Fermeture d'hippodromes et réforme des paris hippiques : le traitement de choc pour sauver les courses néo-zélandaises

International / 31.08.2018

Fermeture d'hippodromes et réforme des paris hippiques : le traitement de choc pour sauver les courses néo-zélandaises

Le traitement de choc du docteur Messara pour sauver les courses néo-zélandaises

La Nouvelle-Zélande est fort probablement le seul pays du monde où il y a un ministre des Courses. Et ce dernier n’est pas le premier venu. Vieux briscard de la politique, Winston Peters est l’homme fort de New Zealand First, le parti populiste. Il soutient le gouvernement de Jacinda Ardem, la charmante patronne du Parti Travailliste qui vient de reprendre ses fonctions après six semaines de congé maternité. Avant de rendre son fauteuil à Jacinda Ardem, Winston Peters a demandé un audit pour relancer les courses du pays. Pour cela, son choix s’est porté sur John Messara, le maître à penser du galop australien. Le patron d’Arrowfield est en effet aussi l’ancien président de Racing New South Wales, la société mère qui a sorti les courses australiennes de la crise.

Une chute des naissances. Le professeur Messara a pris le temps de faire correctement son diagnostic. Et pour cause, les courses de Nouvelle-Zélande sont très malades, et même en grand danger. L’élevage local a enregistré une forte diminution des naissances. En 1994/1995, 5.624 foals voyaient le jour. En 2016/2017, ils n’étaient plus que 3.448. Malgré ce contexte négatif, le poids de la filière hippique reste important dans ce petit pays (1,633 milliard de dollars néo-zélandais). On dénombre d’ailleurs plus de 58.000 acteurs des courses — propriétaires, éleveurs et professionnels —, dont 60 % au galop. Les 40 % restants se répartissent entre le trot et les lévriers. Au total, 10.000 emplois sont liés aux courses en Nouvelle-Zélande.

Les trois points clés. John Messara a travaillé pendant des mois avant de rédiger son rapport. Fort de son étude, il propose un plan de relance. Pour cela l’Australien est parti de trois faits marquants.

(1) La population néo-zélandaise est réduite, avec 3,6 millions de personnes âgées de plus de 18 ans. Dans ce pays, on joue peu, en moyenne 92 dollars néo-zélandais par an, alors qu’en Australie, 18,5 millions de personnes majeures jouent une moyenne annuelle de 225 dollars australiens.

(2) Le pays dispose de 48 hippodromes. C’est trop et ils ne sont pas assez utilisés.

(3) En moyenne, les allocations ne permettent de couvrir que 22,9 % des sommes dépensées par les propriétaires. En Australie, on approche des 48,1 %.

Exergue

La suggestion de John Messara est de séparer la gestion technique des courses, confiée aux trois sociétés mères, de celle des paris qui sera prise en charge par un opérateur extérieur. Celui-ci pourra être étranger, mais il sera placé sous le contrôle du gouvernement et des sociétés mères. L’objectif est de fournir aux parieurs la possibilité de jouer au sein de masses plus volumineuses.

Externaliser les paris. Le but du plan Messara est d’augmenter à moyen terme les allocations. L’objectif est de les faire passer de 45,6 à 100 millions de dollars néo-zélandais, afin de dégager 85 millions pour les propriétaires. Pour arriver à cet objectif, le plan Messara propose trois axes d’intervention. La première concerne sur le financement des courses via les paris. La suggestion de John Messara est de séparer la gestion technique des courses, confiée aux trois sociétés mères, de celle des paris, qui sera prise en charge par un opérateur extérieur. Celui-ci pourra être étranger, mais il sera placé sous le contrôle du gouvernement et des sociétés mères. L’objectif est de fournir aux parieurs la possibilité de jouer au sein de masses plus volumineuses. Et donc d’obtenir de meilleurs rapports. Le but est aussi de vendre les courses néo-zélandaises aux parieurs étrangers.

Vingt hippodromes à fermer. Le deuxième point fort est la réduction du nombre d’hippodromes. Ils sont actuellement 48 en activité. Lors de la saison 2017/2018, ces derniers n’ont accueilli que 321 réunions. En outre 18 d’entre eux, n’ont eu qu’une ou deux réunions. Un plan d’économie mènera à l’horizon 2024/2025 à la fermeture de vingt hippodromes, puis dans les deux saisons suivantes, à l’ouverture d’un nouveau champ de courses et à la fermeture de trois autres. Dans ce pays où il pleut beaucoup, trois P.S.F. vont être construites pour faire face au problème des réunions annulées (une vingtaine par an).

Le deuxième point fort est la réduction du nombre d’hippodromes. Ils sont actuellement 48 en activité. Lors de la saison 2017/2018, ces derniers n’ont accueilli que 321 réunions. En outre 18 d’entre eux, n’ont eu qu’une ou deux réunions. Un plan d’économie mènera à l’horizon 2024/2025 à la fermeture de vingt hippodromes.

Augmenter les allocations. La projection John Messara table sur la distribution d’une enveloppe de 100 millions de dollars néo-zélandais en allocations. Mais cette augmentation doit être encadrée. Le calendrier hippique sera réparti sur trois niveaux d’activités : major, provincial et local. Dans son plan, les allocations minimales seront de 40.000 à 70.000 dollars néo-zélandais pour le premier tiers, de 30.000 à 50.000 pour le deuxième et de 10.000 à 20.000 pour le troisième. L’augmentation devrait être de 200.000 à 400.000 pour les Grs1, de 100.000 à 250.000 pour les Grs2 et de 70.000 à 150.000 pour les Grs3. La dotation des Listeds pourrait doubler, passant de 50.000 à 100.000 dollars néo-zélandais. Pour encourager les partants, les allocations seront payées jusqu’à la dixième place.

La parole au gouvernement. Le ministre Winston Peters a pris note du rapport Messara et il a commenté : « Ce document est très réaliste. Il est trop tôt pour savoir si le gouvernement acceptera tout ou partie des suggestions du rapport. La situation est très grave et je pense que garder le statu quo n’est pas la bonne solution. Le gouvernement peut aussi créer un comité ou une agence pour guider le processus de changement. »