Hervé d’Armaillé : « Heureux que nos Groupes AQPS soient officiellement reconnus ! »

Élevage / 04.09.2018

Hervé d’Armaillé : « Heureux que nos Groupes AQPS soient officiellement reconnus ! »

ParisLongchamp accueille aujourd’hui le Prix de Craon, "l’Arc de Triomphe" des AQPS. Depuis 2016, il jouit officiellement du label Gr1 AQPS. Un bel encouragement pour le patron des AQPS, Hervé d’Armaillé.

Jour de Galop. – Pourquoi avoir voulu le label "Groupe" pour les meilleures courses plates réservées aux APQS ?

Hervé d’Armaillé. – Catégoriser ces courses dites "principales" correspondait à une forte demande de la part des éleveurs, des propriétaires et des entraîneurs. Mais on parle bien de catégorisation, car la reconnaissance des courses en question existait déjà de longue date : les Haras nationaux avaient bien identifié ces épreuves et, chaque année, les éleveurs des trois premiers y gagnaient un droit de priorité pour le tirage au sort des étalons des Haras nationaux. Concrètement, cela veut dire que leurs juments passaient en première catégorie !

Comment avez-vous établi la hiérarchie ?

Comme je vous l’ai dit, ce sont des courses que nous connaissons bien et sur lesquelles nous avons un vrai historique. Le classement a donc été assez facile à faire, pour déterminer qui serait Gr1, Gr2 ou Gr3.

Quel premier bilan en tirez-vous ?

Il est un peu tôt pour dresser un bilan. Mais ce qui est intéressant, c’est de constater que le Prix de Craon rassemble 12 partants, ce n’est vraiment pas mal pour un Gr1 en plat ! Cela montre l’intérêt que représente le fait de gagner un Gr1 AQPS aux yeux des éleveurs AQPS. Cela met aussi en valeur les juments. Pour un élevage, posséder une jument gagnante de Gr1 est toujours valorisant.

Pour autant, nous n’avons pas été dispendieux dans la répartition des Groupes. En collaboration avec France Galop, nous n’avons d’ailleurs demandé que deux Grs1 : le Prix Jacques de Vienne pour les 3ans et le Prix de Craon pour les 4 & 5ans.

[Exergue]

Pour la première fois, en 2018, nos courses seront officiellement reconnues comme des Groupes. Pour avoir ce label, il faut un accord international… que France Galop vient d’obtenir.

Pensez-vous qu’il existe quelques défauts à ce système de classification ?

Je ne vois pas de défauts. C’est super intéressant. Les pur-sang arabes l’ont bien compris avant nous, puisqu’ils font la même chose. Évidemment, nous allons tirer des conclusions dans deux ou trois ans. France Galop produira un rating, et si vraiment une épreuve ne rassemble pas des chevaux de qualité, elle sera rétrogradée. Si nous trouvons qu’une autre ne mérite pas d’être classée Groupe, nous le ferons aussi. Rien n’est statique.

Les AQPS courent aussi en obstacle. Quel est votre regard sur la pénurie de partants ?

L’AQPS est fait pour l’obstacle. Nous avons considéré qu’il existait aussi chez les AQPS des chevaux tardifs, et il ne faut pas les condamner. Il y a une filière plat pour débuter une carrière tardive, qui peut emmener gentiment sur les courses d’obstacles pour AQPS et ensuite sur celles pour tous chevaux. Cela les préserve un petit peu.

L’an dernier, nous avons supprimé vingt courses plates AQPS en régions. Et cette année, encore une quinzaine. Nous avons vu qu’il y avait moins de partants. Il y a deux ans, nous avons récupéré le budget pour mettre les allocations sur les courses existantes. Et cette année, c’était une perte sèche de quinze courses. Nous avons appréhendé ce manque de partants en supprimant des courses plates qui ne rassemblaient pas assez de partants.

Nous avions aussi une pénurie de naissances, il y a quatre ans. Nous étions tombés à 850 et nous sommes désormais à 1.050 naissances. Peut-être que la pénurie de partants en découle. Mais il y aussi l’exportation. À Auteuil, quand un cheval gagne une belle épreuve, des propositions peuvent être alléchantes et les propriétaires sont obligés de vendre de temps en temps. Les ventes érodent le nombre de partants, c’est certain.