous en pleine mutation financière et sociale nous obligent à évoluer et à nous adapter aux nouvelles réalités, aux challenges et aux opportunités qui s’ouvrent à nous. Notre monde hippique et nos Institutions doivent s’adapter pour pouvoir survivre et, à terme, pourquoi pas, croître à nouveau.

Ceci passe en priorité par la réforme des statuts de nos Institutions, qui datent de 1984, un autre temps, à commencer par le PMU. Le gouvernement l’a bien compris et nous oriente vers cette direction.

Le changement du statut du PMU de G.I.E. en S.A. (société anonyme) est une priorité. Naturellement, ses actionnaires de référence resteront les sociétés de courses, sans qu’aucune contribution financière de leur part ne soit exigée, car le PMU constitue un actif pour elles. L’État devra redéfinir sa nouvelle position statutaire d’éventuel actionnaire ou autre, sachant que son objectif principal est le maintien ou la croissance de l’activité et des 80.000 emplois directs ou indirects que génèrent le monde hippique et ses paris.

Le nouveau "PMU S.A." se traduira avantageusement par :

- Une levée de fonds frais, en cas d’introduction en Bourse, qui pourraient être utilisés pour des nouveaux investissements favorables à son activité.

- Un accès à l’emprunt bancaire ou obligataire, impossible avec le statut actuel.

- Une meilleure visibilité des comptes avec des résultats trimestriels détaillés.

Les allocations dont bénéficient les sociétés-mères pourraient être maintenues sous deux formes :

- Une éventuellement fixe, comme charge d’exploitation du PMU S.A.

- Une variable avec un dividende lié au résultat du PMU S.A.

- Un changement de mentalité positif au sein de l’entreprise, comme il existe dans une société privée, qui se bat quotidiennement pour l’optimisation des résultats.

- Une mutation rapide vers des technologies nouvelles, pour proposer des paris hippiques attractifs, comme ils existent sur le pari sportif devenu notre concurrent numéro un, afin d’attirer une nouvelle clientèle de jeunes. L’Australie a réussi ce changement avec des courses hippiques et des paris en pleine croissance, et elle pourrait servir d’exemple.

L’idée de certains de se rapprocher ou de s’associer à la FDJ doit être complètement écartée, car il existe une différence fondamentale entre le pari hippique, qui finance toute une filière, et les loteries ou le pari sportif opérés par la FDJ. Ces derniers ont des marges nettement supérieures. C’est un autre métier et cela serait notre condamnation à terme.

Nous, propriétaires et éleveurs, nous voulons un PMU fort et moderne, qui stimule l’intérêt des jeunes et de la communauté financière. C'est cela notre vision : nous devons, tous ensemble, apporter notre contribution pour réussir dans cette direction. »

Stéphane Constantinidis et François Corda, propriétaires et éleveurs