LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2018 - Hubert Honoré : « C’est toujours une histoire de comportement… »

Institution / Ventes / 02.08.2018

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2018 - Hubert Honoré : « C’est toujours une histoire de comportement… »

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire un peu décalé́. Deuxième épisode : Hubert Honoré et le haras d’Omméel.

Jour de Galop. – L’aspect de votre métier que vous préférez ?

Hubert Honoré. – Son côté campagne, le fait qu’il me permette de vivre dans la nature. Avec le temps qui passe, je suis sensible au retour aux choses naturelles. Si l’on utilise ce qu’il y a dans la nature, c’est-à-dire l’eau, l’air, le soleil et le gaz carbonique, on arrive à élever des plantes sans avoir besoin d’intrants artificiels qui dénaturent le sol, en se détournant, à terme, de l’énergie fossile. J’aime bien le côté faire avec, et pas contre. L'ère industrielle a favorisé la monoculture à outrance. On s’aperçoit maintenant des dégâts.

Et celui que vous appréciez le moins ?

Je n'ai pas d'a priori. Chaque revers à sa médaille ! N'est-ce pas ?

La qualité que vous appréciez le plus chez un cheval ?

Un peu comme chez l’humain, c’est le courage, la détermination. Celui qui peut outrepasser plus facilement que les autres la douleur qui lui est infligée dans l’effort. Il y a des gens qui ont toujours mal quelque part, et ceux qui ne se plaignent jamais de rien.

Et le défaut qui vous fait hésiter ?

Le cheval qui ne fait pas les choses de bon cœur. C’est toujours une histoire de comportement… Chez certains foals, on le voit tout de suite, et cela se révèle ensuite.

Si vous deviez convaincre un novice d'acheter un yearling en août, que lui diriez-vous ?

Cela dépend de son portefeuille ! S’il insiste vraiment pour acheter un yearling, je lui dirais d’en acheter plusieurs.... à plusieurs. J’ajouterais qu’il y a en août un panel de chevaux magnifiques, et que s’il se fait bien conseiller, il a peu de chances de trop se tromper.

Si vous aviez la possibilité de faire évoluer la vente d'août sur un aspect, que changeriez-vous ?

J’aimerais plus de chaleur entre les intervenants d’Arqana et les vendeurs et leur personnel. Un peu plus d’attention, d’empathie, ne ferait pas de mal. Et aussi confier les enchères à des personnes qui ont un vrai savoir-faire.

Qui auriez-vous aimé être, si vous n'aviez pas été vous ?

Steve Jobs, pour sa créativité, son charisme, son ingéniosité. Je crois que j’ai eu l’un des premiers Mac, en 1984. Par ailleurs, j'aurais aussi aimé avoir un don pour l'écriture. C’est important les mots…

Quelle est, selon vous, la spécificité de votre préparation aux ventes ? Votre patte personnelle ou la chose la plus importante à vos yeux ?

J’ai la chance d’avoir un responsable excellent pour marcher les chevaux. Il donne le rythme aux autres. Je pense aussi que mes chevaux sont bien dans leur tête, parce qu’ils sortent suffisamment longtemps, sont beaucoup maniés. En fait, la préparation démarre dès le mois de janvier.

"Je ne serais pas arrivé là, si..."

… Si je n’avais pas eu une attirance particulière pour les chevaux de course. Je suis né dans le Nord, milieu industriel, sans aucune connaissance dans ce monde très fermé. J’ai commencé dans le trot, avec l’idée de mener un jour… J’étais au service de monsieur Weisweiller, qui avait aussi des galopeurs. On m’a conseillé d’aller en Angleterre et j’y ai découvert l’élevage, dans le haras qui est devenu celui de Kirsten Rausing. Mais j’aurais pu tout aussi bien bifurquer dans une autre spécialité si j’avais rencontré d’autres personnes. Je suis arrivé à Omméel pour un remplacement de six mois, et quarante-cinq plus tard, j’y suis encore !

Le lieu où vous vous sentez le mieux ?

Celui qui est en adéquation avec ce que je vis sur le moment.

Et celui qui vous oppresse le plus ?

Je suis claustrophobe. Rester bloqué dans une rame de métro, plusieurs heures, par exemple, me serait très difficile.

L’odeur que vous préférez ?

Celle des matins d’automne, fin septembre début octobre, cette odeur de feuilles mortes, de terre mouillée qui exhale ses senteurs. Mais aussi celle du crottin en plein cagnard, qui me rappelle l’Afrique.

Et celle qui vous fait horreur ?

Celle des salons huppés où la transgression des parfums atteint son paroxysme.

À l’école, la matière que vous préfériez ?

Aucune ! Je n’étais pas concentré et je le regrette, car je suis passé à côté de pas mal de choses. J’étais le douzième d’une famille de treize et mes parents avaient sûrement un peu lâché l’affaire !

Et celle que vous haïssiez ?

Les mathématiques. En fait, j’ai haï ce que j’aurais aimé faire. Je suis un peu tordu, non ?

Choisissez une photo exposée chez vous, et commentez-la !

Il s’agit d’une photo ancienne d’un taureau de Murcia. J’aime la puissance musculaire qui se dégage de l’animal  et la technique utilisée par l’artiste. C’est une photo argentique sur laquelle sont ajoutés des pigments sur une toile enduite de résine. C'est le procédé originel de la photo. Elle existera encore pendant des siècles, alors que celles que nous avons sur notre iPhone s'évanouiront au fil du temps.

Pile ou Face !

Nous avons soumis les éleveurs à une rafale de questions. Konbini a son Fast & Curious, Jour de Galop a son Pile ou Face !

Pour voir la vidéo de l’interview : https://www.youtube.com/watch?v=s9S6sy6Z0QM

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT
Lot Sexe Père Mère
18 F Invincible Spirit Rainbow Springs
69 F Acclamation Ach Alannah
100 F Kodiac Collada
200 F Wootton Bassett Rondine
208 M Makfi Sapfo
238 F Kendargent Velvet Revolver
246 M Intello Winter Fashion
293 M Siyouni Dilag
304 M Slade Power Flute Enchantée
329 M Dream Ahead Lune Rose
LES YEARLINGS DE LA V.2
Lot Sexe Père Mère
434 M Stormy River Feltzer
465 F Wootton Bassett La Dame de Grâce