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Jour de Galop

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Mid Dancer, l'hommage à un cheval d'exception

Courses / 10.08.2018

Mid Dancer, l'hommage à un cheval d'exception

Mid Dancer (Midyan) s’est éteint au début du mois, à l’âge de 17ans. Ce cheval d’exception, le plus riche sauteur de l’histoire française, gagnant de trois Grands Steeples, a marqué la vie de ceux qui ont croisé sa route. Il a aussi marqué les courses de son empreinte de géant… Retour sur une carrière d’exception qui n’est pas près d’être égalée.

Mid Dancer a été élevé par Gaëtan Gilles, au haras du Patis, à trente minutes d’Angers. C’est sous ses couleurs que Mid Dancer a débuté, à la fin de l’été de ses 4ans. Il était alors entraîné par une jeune femme qui commençait sa carrière, Marie-Lætitia Mortier. Cette dernière nous avait raconté il y a quelques années : « Gaëtan Gilles m’avait déjà mis une jument à l’entraînement. J’étais allée chez lui voir ses poulains. Il y en avait un qui était isolé des autres dans son pré. C’était Mid Dancer. Son éleveur m’avait prévenu qu’il était très compliqué. Il m’a proposé de le prendre en location, en totalité. Je venais de me lancer, et j’ai accepté. Il est arrivé chez moi au mois de février de ses 3ans. Et effectivement, il était difficile, voire dangereux. On a mis trois semaines à pouvoir le seller et le brider. Pour raccourcir les étriers, une fois en selle, cela nous prenait plus de dix minutes ! Mais quand il allait au petit canter, les autres forçaient pour le suivre. Il était aussi très doué sur l’obstacle. Tout de suite, il s’est montré hors normes. Aussi, avant de le débuter, j’ai proposé à Gaëtan Gilles d’en reprendre la moitié, pour toucher un peu de pension, et parce que je pensais que le cheval était vraiment bon.

Je voulais le débuter dans le Prix Finot, mais avec une course en plat avant. Or il a été éliminé au mois d’août à Clairefontaine, donc prudemment, j’ai préféré aller à Compiègne. J’appréhendais beaucoup le comportement du cheval, vu le mal qu’il nous avait donné le matin. J’avais même demandé à deux personnes de venir avec moi, pour ne pas le laisser seul une minute. Et finalement, arrivé sur l’hippodrome, ce n’était plus le même cheval. C’était comme s’il avait fait ça toute sa vie. Il a gagné de vingt longueurs, et évidemment, tout le monde l’a repéré. Arnaud Chaillé-Chaillé est entré en contact avec moi, par l’intermédiaire d’Hervé Barjot.

Gaëtan Gilles avait besoin de mon accord pour le vendre, comme j’avais besoin du sien. Toutes les parties étaient d’accord. Je venais de m’installer, la banque avait coupé le robinet, et la commission que j’ai touchée m’a réellement permis de continuer mon activité. Je n’ai jamais eu aucun regret, d’autant plus que je suis devenue amie avec Arnaud Chaillé-Chaillé, qui a eu un joli geste envers moi quand il a gagné sa première course. Peut-être que si nous avions gardé le cheval, j’aurais continué et gagné plus d’argent, mais il ne faut pas oublier qu’à 3ans, le cheval a bougé et n’a pu courir le Général de Saint-Didier. On ne l’a revu qu’en septembre de ses 4ans… Donc, non, je n’ai aucun regret et j’ai toujours été ravie de le voir gagner ! »

Retrouvez la suite de cet article ce soir, dans JDG.
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