LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2017 - Edwige Le Métayer : « Le naturel, au maximum. »

Élevage / 10.08.2018

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2017 - Edwige Le Métayer : « Le naturel, au maximum. »

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2017 

HARAS DU BUFF

61250 Colombiers

Edwige Le Métayer : « Le naturel, au maximum. »

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire un peu décalé. Aujourd’hui, nous faisons étape au haras du Buff, avec Edwige Le Métayer.

Jour de Galop. - L’aspect de votre métier que vous préférez ?

Edwige Le Métayer. - Nourrir au petit marin pendant que tout le monde dort, voir les chevaux m’attendre et heureux de me retrouver. Même après un dîner tardif, le réveil est plus difficile, mais l’appel des chevaux me donne le courage de démarrer.

Et celui que vous appréciez le moins ?

Trouver une catastrophe entre le soir tard et le matin. Ouvrir les portes me donne toujours une impression merveilleuse si tout va bien. Si c’est le contraire, il s’agit un échec, même et surtout si je n’y suis pour rien. Chaque cheval est vu le soir, mais l’imprévu existe dans l’élevage.

La qualité que vous appréciez le plus chez un cheval ?

Sa beauté, sa gentillesse, son élégance et la confiance qu’il m’accorde.

Et le défaut qui vous fait hésiter ?

Il ne faut pas se fier aux apparences, un cheval qui couche les oreilles en rentrant dans son box n’est pas forcément méchant. Mais il veut se faire respecter, qu’on l’appelle Monsieur, Madame ou Mademoiselle. Je déteste les chevaux qui mordent et qui tapent, ce sont les deux seules fois où je me mets en colère, car je n’accepte pas cela.

Si vous deviez convaincre un novice d’acheter un yearling en août, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais d’aller dans les bonnes maisons, pour trouver des personnes honnêtes, afin d’acheter un cheval sain et net. Il faut bien se faire conseiller. Les prix les plus élevés ne m’ont jamais émerveillée. Il faut essayer d’acheter un cheval qui rentrera dans ses frais, et alors on aura fait un très bon achat. Si par chance, il réussit mieux que cela, alors ce sera un magnifique achat. Tout rentre en compte, l’élevage, la préparation aux ventes, le débourrage et l’entraînement. Cela fait beaucoup de paramètres, avant la carrière de courses et le poteau d’arrivée.

Si vous aviez la possibilité de faire évoluer la vente d’août sur un aspect, que changeriez-vous ?

Je n’en ai pas la moindre idée. Sauf peut-être si nous copions les Japonais ! Ils amènent aux ventes des yearlings qui ont eu quinze jours de marche en main. Non ferrés et un poil naturels… Ils sont en somme bruts de fonderie. Ainsi, les acheteurs n’auront aucune surprise...

Qui auriez-vous aimé être, si vous n’aviez été vous ?

Vétérinaire équin, surtout pas les petits animaux. Ou chef cuisinier.

Quelle est, selon vous, la spécificité de votre préparation aux ventes ? Votre patte personnelle ou la chose la plus importante à vos yeux ?

Le naturel, au maximum. Mais ils doivent être travaillés et pansés quotidiennement, jusqu’au jour J. Pour les ventes d’août, mes yearlings mâles restent seuls toutes les nuits dehors dans un grand paddock, dès le coucher du soleil. Ils sont rentrés au petit matin, avant le lever du soleil. Idem pour les pouliches qui restent toutes ensemble. Je n’imagine pas préparer des yearlings en les laissant 24 heures sur 24 au box. Ils sont attachés pour être douchés et passent partout. Tout semble si facile lorsque les yearlings ont l’habitude de rentrer au box juste pour manger et dormir. Et rien d’autre, car le reste se pratique, tout au long de l’année, dans la pièce de douche.

"Je ne serais pas arrivé(e) là, si..."

Seule depuis 2000, j’en suis arrivée à ce développement du haras à cause ou grâce au décès de mon cher mari, un homme bien connu dans les courses françaises. La réussite ce n’est pas à moi d’en juger. Mais mon intégrité si, dans ce monde un peu particulier… Je n’ai pas mes mots dans ma poche, mais jamais au grand Dieu, je n’aurais trahi mon éducation. Il faut surtout rester humble.

Le lieu où vous vous sentez le mieux ?

En forêt, l’hiver, avec mes bottes, ma culotte à choux et mes chiens. En balade, l’été, sur mon vélo, en profitant de la fraîcheur du soir.

Et celui qui vous oppresse le plus ?

Faire mes courses dans un grand magasin bondé, avec la foule et le bruit.

L’odeur que vous préférez ?

J’ai un odorat très poussé ce qui n’est pas toujours la meilleure des choses. Mais dans certains cas c’est merveilleux : sentir un sanglier caché ou des champignons invisibles, le foin fraîchement bottelé, la paille juste coupée dans le silence de nos campagnes… Il n’y a pas mieux.

Et celle qui vous fait horreur ?

Les toilettes des lieux publics et le mauvais parfum.

À l’école, la matière que vous préfériez ?

La géographie et les mathématiques.

Et celle que vous haïssiez ?

L’histoire n’était pas ma tasse de thé.

Choisissez une photo exposée chez vous, et commentez-la !

C’est une photo du Tertre, ma future maison, qu’un Anglais m’a offerte après avoir travaillé ici. J’espère bientôt y habiter. Depuis quatorze ans, nous y réalisons des travaux. Les foals y vivent dans une stabulation. C’est le paradis, il n’y a pas un bruit.

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot Sexe Père Mère

118 M. Siyouni Full Rose

220 M. Siyouni Sona

LES YEARLINGS DE LA v.2

Lot Sexe Père Mère

384 F. Wootton Bassett Age of Refinement

455 F. The Wow Signal Imperial Topaz

Pile ou Face !

Nous avons soumis les éleveurs à une rafale de questions. Konbini a son Fast & Curious, Jour de Galop a son Pile ou Face !

Pour voir la vidéo, cliquez ici avec ce lien : http://www.jourdegalop.com/video/a-la-rencontre-d-edwige-le-metayer