LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2018 - Thierry de la Héronnière : « Il ne faut jamais négliger son feeling »

Élevage / 15.08.2018

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2018 - Thierry de la Héronnière : « Il ne faut jamais négliger son feeling »

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2018

Thierry de la Héronnière : « Il ne faut jamais négliger son feeling »

HARAS D’ELLON

14 250 Ellon

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire un peu décalé. Aujourd’hui, nous faisons étape au haras d’Ellon, avec Thierry de la Héronnière.

Jour de Galop. - L’aspect de votre métier que vous préférez ?

Thierry de la Héronnière. - C’est la conception du poulain et sa naissance. Le croisement, c’est la partie où l’on construit quelque chose. Je crois beaucoup en la génétique. C’est pour moi un aspect essentiel de l’élevage. Et la naissance, parce que j’estime que dès ce moment, on a une idée de ce que le croisement que l’on a choisi va donner. C’est l’aboutissement de notre réflexion, un an plus tard… La préparation des yearlings me plaît aussi beaucoup. Chaque année, on essaie d’évoluer, d’améliorer les choses. On apprend de ses expériences, et je suis heureux de travailler avec une équipe jeune et compétente dans ce domaine en particulier.

Et celui que vous appréciez le moins ?

C’est le côté administratif, qui devient assez envahissant, même pour quelqu’un de plutôt cartésien et organisé comme moi.

La qualité que vous appréciez le plus chez un cheval ?

C’est son attitude, son élégance, sa classe en somme ! C’est quelque chose qui vous saute à la figure tout de suite.

Et le défaut qui vous fait hésiter ?

Les problèmes de pieds. Nous élevons des animaux de vitesse, et comme pour les bolides, les pneus sont fondamentaux !

Si vous deviez convaincre un novice d’acheter un yearling en août, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais de bien travailler son catalogue, mais de s’écouter. Acheter un yearling, c’est long et coûteux, et je pense que si au départ, il n’y a pas de coup de foudre, le processus va vite devenir pénible. Il ne faut jamais négliger son feeling, même si évidemment, il faut éviter les choix extrêmes. Je lui conseillerais aussi de s’associer.

Si vous aviez la possibilité de faire évoluer la vente d’août sur un aspect, que changeriez-vous ?

La vente est top comme elle est, mais cela pourrait être encore mieux si le Morny était le déclencheur, c’est-à-dire si elle commençait après cette course mythique pour les 2ans. Il y aurait une certaine logique…

Qui auriez-vous aimé être, si vous n’aviez été vous ?

Un chercheur ou un aventurier. J’ai une immense admiration pour les personnes qui font évoluer les choses. J’ai d’ailleurs baptisé Volta en hommage à Giuseppe Volta, l’inventeur de la pile. Pour les aventuriers, je dirais Tabarly ou Moitessier, l’aventure tranquille en somme…

Quelle est, selon vous, la spécificité de votre préparation aux ventes ? Votre patte personnelle ou la chose la plus importante à vos yeux ?

Notre particularité, c’est que nous présentons des chevaux que l’on élève. On peut ainsi faire un travail sur mesure. Le but est de les amener au top le jour J, mais en les respectant. En cela, l’équipe qui travaille à mes côtés est d’une aide précieuse.

"Je ne serais pas arrivé là, si..."

Si mon père ne m’avait pas transmis sa passion. J’ai beau avoir fait autre chose ans ma vie, le cheval est une passion qui ne m’a jamais quitté.

Le lieu où vous vous sentez le mieux ? Et celui qui vous oppresse le plus ?

Chez moi, parce que c’est un lieu que j’ai bâti de mes mains. J’aime aussi les vacances au bord de la mer, parce que c’est quelque chose de rare ! Ce qui m’oppresse, ce sont les ventes de Deauville, parce qu’on y joue gros, sans forcément avoir toutes les cartes en main. Ma grande crainte, c’est de vendre à un prix ridicule…

L’odeur que vous préférez ? Et celle qui vous fait horreur ?

Celle des pins, synonyme de vacances, liée à des souvenirs d’enfance à Saint-Raphaël. Je n’aime pas l’odeur de la pollution des grandes villes. Après avoir été parisien pendant une dizaine d’années, je me demande comment j’ai supporté ça ! Je suis écolo dans l’âme…

À l’école, la matière que vous préfériez ? Et celle que vous haïssiez ?

Les mathématiques, c’était une vraie passion pour moi. Au point que lorsque j’étais en école d’ingénieur, je me suis inscrit en plus en fac de math à Jussieu ! En revanche, je n’étais pas doué en langues, que ce soit en anglais, allemand, ou espagnol. J’ai fait des progrès plus tard !

Choisissez une photo exposée chez vous, et commentez-la !

Il s’agit d’une aquarelle de Laurent Cresp, qu’il m’a offerte. Cela représente les courses telles que je les aime, avec un côté extravagant, débridé. J’aime les gens un peu décalés !

Pile ou Face !

Nous avons soumis les éleveurs à une rafale de questions. Konbini a son Fast & Curious, Jour de Galop a son Pile ou Face !

Cliquez ici pour voir la vidéo

http://www.jourdegalop.com/video/le-pile-ou-face-de-thierry-de-la-heronniere)

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot Sexe Père Mère

67 F. Siyouni Zynah

188 F. Sea the Stars Ponte Vespucci

LES YEARLINGS DE LA V.2

Lot Sexe Père Mère

348 F. Wootton Bassett Pin Up Girl

349 F. War Command Ponentina

351 M. George Vancouver Princess Astana

361 M. Dabirsim Shimmering Sands

454 F. Alhebayeb Iffraja