Pour relancer les courses, copions la F1 !

Courses / 08.08.2018

Pour relancer les courses, copions la F1 !

Par Mayeul Caire

Les solutions les plus simples sont souvent les meilleures. Il y en a une sous nos yeux : copier ce que fait la F1 depuis un an et demi. C’est assez différent des réformes que nous vivons actuellement dans les courses…

L’Américain Chase Carey est le patron de la Formule 1 depuis janvier 2017, date à laquelle l’entreprise qu’il dirige a acheté le Formula One Group à son fondateur, Bernie Ecclestone. Carey cherche moins la lumière qu’Ecclestone, mais cela ne l’empêche pas d’être en perpétuel bouillonnement et de vouloir continuer à faire avancer son sport à marche forcée.

Dimanche, il a donné une interview dans L’Équipe qui regorge de petites saillies qui forment une bonne base de réflexion pour les courses hippiques. Extraits (les intertitres sont de la rédaction de JDG).

Pourquoi il faut exclusivement miser sur les jockeys pour promouvoir notre sport

« Chaque pilote génère son propre enthousiasme. (…) Le sport fonctionne grâce à ses héros. La F1 n’échappe pas à la règle. (…) Nous ne devons pas nous limiter à un modèle. Chaque pilote, par sa personnalité, doit être capable d’engendrer une passion en rapport avec sa personnalité. Le pilote est essentiel à la F1. C’est lui qui conduit. Nous voulons les mettre en valeur, comme à Marseille, au printemps, ou à Milan, fin septembre. »

Pourquoi France Galop doit se concentrer sur ses deux hippodromes collés à Paris

« Dans notre calendrier, nous avons quelques pistes comme Melbourne ou Montréal, qui sont au cœur des villes. Mais, parfois, les tracés traditionnels sont un peu loin des bassins de population. Il est bien de ramener la F1 vers le public pour lui faire découvrir ce que c’est. »

Pourquoi un sport doit en permanence innover, et mettre des moyens sur le web et la télé (au lieu de faire des économies comme à Equidia)…

« Notre envie est de permettre aux fans d’être plus proches de notre sport. Cette année, nous avons donc mis l’accent sur la production vidéo et l’habillage des Grands Prix afin de donner aux spectateurs plus d’informations. Nous avons de nouveaux angles de caméra pour donner encore plus de spectacle. L’idée, c’est d’avoir terminé le dossier de l’interconnectivité avec le spectateur d’ici deux ans en termes d’image mais également de données. Là aussi, nous progressons, comme pour le eSport. Ce n’est que la deuxième saison mais ce dossier doit nous permettre de toucher un nouveau public. (…) Nous ne changerons pas le sport d’un coup de baguette magique ; nous souhaitons magnifier la F1. C’est un travail de longue haleine dont nous verrons les fruits plus tard. »

Pourquoi il faut redonner la priorité aux clients (le propriétaire et le parieur)

« Le futur du sport se discute par l’échange mais également par le bureau d’études que nous avons mis en place afin de savoir ce que veulent les pilotes, les écuries et les fans. Car, au bout du compte, les courses sont faites pour les fans. Pas pour les écuries. L’idée est d’avoir un sport spectaculaire, passionnant et surprenant. »

Pourquoi baisser les charges, c’est bien mais insuffisant ; car il faut en parallèle transformer notre sport

 « Comment arriver [à un sport spectaculaire, passionnant et surprenant] ? C’est l’objet de nos discussions. Faut-il plus de spectacle ? Oui. Faut-il réduire les coûts ? Oui. Faut-il simplifier les règles ? Oui. Faut-il des pièces communes ? Oui aussi. »

Pourquoi il ne faut pas avoir peur de bousculer la tradition pour avancer

« L’un des aspects les plus essentiels de la F1 est son histoire. Il faut respecter la tradition. Mais nous avons besoin de partenaires qui (…) soutiennent notre sport de la bonne manière. Nous mesurons l’importance de l’Allemagne dans le paysage de la F 1 et serions ravis de voir notre sport poursuivre dans ce pays. Mais cela doit se faire de façon appropriée. »