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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

KING GEORGE VI AND QUEEN ELIZABETH STAKES (GR1) - Poet’s Word, un autre record pour Sir Michael

International / 28.07.2018

KING GEORGE VI AND QUEEN ELIZABETH STAKES (GR1) - Poet’s Word, un autre record pour Sir Michael

ASCOT (GB), SAMEDI

Sir Michael Stoute ne pouvait pas rêver mieux pour sa 46e saison comme entraîneur. En juin, il est devenu le recordman de Royal Ascot et, ce samedi, avec Poet’s Word (Poet’s Voice), le cheval qui lui avait permis de surpasser Sir Henry Cecil, il a signé son sixième succès dans les King George VI and Queen Elizabeth Stakes (Gr1). Il s’est séparé du major Dick Hern et de Saeed bin Suroor, ceux qui ont gagné à cinq reprises l’Arc de l’été anglais, et il l’a fait avec la manière, en signant le jumelé. Entre son autre pensionnaire, Crystal Ocean (Sea the Stars), et le reste du monde, c’est-à-dire la troisième, Coronet (Dubawi), le juge a compté neuf longueurs.

Un joli spectacle. On craignait avoir perdu la course après le forfait de Cracksman (Frankel) mais les deux chevaux de Sir Michael Stoute nous ont offert un magnifique spectacle et l’entraîneur, tout de suite après le passage du poteau, a déclaré : « Ce sont deux athlètes magnifiques et courageux, c’est dommage qu’un des deux soit sorti battu. Le jockey de Poet’s Word aurait dû se montrer sage et terminer dead-heat avec Crystal Ocean ! » C’est du Stoute AOC, exactement comme ses deux chevaux : tardifs, capables de progresser à chaque sortie.

Un rating canon : 128 d’après Racing Post. L’entraîneur a ajouté : « Les deux sont difficiles à séparer, pour moi mais aussi pour le handicapeur. Ils ont fait une valeur exceptionnelle. » Le Racing Post a affiché tout de suite 128 pour le gagnant et 127 pour le battu. C’est la même valeur qu’Enable (Nathaniel), qui dans une course théorique aurait battu les deux avec l’aide de la décharge, alors que Harbinger (Dansili), qui avait donné à Sir Michael Stoute le cinquième succès en 2010, reste le lauréat avec le plus haut rating (135) de ce siècle.

Un train d’enfer. Poet’s Word est donc un grand gagnant de King George et le chrono de la course (2’25”84) est le deuxième après celui de l’allemand Novellist (Monsun), qui avait bouclé le parcours en 2’24”60. Le chrono total et les partiels sont un signe de course sélective, peut-être trop. Rostropovich (Frankel) et Salouen (Canford Cliffs) sont partis comme pour un sprint et Crystal Ocean a suivi le train exagéré des deux. Son jockey, William Buick, a décidé de faire parler la tenue et il est parti de bonne heure alors que James Doyle a patienté encore avec Poet’s Word dans le dos de Coronet. Quand il a déboîté Poet’s Word, au début de la ligne droite, Crystal Ocean semblait parti pour la gloire. Doyle a eu raison en attendant le plus possible mais on ne peut pas accuser Buick d’avoir précipité l’attaque. Poet’s Word a gagné parce que, d’après une règle centenaire, le cheval avec une pointe de vitesse a toujours raison.

Peslier, sage troisième avec Coronet. Les neuf longueurs qui séparent les Stoute de Coronet sont un océan. Olivier Peslier a atteint l’objectif de la troisième place sans donner une course dure à sa pouliche. Le jockey français avait déjà compris à 500m du poteau qu’il fallait aller à l’essentiel, c’est-à-dire battre Salouen, qui a eu raison du seul 3ans, Rostropovich, très décevant. Le poulain a peut-être fait le boulot pour Hydrangea (Galileo), qui a couru comme si elle était surgelée ! Seuls les commissaires ont fait pire : ils ont donné quatre jours de mise à pied à James Doyle et deux à William Buick pour abus de la cravache. Franchement, on a admiré la beauté de la course sans compter les coups de cravache…

Sir Michael et l’Arc. Sir Michael Stoute n’a pas avancé, comme d’habitude, les programmes de ses deux chevaux. Poet’s Word pourrait bien aller sur les Juddmonte International (Gr1), dont il est le favori à 2/1, avec le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe comme objectif d’automne. Sa cote a été revue à la baisse de 12/1 à 8/1 pour le rendez-vous de ParisLongchamp. Sir Michael Stoute a gagné l’Arc de Triomphe en 2010 avec Workforce (King’s Best) mais le record de ses lauréats des King George n’est pas si brillant. Trois parmi eux – Shergar (Great Nephew), Golan (Spectrum) et Harbinger – n’ont pas couru, alors qu’Opera House (Sadler’s Wells) s’est classé troisième en 1993 et Conduit (Dalakhani), quatrième en 2009.

Le meilleur produit de Poet’s Voice. Poet’s Word a été acheté 300.000 Gns chez Tattersalls et il est le seul gagnant de Gr1 issu de Poet’s Voice (Dubawi), qui est décédé ce printemps, quelques mois avant l’explosion de son meilleur produit et le doublé classique en Italie signé par Summer Festival, lauréat du Derby, et Sand Zabeel, qui s’est imposée dans les Oaks. La mère, Whirly Bird (Nashwan), placée black type, avait déjà produit la bonne Malabar (Raven’s Pass), deux fois gagnante de Gr3. La deuxième mère, Inchyre (Shirley Heights), a donné le gagnant de Gr3 Ursa Mayor (Galileo) et est une demi-sœur du très bon étalon Inchinor (Ahonoora). La souche a été développée depuis des décennies par la famille Oppenheimer, exactement comme celle de Cracksman.

La pouliche Incharge (Kingman), demi-sœur de 2ans de Poet’s Word, a été acheté 200.000 Gns à Tattersalls. Elle est chez Charles Hills et pourrait faire ses débuts jeudi à Goodwood. Whirly Bird a un foal, lui aussi par Kingman (Invincible Spirit).