Guy Cherel : le rappel des faits

Courses / 19.09.2018

Guy Cherel : le rappel des faits

Le rappel des faits

Lundi matin, des perquisitions ont été menées sur trois sites différents : dans l’écurie mansonnienne de Guy Cherel, sur son site annexe de Gavray et dans une pharmacie de Samoreau (77). L’enquête, lancée suite à des dénonciations de groupes de parieurs, a débuté il y a dix-huit mois. Guy Cherel, Michel Crommer, pharmacien, et un vétérinaire italien, le docteur Paolo Ravanetti, ont été entendus par les enquêteurs. Guy Cherel a été mis en examen pour différents chefs d’accusation, dont la détention illicite de substances.

Selon nos sources, les enquêteurs s’intéresseraient également à d’autres professionnels en vue, travaillant en collaboration avec le Dr Ravanelli.

Guy Cherel, déjà sanctionné à plusieurs reprises par France Galop

Les derniers démêlés de Guy Cherel avec France Galop datent de 2016. Son pensionnaire Lachlan Bridge avait été distancé de sa première place acquise à Clairefontaine, le 23 juillet 2016. Le prélèvement biologique du cheval à l’issue de cette course avait mis en évidence la présence de Ranitidine, une molécule utilisée pour traiter les ulcères en réduisant la production d’acide gastrique. Suite à ce contrôle et en tant que récidiviste, les commissaires l’avaient sanctionné de l’amende maximale, c’est-à-dire la suspension de ses agréments d’entraîneur public. Guy Cherel avait été suspendu pour une durée de six mois, assortie d’une mesure de sursis partiel à concurrence de trois mois pendant une durée de cinq ans.

En janvier 2016, Guy Cherel avait été sanctionné d’une amende de 15.000 € suite au contrôle positif d’Aigrette de Loire, gagnante d’une course à Fontainebleau, le 16 septembre 2015. Souffrant du dos, la jument avait été infiltrée avec un médicament contenant de la dexaméthasone. Malgré un délai de 21 jours entre l’infiltration et la course, la présence de dexaméthasone avait été trouvée dans le prélèvement biologique.

Le montant de l’amende s’expliquait par les récidives : Guy Cherel avait déjà été sanctionné d’une amende de 4.500 € par une décision du 13 juillet 2011, d’une amende de 6.000 € par une décision du 19 août 2013, puis d’une amende de 9.000 € par une décision du 30 janvier 2014 à la suite de la présence de substances prohibées dans les prélèvements biologiques de chevaux contrôlés à l’issue de leurs courses.

 

Le délai de rémanence

Pour tous ces cas, les substances mises en évidence dans les contrôles biologiques ne sont pas des produits dopants tels que l’entend le grand public (anabolisants, EPO, etc.). Il s’agit de substances prohibées par le Code des courses : c’est-à-dire qu’elles ne doivent pas se retrouver dans les prélèvements biologiques. Mais ces substances entrent bien souvent dans la composition de médicaments indispensables aux soins et donc au bien-être du cheval de course. Il s’agit donc de respecter le délai au bout duquel l’organisme du cheval a évacué la substance administrée pour le soigner. C’est ce que l’on appelle le délai de rémanence et c’est là que le bât blesse : le vétérinaire, sur les recommandations du laboratoire commercialisant le produit, et grâce à sa connaissance empirique, donne un délai d’attente "indicatif" sur l’ordonnance. Ce délai ne peut être qu’indicatif, vu que la durée d’élimination de la substance peut varier selon les chevaux.