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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Les choix gagnants de Théo Bachelot

Courses / 24.07.2018

Les choix gagnants de Théo Bachelot

Théo Bachelot a changé de stature cette année. Ne l’appelez plus le Deauvillais ! Le jeune homme n’a pas hésité à partir au Qatar cet hiver, et cette première expérience internationale a encore des répercussions sur sa carrière…

Jour de Galop. – Le Festival de Vichy vient de se terminer, et pour vous, ce fut cinq journées bien pleines…

Théo Bachelot. – Le meeting a commencé avec un succès dans l’étape du Défi du Galop avec Nagano Gold (Sixties Icon), pour Vaclav Luka. Puis j’ai gagné le Grand Prix (Gr3) avec Noor Al Hawa (Makfi), et je n’ai été battu que du minimum avec Wireless (Kentucky Dynamite) dans le Prix Jacques de Brémont (L). Avec deux autres succès au compteur, j’ai réalisé un très bon festival, le meilleur depuis que j’y prends part. Tout s’est bien "goupillé".

Noor Al Hawa, on peut dire que c’est une des conséquences de votre hiver passé au Qatar ?

J’avais gagné pour son propriétaire, Ali Hamad Al Attiya, au Qatar, et j’ai rencontré Georges Mikhalides là-bas. J’avais vu Noor Al Hawa évoluer à Doha, mais je n’avais pas eu l’occasion de le monter en course. Elias Mikhalides, le fils de Georges, s’est installé récemment à Chantilly, et il a reçu ce tout bon cheval. Elias m’a fait confiance dans le Grand Prix de Vichy et je lui en suis reconnaissant.

Comment et pourquoi avez-vous décidé de partir au Qatar cet hiver ?

C’est la conjugaison de plusieurs facteurs. Je n’avais pas très envie de faire un nouveau meeting de Cagnes-sur-Mer. Désormais, il faut faire beaucoup de déplacements depuis Cagnes, et c’est très fatigant. On n’a aucun répit, car les jours sans courses à Cagnes, il faut aller à Pornichet par exemple… J’ai appris qu’on cherchait un jockey au Qatar, mais je ne savais pas pour qui c’était. J’ai appris que c’était pour la casaque d’Al Shahania et l’entraînement de Julian Smart, c’est une proposition que l’on ne peut pas refuser. Je suis encore jeune, et je pensais aussi que voir autre chose me ferait progresser.

Il vous a fallu vous adapter aux chevaux arabes, à un nouvel hippodrome, une nouvelle façon de travailler, un nouvel environnement… Comment cela s’est-il passé ?

Je n’avais jamais vraiment monté de chevaux arabes, mais l’adaptation a été rapide. Ce sont des chevaux de course, et ceux d’Al Shahania comptent parmi les meilleurs ! Monter des bons chevaux, c’est toujours plus facile… Concernant le tracé de l’hippodrome d’Al Rayyan, assez petit, c’est assez similaire à ceux des hippodromes de province que j’ai beaucoup pratiqués. La collaboration avec Julian Smart a fonctionné à merveille : j’ai essayé de faire de mon mieux, et de son côté, il m’a accordé toute sa confiance. Nous avons réalisé une très bonne saison, et j’ai même terminé deuxième du classement des jockeys, sans être resté la totalité de la saison. Je suis toujours en contact avec Julian Smart. Je suis allé travailler des chevaux à Chantilly pour lui, et je dois monter certains de ses pensionnaires à Newbury et à Goodwood, dans des Grs1PA. Là encore, c’est une vraie marque de confiance. Concernant le nouvel environnement, j’ai eu la chance de pouvoir emmener ma femme et mon fils avec moi. Une fois que nous avons pris nos marques, nous nous sommes sentis bien dans ce nouveau cadre de vie. Si on me propose d’y retourner l’hiver prochain, je le ferai, évidemment.

De quel œil Stéphane Wattel, votre patron, vous a-t-il regardé partir ?

Même s’il ne m’en a pas parlé ouvertement, j’imagine que cela ne l’arrangeait pas spécialement que je parte, au moment du meeting d’hiver de Deauville de surcroît. Mais il était aussi conscient qu’il s’agissait d’une proposition que l’on ne peut pas refuser. Nous sommes évidemment restés en contact étroit pendant que j’étais là-bas. Il était très content que je réussisse, lui qui m’a formé de A à Z. Et puis il a récupéré un jockey en forme et en confiance ! Je travaille pour Stéphane Wattel depuis onze ans. Parfois, cela peut être bénéfique de s’éloigner un peu pour mieux se retrouver !

Avez-vous un jour songé à exercer votre métier ailleurs qu’à Deauville ?

Bien sûr, j’y ai pensé. Mais Chantilly, c’est bien différent. Je pense qu’il est plus dur d’y faire sa place. Ici, nous sommes bien, nous travaillons dans un cadre de vie que nous apprécions, l’entente au sein de l’écurie de Stéphane Wattel est bonne, la qualité des chevaux progresse grâce au travail de tous… Et j’ai réussi à gagner beaucoup de courses en étant basé ici !

Le meeting de Deauville commence samedi. En tant que local de l’étape, est-il encore plus important de briller ?

C’est évidemment un rendez-vous important de l’année pour tout jockey. Il faut avoir les bonnes cartouches, et pour cela, je peux faire confiance à mon agent, Alexis Doussot. Au début, c’est toujours un peu difficile, quand il y a tous ces bons maidens avec des casaques sous contrat. Mais petit à petit, cela se décante et se met en route…

Quels objectifs vous êtes-vous fixés cette année ?

J’aimerais terminer dans le top dix. L’an dernier, j’étais dans le top cinq, mais cette année, j’ai raté plusieurs semaines de courses françaises en étant au Qatar, perdu quelques clients aussi du fait de mon absence, et j’ai été sur la touche deux semaines. Mais au niveau du pourcentage de gagnant par monte, je suis dans le même rythme.