Crise ou comment en sortir

Le Mot de la Fin / 21.09.2018

Crise ou comment en sortir

Peu importe, au fond, qu’une crise soit économique ou morale, ou les deux. Peu importe ses causes. Peu importe sa durée. La constante, dans une crise comme celle que nous rencontrons aujourd’hui, c’est qu’elle accouche invariablement de trois phénomènes.

Le premier, c’est le déni. Il se caractérise par un discours, plusieurs fois entendu chez nous, de type : « Ne vous inquiétez pas, tout va s’arranger. »

Le second, c’est la nostalgie. Qu’on l’ait connu personnellement ou découvert dans des livres, on regrette le « bon vieux temps », alors que c’est une chimère : qui peut se targuer de se baigner deux fois dans le même fleuve ?

Le troisième, c’est l’immobilisme. Ses causes sont un peu plus complexes, puisqu’il s’agit, en vrac, de la peur de « mal faire en faisant » (au risque de perdre le peu qu’il nous reste), de la prise en otage actionnée par tous ceux qui possèdent de petits avantages acquis et de l’incapacité à trier parmi l’infinité de solutions – dont certaines sont bonnes et d’autres mauvaises – proposées par ceux qui veulent sincèrement aider.

Il existe pourtant des remèdes à ces trois maladies. Au déni, il faut répondre par un discours de vérité, à tous les échelons et jusqu’au fond des cœurs. Aux nostalgiques, il faut dire que l’étude de l’histoire ne doit pas nous renvoyer en arrière mais nous projeter vers l’avant, en y puisant des points de force qui ont fait et feront le succès de notre activité ; que l’histoire doit être non une source de regrets mais une source d’espoir. Enfin, pour tuer l’immobilisme, il faut cesser d’avoir peur d’agir et se faire à nouveau confiance, au besoin avec violence, en écartant les critiques trop faciles et les pensées mortifères – car les unes et les autres sont incapacitantes.

Course de chevaux dit Le Derby de 1821 à Epsom, de Théodore Géricault, Paris, Musée du Louvre