Le jour V

Institution / Ventes / 17.08.2018

Le jour V

Le jour V

C’est le jour V, encore plus important que le Jour J de l’Arc de Triomphe. C’est le jour de ventes qui pèsent sur l’économie des courses et de l’élevage encore plus que les Grs1. L’année dernière, le chiffre d’affaires de la vente d’août Arqana (hors v.2) avait dépassé 38,5 millions d’euros, soit plus du double de l’enveloppe distribuée en 2018 dans les 27 Grs1 en France. C’est une course à 345 partants — avant les absents de dernière heure — et elle désignera plus qu’un seul gagnant. Il y aura aussi des perdants parce que c’est une règle de l’économie et du sport.

Les éleveurs ont travaillé pendant plus de deux ans pour ce moment. C’est au cours de l’hiver 2015-2016 qu’ils ont choisi les croisements des poulains qui passeront sur le ring à partir de samedi et pendant trois jours ensuite, avec le prolongement de la v.2. Les poulains et pouliches proposés sur le ring sont le fruit d’un travail de sélection continue, d’investissements, de savoir-faire. Ce sont des œuvres d’art, chacune différente, avec sa spécificité, et chaque éleveur vous expliquera presque poétiquement les raisons de chaque croisement et les dizaines d’anecdotes sur les jeunes chevaux qui défilent.

Les ventes ne sont pas un moment de pur spectacle comme les grandes courses, mais leurs résultats sont destinés à laisser un signal très important. Les éleveurs, selon des comptes de femme de ménage, ont investi plus de 15 millions d’euros en saillies pour élever ces yearlings. Il y en a pour tous les prix, mais le choix d’un étalon n’est pas tout le travail de l’éleveur, bien au contraire. Le savoir-faire peut améliorer un pedigree, faire un cheval, et encore mieux un champion.

La crème de la crème. Le catalogue proposé cette année par Arqana est excellent. On a pris la crème de la crème, c’est-à-dire les produits de mères gagnantes de Gr1 ou frères/sœurs de lauréats de Gr1. Ils sont 25, soit un rapport qui rivalise avec toutes les grandes ventes d’Europe. En plus, c’est une vente française. Les sujets qui ont droit à la prime des propriétaires sont au nombre de 251. Ce n’est pas la raison principale qui pousse à acheter un yearling en août. Ici, on cherche beaucoup plus qu’un cheval rentable, mais le ratio des français sur l’offre totale (71 %) est un signe de la progression de l’élevage national.

Le jour V est arrivé, enfin, et ce samedi on aura des messages importants sur l’état des courses et de l’élevage. Lundi soir, déjà, on fera les comptes, mais pour juger ces ventes, il faudra pour une fois oublier les règles de l’épicier. Ce ne sera pas un million d’euros en plus ou en moins, ou un zéro après la virgule en plus ou en moins, qu’il faudra prendre en repère comme indicateur. C’est la confiance, l’effort commun des propriétaires et des éleveurs, qui peuvent dégager le ciel. Bonne vente à tous !

LES GRANDS INDICATEURS DES ANNÉES PRÉCÉDENTES (VENTE D’AOÛT, HORS V.2)

Année Présentés Vendus (%) Prix moyen Prix médian C.A. (amiables incluses) Top Price

2017 305 231 (75,74 %) 165.587 € 110.000 € 38.505.000 € 1.550.000 €

2016 340 261 (76,76%) 152.566 € 110.000 € 40.595.667 € 1.400.000 €

2015 333 257 (77,18%) 163.292 € 95.000 € 42.881.000 € 2.600.000 €

2014 324 261 (80,56 %) 147.864 € 90.000 € 39.417.500 € 1.200.000 €

2013 335 251 (74,93 %) 134.622 € 80.000 € 34.790.000 € 1.500.000 €

2012 440 288 (65,45 %) 98.424 € 65.000 € 29.575.500 € 1.200.000 €