Daydreaming, la passion plus forte que les obstacles

Courses / 23.09.2018

Daydreaming, la passion plus forte que les obstacles

Les épreuves de la vie n’ont pas altéré la détermination de Jeanne Dufour. Ancienne professionnelle, elle vit désormais son amour de l’obstacle grâce à sa jument de cross-country Daydreaming, qui aura une belle carte à jouer cet hiver à Pau. Copropriétaire et coéleveur, elle nous a raconté son histoire, celle d’une jument en plein progrès, élevée par une passionnée.

Par Christopher Galmiche

L’écurie Clayeux compte plusieurs bons chevaux de cross, à l’image d’Urgent de Grégaine (Truth or Dare), Vicomte du Seuil (Spécial Kaldoun), Netcam (Network) et Diesel d’Allier (Kap Rock), entre autres. D’autres commencent à émerger à un bon niveau. C’est le cas de Daydreaming (Buck’s Boum), quatrième du Grand Cross de Vichy, le Prix Marc Boudot, et brillante lauréate de la consolante, le 27 août, sur l’hippodrome de Bellerive.  

Pau en ligne de mire. Daydreaming a donc gagné le Prix René Couétil à Vichy, le 27 août. Auparavant, elle avait montré sa qualité dans le Prix Marc Boudot. Son entourage avait alors vu ce qu’il voulait voir : il tenait une jument pour les bonnes épreuves de cross. La victoire le 27 août a donc été la cerise sur le gâteau. « Nous avons envoyé Daydreaming au repos chez Adeline [Saulnier, ndlr], à l’écurie Pythagore, pour qu’elle ait vraiment ses vacances cette fois-ci. Après un vrai break, nous allons peut-être la reprendre à la mi-octobre pour préparer Pau. Au vu de sa qualité de sauteuse, les obstacles palois ne lui poseront pas de problème. J’ai toujours beaucoup aimé le cross de Pau et le fait de pouvoir aller courir là-bas me plaît beaucoup. Mais il fallait avoir le cheval capable d’y aller. »

Une vie consacrée aux chevaux. Actuellement propriétaire et éleveur, Jeanne Dufour travaille dans un cabinet d’ophtalmologie dans une clinique à Limoges. Mais ça n’a pas toujours été le cas. Un grave accident survenu à cheval l’a contrainte à changer de vie. Malgré cela, elle a conservé son amour et sa passion pour les chevaux après les avoir côtoyés au quotidien pendant de longueurs années, comme en témoigne son impressionnant C.V. :

« J’ai monté pour la première fois un cheval de course à l’âge de neuf ans. Lorsque j’étais enfant, mes parents se sont installés en Limousin et ma mère a rencontré Béatrice Le Tellier qui lui a dit : "Si votre fille aime les chevaux, vous l’amènerez à la maison pour les voir." Je n’en suis jamais repartie !  J’ai d’ailleurs débuté en course pour eux. Sans cette rencontre avec la famille Le Tellier, je n’aurais sûrement pas été dans les courses : je suis tombée sur les bonnes personnes.  J’ai travaillé chez Guillaume Macaire, Jean-Paul Gallorini, Jacques Ortet, Nicky Henderson en Angleterre et chez Emmanuel. En tant que jockey, j’ai pris part à sept ou huit courses. »

Buck’s Boum, un pari réussi. La mère de Daydreaming, Talpa (Epalo), a été croisée à l’étalon du haras d’Enki Buck’s Boum à deux reprises, donnant deux femelles : Charabia et Daydreaming. Le choix de l’étalon a été un pari, en quelque sorte, puisque Buck’s Boum n’en était qu’au début de sa carrière de reproducteur à l’époque. « Emmanuel [Clayeux] m’a proposé Buck’s Boum. C’est un cheval qui m’avait bien plu lorsque je l’avais vu courir. C’est une très bonne famille, c’était un jeune étalon et ça valait le coup d’essayer. Sa sœur était par Buck’s Boum aussi. »

Une belle histoire pour une jument attachante. « Sa mère restait chez moi et puis, lorsqu’elle arrivait à terme, elle devait repartir chez Emmanuel [Clayeux] pour le poulinage. Nous n’avions pas de transport et Emmanuel m’a fait confiance. Mon amie Béatrice Le Tellier était là pour faire sortir Daydreaming du ventre de sa mère. Elle est née à la maison, je l’ai vue naître et c’est pour cela qu’elle est plus importante que les autres. C’est d’ailleurs pour cela que nous l’avons nommée ainsi. Le premier jour, Daydreaming a essayé de monter sur mon fauteuil et je lui ai expliqué qu’il ne fallait pas ! (rires) Puis elle a passé un mois à la maison avant de repartir. Elle a grandi ensuite chez Emmanuel. »

Une future poulinière. Pour le moment, Jeanne Dufour n’a plus de poulinières, mais elle garde un œil bienveillant et passionnée pour Daydreaming qui est appelée à devenir reproductrice : « Après Daydreaming, nous avons eu de la malchance. Un produit de Kap Rock est mort, puis nous avons perdu la mère. Il y a donc une certaine pression lorsque Daydreaming court car c’est ma future poulinière. Je n’ai pas voulu en reprendre une tout de suite parce que je voulais attendre de voir ce qu’allaient faire Daydreaming et sa sœur Charabia, car je souhaitais garder cette souche. Pour le moment, Daydreaming est le meilleur cheval que j’aie eu en course. »