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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Cherche français désespérément…

Courses / 09.07.2018

Cherche français désespérément…

France Galop a enregistré ce lundi matin les premiers forfaits du Juddmonte Grand Prix de Paris (Gr1), qui se courra samedi à ParisLongchamp. Seize chevaux sont restés sur les rangs, dont seulement deux entraînés en France, Neufbosc (Mastercraftsman) et Folamour (Intello).

JUDDMONTE GRAND PRIX DE PARIS

Gr1, 3ans, 2.400m

# Engagé Entraîneur

1 Crossed Baton J. Gosden

2 Dee Ex Bee M. Johnston

3 Neufbosc Mme P. Brandt

4 Delano Roosevelt A. O’Brien

5 Giuseppe Garibaldi A. O’Brien

6 Kew Gardens A. O’Brien

7 Loxley C. Appleby

8 Lucius Tiberius A. O’Brien

9 Flag of Honour A. O’Brien

10 Hunting Horn A. O’Brien

11 Nelson A. O’Brien

12 Downdraft J. O’Brien

13 Marechal Ney J. Gosden

14 Rostropovich A. O’Brien

15 Folamour A. Fabre

16 Latrobe J. O’Brien

Les forces en présence. Pour le moment, et avant les supplémentations de mercredi, seuls deux 3ans entraînés en France tenteront de succéder à Shakeel (Dalakhani). Neufbosc a gagné le Prix du Lys (Gr3), la traditionnelle préparatoire au Grand Prix, alors que Folamour a ouvert son palmarès pour sa quatrième sortie, dans un maiden disputé à ParisLongchamp sur 2.100m. Il avait auparavant été devancé par Hush Writer (Rulership), futur troisième du Prix Hocquart Longines (Gr2) et exporté depuis en Australie.

La famille O’Brien, père et fils, détient dix des seize poulains restés engagés. Joseph a laissé Latrobe (Camelot), le lauréat du Derby irlandais (Gr1), ainsi que Downdraft (Camelot), qui arrive des handicaps. La ligne du Curragh pourrait aussi être représentée par Rostropovich (Frankel), Delano Roosevelt (Galileo) et Dee Ex Bee (Farrh), seulement septième après sa deuxième place du Derby d’Epsom (Gr1), pour l’entraînement de Mark Johnston. Premier et troisième du Queen’s Vase (Gr2) à Royal Ascot, Kew Gardens (Galileo) et Nelson (Frankel) sont encore en lice. Flag of Honour (Galileo) et Giuseppe Garibaldi (Galileo) viennent de prendre les deux premières places de la Curragh Cup (Gr2). Hunting Horn (Camelot) a couru samedi le Belmont Derby (Gr1). À première vue, on pourrait dire que sa participation est incertaine, mais Aidan O’Brien a bien couru Athena à six jours d’intervalle… Lucius Tiberius (Camelot) a plutôt un profil de leader…

John Gosden a laissé un représentant du prince Khalid Abdullah, le sponsor de l’épreuve. Ce Crossed Baton (Dansili) vient de conclure deuxième des Hampton Court Stakes (Gr3), à quatre longueurs et demie de Hunting Horn… Marechal Ney (Frankel), l’autre Gosden, est encore maiden en deux tentatives…

Loxley (New Approach) complète ce lot provisoire. Ce "Godolphin-Appleby" est un fils de la lauréate de Gr1 Lady Marian (Nayef). Il a gagné facilement pour sa rentrée (tardive), le 22 juin, à Newmarket, avec un Racing Post rating de 101. Son dauphin, Raymond Tusk (High Chaparral), a été bien battu dans les Eclipse Stakes (Gr1) ce samedi.

Comment expliquer une telle désaffection des entraîneurs français ? Au cours des cinq dernières éditions de la course, la moitié ou plus du peloton était composée de poulains entraînés en France. Deux unités (même s’il est toujours possible de supplémenter !), c’est donc notable. Les raisons de cette raréfaction de la présence française sont évidemment multiples. Nous en avons détaché deux.

- Un réservoir restreint de chevaux de tenue…

Cette explication est la plus évidente. L’élevage s’étant tourné vers la vitesse et la précocité, le nombre de chevaux capables de tenir 2.400m diminue. Pourquoi ce phénomène serait-il plus accentué en France que chez nos voisins britanniques ? Parce que, globalement, le réservoir de chevaux y est moins important. Le Prix du Lys n’avait réuni que sept candidatures, dont cinq françaises ; le Prix de l’Avre (L), six. Le Prix Hocquart Longines, désormais autre préparatoire au Juddmonte Grand Prix de Paris, avait attiré huit partants, dont sept français.

- … et la crainte des entraîneurs de les abîmer

On le sait, mi-juillet, la piste de ParisLongchamp est souvent légère. Si les entraîneurs britanniques ont l’habitude de courir sur des terrains parfois mesurés en dessous de 3 au pénétromètre, les français y sont beaucoup plus réticents. Et cette crainte n’a fait que se renforcer cette année, car la piste de ParisLongchamp est loin de faire l’unanimité. Ainsi, Al Malhouf (Dutch Art), deuxième du Hocquart, est-il préservé pour l’automne, selon ce que Fabrice Chappet nous a déclaré il y a quelques jours. Nocturnal Fox (Farrh), qui l’a battu à Chantilly, a aussi été retiré de la liste ce lundi, comme Mahoe (Doctor Dino) et King of Camelot (Camelot), les victimes de Neufbosc dans le Lys.

Une portion de plus de dix mètres préservée depuis plus d’un mois

Afin d’offrir samedi les meilleures conditions possibles aux compétiteurs, une portion de la piste de ParisLongchamp a été préservée depuis plus d’un mois. Jean-Guillaume d’Orglandes, directeur des pôles pistes et espaces verts pour les hippodromes de l'Ouest parisien, nous a confié : « Samedi, la lice sera à zéro dans la ligne d’arrivée, et à 6m pour l’open-stretch. Une portion d’une dizaine de mètres a ainsi été épargnée de courses pendant plus d’un mois. Actuellement les températures sont chaudes, avec des vents de nord-est. L’objectif est d’avoir samedi matin un terrain bon souple à 3,3-3,4, qui s’orientera vers le bon pour la semi-nocturne. Pour ce faire, nous procédons chaque jour à des arrosages de 15mm à 20mm. La difficulté est que nous avons aussi une nocturne jeudi soir… Nous procéderons à un dernier arrosage vendredi matin, puis à un bassinage vendredi soir (c’est-à-dire à un apport d’eau de 5mm à 8mm). »