Le discours de Dominique de Bellaigue au Congrès de la Fédération Nationale des Courses Hippiques

Institution / Ventes / 22.09.2018

Le discours de Dominique de Bellaigue au Congrès de la Fédération Nationale des Courses Hippiques

 

Mesdames, Messieurs les Présidents des sociétés de courses, des conseils et des comités régionaux,

Monsieur le Président de France Galop,

Mesdames et Messieurs les Représentants de l’Etat,

Monsieur le Directeur Général du PMU,

Mesdames, Messieurs, chers Amis,

En tant que Président de la Fédération Nationale cette année, je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue à ce congrès, aux côtés du Président Edouard de ROTHSCHILD, que je remercie pour son accueil sur le nouvel hippodrome de ParisLongchamp.

Le congrès de la FNCH a lieu tous les 3 ans. Il intervient cette année dans un contexte particulièrement compliqué et nous allons, avec le Président de ROTHSCHILD et Cyril LINETTE, vous dresser un tableau sans concession de la situation de la filière et de ses perspectives.

Mais avant d’aller plus loin dans mon propos, je souhaite tout d’abord que nous rendions hommage à tous les Présidents et anciens Présidents de sociétés de courses qui nous ont quittés depuis 3 ans et je vous remercie de bien vouloir observer quelques instants de recueillement à leur mémoire.

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Je vous remercie.

Après un très bref répit fin 2017, les enjeux du PMU sont repartis à la baisse en 2018, avec une décroissance particulièrement forte dans les 3 derniers mois.

Le résultat du PMU ne sera pas au niveau attendu dans les budgets et nous avons en perspective pour l’exercice 2018 une nouvelle perte cumulée d’environ 20 millions d’euros pour les 2 sociétés mères.

Ces résultats se profilent en dépit des plans d’économies complémentaires qui ont été mis en œuvre depuis le début de l’année, et qui ont concerné toutes les composantes de l’Institution : les sociétés mères, leurs services communs, vos sociétés régionales et en particulier celles qui organisent des réunions Premium, et les socio-professionnels.

Plusieurs raisons viennent expliquer cette forte baisse des enjeux, mais il nous faut bien admettre aujourd’hui que le principal facteur est un désintérêt croissant des joueurs pour le pari hippique, en particulier du noyau dur de nos parieurs hippiques, du fait d’une offre surabondante générant des rapports trop peu élevés, ce désintérêt touchant particulièrement le Quinté +, qui est notre produit le plus rémunérateur.

Ce phénomène, qui touche notre cœur de cible, s’accompagne d’un développement spectaculaire des paris sportifs, en particulier auprès des jeunes joueurs, en particulier cet été 2018 à la suite de la coupe du monde.

Au-delà des clients, c’est un essoufflement général du système que nous mesurons, de par les cadences de plus en plus difficiles subies par les professionnels et les contraintes de plus en plus lourdes qui pèsent sur les organisateurs.

L’Institution n’est pas inerte face à cette situation.

Il y a 3 ans à ce même congrès, nous avions détaillé les efforts entrepris par la filière suite au comité stratégique piloté par le sénateur DUPONT, ces efforts ont été entrepris et réalisés et depuis 2015, nous n’avons eu de cesse de poursuivre les réformes.

Compte tenu des nouveaux défis qui nous arrivent, ce travail déjà très important ne s’avère pas suffisant.

La nouvelle équipe arrivée à la tête du PMU depuis le printemps s’est d’emblée attachée à construire un plan de relance de l’activité résolument orienté vers nos clients : le contexte exige aujourd’hui un repositionnement de notre produit, pour se rapprocher de ce qui est l’ADN du pari hippique, conserver notre clientèle la plus fidèle et être en mesure, sur une promesse vraiment différenciée, d’intéresser un nouveau public.

Il sera présenté prochainement aux Sociétés-mères et à l’Etat, Cyril LINETTE vous développera dans quelques instants ses grands axes.

Au-delà d’un plan de relance de l’activité, c’est à une transformation plus profonde de notre fonctionnement que nous travaillons depuis plusieurs mois, en relation étroite avec l’Etat.

Notre organisation actuelle, qui a été souvent citée en exemple à travers le monde comme un modèle vertueux et efficace fondé sur le pari mutuel, doit aujourd’hui évoluer, car elle ne se révèle plus assez adaptée à notre environnement concurrentiel et social.

L’ampleur de cette transformation fait depuis plusieurs mois l’objet de nombreuses séances de travail entre les deux sociétés mères, le PMU et l’Etat : nous confrontons nos points de vue et progressons vers un projet commun.

Cela peut sembler long, mais vous n’ignorez ni la complexité de l’environnement et de l’actualité juridiques, ni – reconnaissons-le – la difficulté de faire évoluer notre modèle associatif.

Il est prématuré ce matin de vouloir expliquer dans le détail les conclusions de cette réflexion, mais soyez assurés que nous partageons tous la nécessité d’être unis et la perception de l’urgence pour proposer à l’Etat un modèle crédible, apte à le convaincre de nous apporter son soutien pour passer ce cap et pérenniser un modèle économique viable.

 

En 2019, pour la première fois, toutes vos sociétés régionales vont renouveler simultanément leur conseil d’administration et pour la première fois également, les administrateurs et les présidents seront élus pour un mandat de 4 ans.

Nous sommes conscients que vous ou vos successeurs avez à vous projeter pour une durée beaucoup plus longue et dans un contexte beaucoup plus incertain.

Soyez convaincus que les choix que nous ferons sont des choix indispensables au rebond de notre filière, c’est pour cela que nous les assumerons, en ne perdant jamais de vue ce que nous devons aux sociétés régionales pour leur investissement passé dans la croissance de la filière, pour les efforts que vous avez entrepris depuis 6 ans et pour ceux que nous avons tous ensemble à accomplir dans les mois qui viennent.

A la fin de ce congrès, vos bénévoles nous rejoindront et nous honorerons les plus méritants d’entre eux au sein de chaque fédération régionale.

Notre volonté commune de remercier tous les bénévoles, qui vous accompagnent tout au long de l’année pour faire vivre les sociétés de courses régionales, est plus que jamais sincère et traduit la reconnaissance que nous avons tous pour l’énorme travail effectué, sans lequel la filière ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Dans toutes les discussions que nous avons actuellement avec le PMU et l’Etat, sachez que le bénévolat reste au cœur du projet de la filière et que les courses hippiques auront toujours besoin de vous.

Je vous remercie et passe la parole à Cyril LINETTE, Directeur Général du PMU.