APPARENCES

01.08.2018

APPARENCES

C’est bien connu, en France, les courses de pur-sang arabes, c’est toujours la même chose : des chevaux gris, pour de grands propriétaires des pays arabes, qui s’imposent dans les Groupes. Pourtant, les sept premiers mois de la saison 2018 battent en brèche ces idées reçues. Depuis le mois d’avril, treize courses de Groupe pour pur-sang arabes se sont courues dans l’Hexagone, avec à la clé treize lauréats différents, mais seulement deux chevaux gris en tête au moment de passer la ligne d’arrivée ! Cette digression pigmentaire n’est pourtant pas un détail. Elle reflète une réelle diversité des pedigrees pouvant donner des lauréats à haut niveau en France. Et c’est une très bonne chose pour l’avenir de la race, car pour pouvoir bien croiser, il faut disposer d’un maximum de courants de sang différents et performants. On notera bien sûr l’incroyable début de saison des élèves et représentants de Son Altesse le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan (Wathba Stud Farm & Yas Horse Racing Management) : ils se sont imposés dans six des treize Groupes courus avant le 14 juillet. Disposer de six lauréats de Groupe individuels avec seulement dix-neuf partants différents en France cette saison, c’est tout à fait remarquable. Pourtant, cette première partie de saison 2018 a aussi été le théâtre de quatre victoires d’éleveurs-propriétaires ou de casaques récentes ne disposant pas d’effectifs massifs dans l’Hexagone (Khalid Khasruzzaman, Khalifa bin Hamad Al Attiyah, Emadadein Alhtoushi et haras de Ghazal). Malgré le haut niveau de compétition en France, il reste donc possible de s’imposer parmi l’élite. Enfin, les férus de généalogie auront remarqué un autre élément de taille : dix des treize gagnants de Groupe de ce début de saison française présentent Nevada II (Djanor) dans leur pedigree. Ce n’est sans doute pas une surprise pour les passionnés de la race, mais une telle performance atteste de l’importance toute particulière que cette souche a prise dans le stud-book.  Au point qu’il est presque impossible de lister tous les black types de cette famille. Nous lui consacrons donc un article, forcément incomplet mais assurément enthousiaste…

Adrien Cugnasse