LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2018  Tangi Saliou - « Dans ce métier, il faut savoir bouger et prendre des risques »

Élevage / 14.08.2018

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2018 Tangi Saliou - « Dans ce métier, il faut savoir bouger et prendre des risques »

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2018 

HARAS DE LA HAIE NEUVE

35370 Mondevert

Tangi Saliou : « Dans ce métier, il faut savoir bouger et prendre des risques »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont visité les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire un peu décalé. Aujourd’hui, nous faisons étape au haras de la Haie Neuve avec Tangi Saliou.

Jour de Galop. - L’aspect de votre métier que vous préférez ?

Tangi Saliou. - La reproduction. J’apprécie vraiment cette saison où s’alternent saillies et poulinages. Cette partie technique correspond à ma formation et à mon premier métier, au sein des Haras Nationaux, où j’étais chef de centre. En 2018, au haras de la Haie Neuve, nos trois étalons ont sailli 350 juments. L’activité dans un haras ne s’arrête jamais et on ne s’ennuie à aucun moment durant l’année. J’aime cela. Les ventes représentant la finalité de notre métier d’éleveur. Pour la suite, nous passons le relais à d’autres professionnels !

Et celui que vous appréciez le moins ?

La partie administrative. Et la gestion des conflits, mais heureusement, ils sont rares.

La qualité que vous appréciez le plus chez un cheval ?

Qu’il passe souvent le poteau en tête ! Pour cela, il faut qu’il soit vraiment dur. C’est ce que nous essayons de produire. Au fil des années, le haras fondé par Alain Régnier et son épouse a acquis la réputation de donner des chevaux qui vont aux courses. Et nous voulons conserver cette étiquette. Nous élevons en extérieur, notre microclimat et nos terres nous le permettent. Les poulains marchant beaucoup, ils se développent sainement et je constate que nous avons très peu de soins à leur apporter. Nous sommes basés en Ille-et-Vilaine, dans la région des meilleures fermes laitières de France. C’est vraiment une terre d’élevage.

Et le défaut qui vous fait hésiter ?

Les genoux renvoyés.

Si vous deviez convaincre un novice d’acheter un yearling en août, que lui diriez-vous ?

Viens voir nos poulains ! Nous avons un pourcentage élevé de gagnants par naissance.

Si vous aviez la possibilité de faire évoluer la vente d’août sur un aspect, que changeriez-vous ?

La vente évolue déjà d’elle-même. La qualité de l’offre s’améliore sans cesse et il faut que cela continue. L’agence Arqana réalise d’importants efforts de prospection. Et ils portent leurs fruits.

Qui auriez-vous aimé être, si vous n’aviez été vous ?

Je ne sais pas si j’aurais aimé être quelqu’un d’autre. Mais en tout cas, j’ai de l’admiration pour les entraîneurs qui savent respecter la nature des chevaux. Ceux qui ne vont pas plus vite que la musique.

Quelle est, selon vous, la spécificité de votre préparation aux ventes ? Votre patte personnelle ou la chose la plus importante à vos yeux ?

Notre préparation constitue plus un prolongement de leur vie d’élevage qu’un réel changement pour eux. En fait, on continue simplement à les élever. Cela permet d’éviter beaucoup de bêtises à un âge où les chevaux sont tendres.

"Je ne serais pas arrivé là, si..."

Si je n’avais pas rencontré des passionnés de course au sein des Haras Nationaux. Je voyais régulièrement Benoît Gabeur dans le cadre professionnel. Il était le vétérinaire qui s’occupait des juments qui venaient à la saillie. Forcément, cela donne envie de se lancer. Ensuite, j’ai eu la chance de croiser la route d’autres professionnels qui ont su me transmettre leur passion et leur savoir, comme Aliette Forien, Alain Régnier ou Philippe Bodinier. Je pense aussi que mon épouse et moi-même avons fait le bon choix en allant voir comment les choses se passent hors de France. J’ai par exemple traîné mes guêtres en Allemagne, en Angleterre, mais aussi un peu partout dans l’Hexagone, au Lion-d’Angers, dans le Finistère, en Normandie, à Châteaubriant… Dans ce métier, il faut savoir bouger et prendre des risques.

Le lieu où vous vous sentez le mieux ?

Dehors !

Et celui qui vous oppresse le plus ?

Une salle de classe.

L’odeur que vous préférez ?

Il y en a beaucoup. Mais j’ai une anecdote amusante au sujet d’un parfum qui m’a porté chance. En 2011, j’ai passé un entretien pour travailler au haras de Montaigu qui a été fondé par la famille Guerlain, par ailleurs à l’origine de la marque de parfum. Deux jours avant la date de l’entretien, mon frère a demandé à me voir. Nous avons déjeuné ensemble et il m’a offert un parfum Guerlain en me disant : « Si tu l’utilises pour ton entretien, ils auront l’impression de t’avoir toujours connu et tu seras embauché ! » Je ne sais pas si c’est grâce au parfum, mais ce fut en tout cas le début de plusieurs années heureuses où j’ai travaillé au haras de Montaigu !

Et celle qui vous fait horreur ?

Celle de l’argent sale.

À l’école, la matière que vous préfériez ?

L’hippologie.

Et celle que vous haïssiez ?

Tout le reste ! J’ai grandi à côté du Haras national d’Hennebont. Je passais tout mon temps libre là-bas, avec les gardes. La naissance d’une passion pour l’élevage.

Choisissez une photo exposée chez vous, et commentez-la !

Cette photo de Pedro the Great (Henrythenavigator) est affichée au haras. Lorsqu’on se lance, avoir un tel étalon dans son haras, c’est une chance. Il a 53 % de gagnants par partants, soit le meilleur taux de réussite des étalons de deuxième production en Europe. C’est remarquable, compte tenu de la qualité des juments qu’il a saillies. Nous avons beaucoup de chance et il faut remercier l’ensemble des porteurs de parts qui ont bien voulu qu’il reste au haras de la Haie Neuve. Les éleveurs lui ont envoyé 138 juments en 2018. Il fait des poulains épais et râblés. En course, ils sont vite sur jambes et précoces. C’est tout ce que j’aime.

LES YEARLINGS DE LA v.2

Lot Sexe Père Mère

357 F. Pedro the Great Sanisa

373 M. Hurricane Cat Tiziana

375 M. Pedro the Great Triple Witching

410 M. Hurricane Cat Centralienne

414 F. Reliable Man Crush on You

476 M. Pedro the Great Madame Béatrice