Jacques Myard : « Éviter la politique du rabot et avoir le courage de choisir la relance »

Institution / Ventes / 13.09.2018

Jacques Myard : « Éviter la politique du rabot et avoir le courage de choisir la relance »

Le 24 septembre, les administrateurs de France Galop vont se réunir pour parler de l’avenir de Maisons-Laffitte. Ce jeudi, Jacques Myard, le maire de la ville, a accordé une interview à la rédaction d’Equidia.

« L’histoire de Maisons-Laffitte, ce sont des hauts et des bas depuis 250 ans. La ville et les activités hippiques sont consubstantielles. Nous ferons face ensemble. France Galop a proposé un plan de restructuration qui a été bien accueilli. Le centre d’entraînement héberge 600 chevaux. Mais ces deux dernières années, nous avons été sollicités à longueur de temps par des personnes voulant s’y installer, à la condition d’avoir une annonce claire de France Galop sur la relance du site. Ce manque de lisibilité freine les installations, notamment des étrangers. Mon objectif c’est de dire à l’Institution : « Vous voulez restructurer ? Je vous accompagne avec d’autres collectivités qui veulent investir. » Nous avons aussi un plan pour diversifier les activités au sein de l’hippodrome. Dans le même temps, on sait qu’il va falloir opérer des restructurations au sein de France Galop. La relance de la filière passe par un certain nombre de réformes. De même, il faut réexpliquer à nos concitoyens que derrière les courses hippiques, contrairement au grattage, il y a des enjeux d’économie et d’aménagement du territoire. L’État doit lui aussi regarder les choses en face. »

Manuela Jollivet. – Le 24 septembre prochain, l’avenir de Maisons-Laffitte sera remis en jeu. Qu’allez-vous proposer ?

Jacques Myard. – Nous allons faire des propositions pour pouvoir coopérer sur le plan financier. Pour relancer le centre, il faut procéder à des investissements ensemble. 

Êtes-vous prêt à accepter la fermeture de certaines pistes ?

Ce n’est pas à moi d’accepter. C’est une nécessité compte tenu du nombre de chevaux à l’entraînement. Il faut restructurer pour repartir sur le bon pied. La ville fera son devoir, comme elle l’a toujours fait. 

Le destin de l’hippodrome et du centre d’entraînement sont-ils liés ?

C’est évident. Un mauvais signal sur l’un va automatiquement avoir des conséquences sur l’autre (…) Les coûts d’entraînement y sont certes plus élevés que ceux pratiqués en province. Mais il n’en demeure pas moins que si on augmente partout le nombre de chevaux à l’entraînement, on réduit les coûts, ne serait-ce que pour l’institution. Il faut renverser le système. Si vous fermez Maisons-Laffitte, cela ne pas améliorer la situation des courses en général. Il faut lancer une politique plus active, couplée à des réformes en interne. Dans les différents rapports que j’ai pu produire j’avais mis les doigts sur ces problèmes, tout comme la cour des comptes, puis Jean Arthuis. Il a un problème culturel, mais aussi de dimensionnement, comme à Maisons-Laffitte. C’est aussi à l’État de prendre ses responsabilités. Développer une pompe à fric comme la Française des Jeux, c’est mettre en péril l’aménagement du territoire. J’accuse le gouvernement de mettre en place une politique de récession. C’est la même chose avec la baisse des allocations. Il faut éviter la politique du rabot et avoir le courage de choisir la relance.