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Jour de Galop

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QATAR GOODWOOD FESTIVAL - Retour vers le futur

International / 30.07.2018

QATAR GOODWOOD FESTIVAL - Retour vers le futur

La mer n’est pas loin, à une quinzaine de kilomètres. Mais, heureusement, on ne la voit pas parce que pour se plonger dans les eaux grisâtres de Bognor Regis, il faut du courage ! Chichester, la ville la plus proche, est à cinq miles. Il y a une belle cathédrale, quatre pubs plutôt moches et le meilleur restaurant du coin n’est pas la bonne adresse pour un gourmet. Heureusement, Goodwood possède un hippodrome sur les collines et un meeting qui est le plus amusant de la saison anglaise. Deauville, c’est autre chose, mais l’ambiance décontractée de Glorious Goodwood, ou du Qatar Goodwood Festival, transforme un après-midi aux courses en pur plaisir. Le turfiste continental peut jouer aux Anglais, avec un panama sur sa tête, un verre de Pimm’s et des Cumberland sausages accompagnées par des oignons braisés (pas faciles à digérer).

Cinq réunions, trois Grs1. Il y a vingt-cinq ans, Glorious Goodwood avait un seul défaut : le meeting durait cinq jours et les moments forts, la Stewards’ Cup – le grand handicap pour les sprinters – et les Sussex Stakes (Gr1) étaient programmés lors des deux premières journées. De mercredi à samedi, la qualité était normale, les Nassau Stakes étaient un Gr2 pour les femelles d’âge et, pour un turfiste pur et dur, cinq jours de handicaps, c’était beaucoup trop. Petit à petit, avec le sponsoring du Qatar, le meeting est monté en puissance. Depuis la promotion de la Goodwood Cup, il y a trois Grs1 et le programme s’est étoffé. Le jeudi et le vendredi sont encore assez tranquilles mais, durant cette semaine, nous aurons droit à de belles courses, avec l’addition d’une petite boutique sale mercredi, après les Sussex Stakes.

Le français Orbaan dans les Sussex Stakes. Le moment fort du meeting se situe mercredi, même si, cette année, les Sussex Stakes ne font pas figure de course décisive pour la couronne européenne des milers. Les 3ans affrontent pour la première fois dans un Gr1 leurs aîinés. Without Parole (Frankel) est le favori, mais Expert Eye (Acclamation), retrouvé dans les Jersey Stakes (Gr3), est un bon adversaire, tout comme Gustav Klimt (Galileo) ? André Fabre propose Orbaan (Invincible Spirit) dans une course que la France a remportée deux fois dans les vingt-cinq dernières éditions, avec Solow (Singspiel) en 2016 et Bigstone (Last Tycoon) en 1993.

Le coup d’envoi avec Stradivarius. Le favori des Sussex sera monté par Andrea Atzeni, associé également à Stradivarius (Sea the Stars), le cheval à battre dans la Goodwood Cup. Le pilote sarde remplace son ami et mentor Frankie Dettori, qui purge une mise à pied jusqu’à jeudi. C’est à Goodwood, mais pas lors du Glorious meeting, que Frankie avait remporté son premier succès en Angleterre, le 9 juin 1987, en selle sur Lizzie Hare. C’était il y a trente et un ans déjà et Lanfranco ne pense pas du tout à raccrocher ses bottes. Andrea Atzeni – surnommé par son ami Gavino, le prénom plus commun parmi les bergers en Sardaigne – en remplacement de Frankie, c’est un peu un voyage dans le futur. Mais pas très proche !