LE TOUR DES HARAS — AOÛT 2018  Philip Lybeck - « À Deauville, il y a une vraie symbiose entre les ventes et les courses »

Élevage / 16.08.2018

LE TOUR DES HARAS — AOÛT 2018 Philip Lybeck - « À Deauville, il y a une vraie symbiose entre les ventes et les courses »

LE TOUR DES HARAS — AOÛT 2018

Philip Lybeck : « À Deauville, il y a une vraie symbiose entre les ventes et les courses »

HARAS DE BOURGEAUVILLE

Ferme du Château 14430 Bourgeauville

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire un peu décalé. Aujourd’hui, nous faisons étape au haras de Bourgeauville, avec Philip Lybeck.

Jour de Galop. — L’aspect de votre métier que vous préférez ?

Philip Lybeck. - C’est le fait qu’il est constitué d’une série de saisons courtes qui s’enchaînent. La succession des poulinages, de la saison de monte, de la préparation aux ventes… permet d’avoir une réelle variété dans les tâches à effectuer. Lorsque chaque période s’achève, on est heureux de passer à l’autre. On est forcément ravi d’accueillir le premier poulain de l’année et soulagé de voir le dernier sortir. Cette année, nous en avons fait naître vingt-quatre, en majorité pour notre propre compte. J’apprécie aussi le fait que le galop soit une filière internationale. On rencontre des gens, souvent très intéressants, en provenance du monde entier. Grâce aux courses, on a la possibilité de dialoguer avec des personnes auxquelles on n’aurait probablement jamais eu l’occasion ou la possibilité d’accéder par ailleurs. Surtout que nous sommes certainement les seuls Finlandais au monde à être officiellement éleveurs de pur-sang anglais ! La filière trot fonctionne bien dans ce pays, alors que l’élevage des galopeurs n’a jamais existé, contrairement à ce qu’il peut se passer en Suède par exemple.

Et celui que vous appréciez le moins ?

Lorsque certains chevaux sont malades.

La qualité que vous appréciez le plus chez un cheval ?

Une bonne locomotion et un bon mental. Les chevaux peuvent avoir du caractère, mais ce dernier ne doit pas empêcher l’homme de travailler avec eux. Sarah Lynx n’était pas simple, elle avait du caractère, mais elle était dure et voulait travailler. Elle a d’ailleurs le meilleur rating de toutes les femelles de la production de Montjeu. Sous nos couleurs, elle avait notamment remporté les Canadian International Stakes (Gr1).

Et le défaut qui vous fait hésiter ?

Une mauvaise locomotion et une mauvaise conformation. Les tics également. Quand vous profitez de la tranquillité du soir pour faire un tour dans le haras et que vous entendez un cheval qui tique, c’est horrible.

Si vous deviez convaincre un novice d’acheter un yearling en août, que lui diriez-vous ?

Le mieux c’est de trouver quelques amis et de s’associer pour acheter plusieurs yearlings. Il est certainement préférable, quand on a la possibilité d’acquérir un poulain, de se rassembler à quatre pour multiplier ses chances de réussite.

Si vous aviez la possibilité de faire évoluer la vente d’août sur un aspect, que changeriez-vous ?

Nous disons tous que la vente arrive trop tôt, mais c’est le summum du meeting de Deauville, avec les meilleurs jours d’été. Dans l’ensemble, c’est quand même une vacation qui fonctionne bien. À Deauville, il y a une vraie symbiose entre les ventes et les courses.

Qui auriez-vous aimé être, si vous n’aviez été vous ?

Vous pensez que je ne devrais pas être moi-même ? (rires)

Quelle est, selon vous, la spécificité de votre préparation aux ventes ? Votre patte personnelle ou la chose la plus importante à vos yeux ?

Nous fonctionnons de manière assez traditionnelle. Néanmoins, tous les jours, chaque yearling marche en main et va également au marcheur. Si nous avons une spécificité, c’est certainement celle-là. Enfin, ils sont travaillés aux longues rênes, plus ou moins longtemps, en fonction des besoins de chacun.

"Je ne serais pas arrivé là, si…"

En Finlande, un pays où le pur-sang anglais est inexistant, j’exerçais dans l’informatique. C’est donc grâce à mes parents qui m’ont transmis la passion, que je suis aujourd’hui à la tête d’un haras. Au départ, j’étais venu pour rester une année. Finalement, je suis resté beaucoup plus longtemps que prévu.

Le lieu où vous vous sentez le mieux ? Et celui qui vous oppresse le plus ?

Je me sens très bien ici, au haras de Bourgeauville, mais également dans ma maisonnette en Finlande, dans laquelle je passe malheureusement très peu de temps tous les ans. Il n’y pas particulièrement d’endroit où je me sens oppressé.

L’odeur que vous préférez ? Et celle qui vous fait horreur ?

J’apprécie bien les matins d’été, lorsque le soleil se lève, le moment où nous marchons les yearlings…

À l’école, la matière que vous préfériez ? Et celle que vous haïssiez ?

J’aimais bien les mathématiques. Les langues n’étaient pas du tout mon fort. Mais finalement, je parle régulièrement quatre langues : le finnois, le suédois, le français et l’anglais.

Choisissez une photo exposée chez vous, et commentez-la !

Celle de la victoire de Sarah Lynx dans les Canadian International Stakes, la plus belle course du pays sur le gazon. Nous n’étions malheureusement pas présents. Christophe Soumillon l’avait brillamment montée. Sarah Lynx dominait ce jour-là Joshua Tree, lauréat de deux éditions précédentes et qui s’est imposé une troisième fois par la suite. Ma mère l’avait repérée sur le papier. Et ce sont Crispin et Jocelyn de Moubray qui sont allés la voir, et qui l’ont achetée, lors du book 1 de Tattersalls.

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot Sexe Père Mère

189 F. Sea the Moon Praise Dancing

212 F. No Nay Never Serendy

271 M. Intello Bella Ida

LES YEARLINGS DE LA v.2

Lot Sexe Père Mère

358  M. Iffraaj Scarlett's Pride

382 M. Sepoy Above Limits

Pile ou Face ! Nous avons soumis les éleveurs à une rafale de questions. Konbini a son Fast & Curious, Jour de Galop a son Pile ou Face !

Pour voir la vidéo, cliquez ici http://www.jourdegalop.com/video/le-pile-ou-face-de-philip-lybeck